"Si une banque A refuse aujourd’hui de prêter à une banque B c’est tout simplement qu’elle est convaincu que la banque B aura de trés grosses difficultés pour rembourser"
En partie, oui. Mais encore plus pour une autre raison.
La banque sait qu’elle aura à faire face à des sorties de liquidités (normalement, vous continuez à acheter de quoi manger, donc vous payez, voter banque doit donc transférer cet argent vers la nouvelle banque). Or elle n’est pas sure du tout de trouver un prêteur pour lui permettre de décaisser ce mardi (via un emprunt) ce qu’elle rencaissera demain mercredi (avec remboursement de l’emprunt).
Du coup elle hésite à prêter ces liquidités dont elle risque d’avoir besoin. C’est d’ailleurs pour cela que les crédits aux entreprises et les escomptes sont restreints : les banques ne veulent pas sortir d’argent autrement que les liquidités dûment réclamées (ie : les paiements et retraits). Or pour les entreprises, plus d’escomptes, c’est devoir vivre sur son cash jusqu’au paiement des commandes ... à 90 jours. 3 mois sans rentrée d’argent ....... dur.
Avec un prêteur "permanent", elles savent qu’elles pourront de toute facon trouver des liquidités, donc elles reprennent leur activité normale. C’est la stratégie choisie par le gvt.
"C’est là que cela devient intéressant. Même si la garantie s’applique à seulement 10% de la somme annoncée, cela fait 36 milliards soit 10% du budget de l’Etat."
Ca n’impacte pas le budget dans l’immédiat. Ca impacte la dette. Et la dette francaise a explosé les critères européens depuis au moins 4 ans. En supposant que tout soit mobilisé, ca augmenterait la dette de 30% environ. Pour les intérêts d’Etat, ca n’augmenterait pas dans les mêmes proportions (le taux est inférieur au taux des OAT).
Si les banques remboursent correctement, alors les intérêts engrangés, qui couvreront plus que les intérêts dus, seront reversé à l’Etat. Par contre, si les prêts consentis aux banques ne sont pas remboursés à ce "fond", alors les intérêts et le capital devront être remboursés par l’Etat. Donc on a absolument aucune idée de ce que ca pourra couter au final.
Dans l’idéal, ca rapportera de l’argent (différence entre le taux d’emprunt sur le marché pour l’Etat, et le taux accordé aux banques). Dans le pire ... Ca coutera infiniment plus, puisque cela signifiera en outre la faillite de banques, donc la nécessité pour l’Etat d’assurer les dépots, et là il y en a pour nettement plus que 300 milliards.
la loi balladur étend la période de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein à 40 ans dans le prix, et revoit les modalités de calcul de la pension. Elle n’a rien à voir avec le cas cité.
Le cas cité, c’est une demande de retraite anticipée pour une personne qui a commencé à travailler à 16 ans.
Pour le calcul de la retraite, il y a deux choses : le nombre de trimestre pour le calcul de la pension et le nombre de trimestre pour le droit à bénéficier de la retraite avant l’age légal.
Pour le calcul de la pension, il faut qu’elle ait été "assuré" pendant 168 trimestres pour bénéficier de sa retraite pleine. C’est le cas de la personne cité, donc elle a droit à une retraite pleine. Assuré signifie en période d’activité ou assimilée, le chomage indemnisé est assimilé, et le chomage non indemnisé l’est à concurrence de 4 ou 20 trimestre maximum selon que vous avez cotisé moins ou plus de 20 ans (cf légifrance, info-retraite, service-public.fr)
Mais pour avoir droit à cette retraite avant 60 ans, elle doit avoir cotisé réellement pendant 160 trimestre pour une retraite à 59 ans, et 168 pour une retraite avant 58 ans. Or la personne citée a cotisé pendant 151 trimestres (soit un peu moins de 38 ans). Donc elle n’a pas le droit à la retraite anticipée.
C’est subtil, mais en réalité, elle n’a pas cotisée 43 ans comme indiqué dans l’article cité. Elle a cotisé réellement pendant 38 ans, donc elle ne remplit pas les conditions de retraite anticipée.
Par contre, elle bénéficiera d’une retraite pleine lorsqu’elle aura 60 ans, puisque pour le calcul de la pension, les années de chomage seront comptabilisées.
L’article que vous citez est intéressant .... mais totalement erroné.
En fait, Dexia, en France, c’est principalement le Credit Local de France, émanation de la Caisse des Dépots et Consignation. C’est initialement une banque publique, créée spécialement pour le financement des collectivités locales, qui, rappelez vous, n’ont pas le droit d’avoir un budget en déficit, donc entrent en terme d’emprunt dans le système classique des entreprises et des particuliers (emprunt possible e fonction des capacités de remboursement, niveau d’endettement, etc...)
Dexia a racheté le CLF dans la deuxième moitié des années 90, après la privatisation partielle puis totale du CLF.
Dexia est donc devenue de fait la banque privilégiée des collectivités locales par rachat de la banque publique des collectivités locales. Dexia a développé ce secteur ensuite pour une raison simple : les prêts Dexia sont essentiellement des prêts structurés (aie, un gros mot). D’un cote il y a le pret, de l’autre la contre partie marché, et Dexia se rémunère des deux côtés. Du coup, la marge prise sur l’emprunteur est plus faible (il y a une autre marge prise sur l’investisseur), donc le taux du prêt est compétitif.
Globalement, si les collectivités passent beaucoup par Dexia, ou par les caisses d’épargne qui sont le n°2 sur le domaine, c’est parce que les prêts proposés sont plus intéressant que les banques "traditionnelles" à la fois sur le taux (quoique le le calcul du taux réel relève plus des maths de thèse que des maths de primaire) mais aussi sur les conditions (souplesse d’utilisation, possibilité de remboursement partiel et de remobilisation, etc...). Ce sont des prêts très complexes, et très souples.
Dernière chose, une grosse partie des revenus de Dexia Crédit Local vient du refinancement de crédit. Késako ? Et bien les élus ont une facheuse tendance à changer d’idée régulièrement. Donc ils renégocient, ou refinancen, les prêts existants (pour rembourser plus ou moins vite, pour modifier les dates d’échéances, pour diminuer l’encours ou au contraire l’étendre, etc...). En général, c’est surtout avant et après les élections (logique, non ?).
Quoiqu’il en soit, chaque refinancement de crédit implique des commissions de refinancement. Cette commission, en gros, c’est un peu comme la commission de remboursement anticipé sur votre prêt immobilier. Comme les élus changent souvent d’idées, donc refinancent souvent, Dexia gagne bcp d’argent sur ces commissions, et comme elle le sait, elle sait aussi qu’elle peut être plus agressive sur les taux proposés des prêts (qui seront donc plus compétitifs, donc Dexia sera un interlocuteur privilégié, la boucle est bouclée).
Alors faut-il croire que les banques classiques vont faire comme Dexia ?
Non. Dexia ne finance pas les PME (sauf les PME allemandes de 1000 salariés et 3 ou 4 milliards de CA, mais ce n’est pas le sujet).
L’idée est que les TPE et PME se retrouvent prise en otage par les banques qui ne veulent plus leur prêter les liquidités nécessaire pour la poursuite d’activité.
On rappelera qu’une entreprise sans liquidités est une entreprise en cessation de paiement. Ca ne veux pas dire que l’entreprise n’est pas rentable, mais qu’elle ne dispose plus du cash nécessaire pour faire face à ses échéances. Un exemple classique : un sous traitant de l’industrie automobile. Il est payé à 90j par l’industrie auto, mais il doit payer ses fournisseurs à 30j. Si la banque refuse de lui escompter les futures rentrées de l’industrie auto, il ne peut payer ses fournisseurs. Donc il est en cessation de paiement alors même que ses ventes sont supérieures à ses charges !
Donc l’Etat propose de laisser ces 22 milliards de liquidités aux banques, mais en leur imposant d’utiliser ces liquidités uniquement pour le financement des TPE et PME (prêts aux entreprises et je suppose fonds pour les escomptes).
- Intérêts pour l’Etat : cet argent sert à quelque chose (au lieu de lui couter 4% pour rien), et probablement à maintenir l’activité des PME, donc de l’emploi.
- Intérêts pour les banques : elles n’ont plus à mobiliser les autres liquidités pour les PME, donc elles ont une plus grande souplesse pour leurs autres activités.
- Intérêts pour les PME : elles sont financées, alors que ce n’est pas le cas en ce moment.
Alors quels sont les inconvénients ?
Et bien, on ne sait pas si la mesure a été réfléchie ou prise dans l’urgence pour sauver une banque (laisser des liquidités dans la banque, c’est avant tout la soulager pour ses propres activités). D’ailleurs cette rumeur se fait insistante dans le milieu bancaire. On ne sait pas quelles seront les conditions pour les prêts, et en particulier si les banques reverseront les intérêts de ces prêts ou prendront leur marge (ce qui ne serait pas logique, vu que c’est l’Etat qui prendra le risque). On ne sait pas ce qui se passera si une PME n’arrive pas à rembourser (l’Etat garantit les fonds, mais sur son propre budget, quid si 5 ou 6 milliards de prêt non remboursable ?). etc......
Personnellement, je me méfie des décisions prises en apparence dans l’urgence. En général, ca coute cher, et ca se montre relativement inefficace.
On peut parler d’excédent quand :
1) les fonds récoltés sont en augmentation furieuse depuis la crise boursière et la hausse du taux du livret A (4% nets d’impots et de contributions sociales)
2) les fonds disponibles antérieurement à cette poussée sont déjà bien trop nombreux par rapport, non pas au besoin de logement social mais aux capacités de construction des dits logements.
Or c’est la situation actuelle : les fonds nécessaires pour construire les logements existent, mais la construction ne peut pas suivre (manque de terrain, disponibilité des constructeurs, ...). Dans ces conditions, les 22 milliards de plus ne peuvent pas servir à construire... donc ils "dorment".
(Note : ils auraient par contre pû servir à acheter des terrains, ou des logements à transformer en logement sociaux. Ce n’est pas dans l’affectation prévue de ces fonds ... mais le financement des PME non plus)
Vous vouliez parler du sauvetage de Dexia (pour lequel la France est intervenu) probablement.
Dexia, pour mémoire, est le N°1 mondial du financement des collectivités locales. Le manque de liquidités de Dexia signifie aussi que les collectivités empruntrices n’ont plus de liquidités pour payer les dépenses locales. ( donc arrêt des constructions d’hopitaux, de lycées, de tous les investissements des régions, des départements, ...). Pire, Dexia Crédit Local pourrait, pour éviter la faillite, exiger le remboursement de certains emprunts des collectivités .... en une seule fois.
Mis à part ce point technique, le "besoin" d’un niveau européen pour la gestion de ce genre de problème se ressent par la gestion d’une crise de cette ampleur.
Reprenons le cas Dexia. Vous noterez que c’est essentiellement la Belgique (Dexia est une grosse banque de détail là bas) et la France (le Crédit Local de France, c’est Dexia) qui "finance" la sécurité de Dexia, alors que Dexia est aussi la première banque des collectivités allemandes, anglaises, italiennes ... Donc VOUS financez la sauvegarde des financements des collectivités allemandes et anglaises, les allemands et anglais n’ayant pas mis un centime sur la table dans cette affaire.
Ne serait-ce pas plutôt à l’ensemble des pays concernés de mettre la main au porte monnaie ?
Impossible avec l’Europe actuelle. Faute d’un niveau de décision européen, c’est l’unanimité des ministres des pays membres qui est nécessaire. 1 seul en désaccord, et pas de décision possible.
Imaginez qu’une décision en France nécessite l’unanimité des 22 Régions. Ou encore qu’au sein de votre propre foyer la moindre décision (on mange quoi ? on va voir ... au ciné ?) nécessite l’unanimité. Ca vous donnera une bonne idée du fonctionnement de l’Europe.