donino tente de vous expliquer les pourcentages, ce que l’on appelait autrefois les fractions (programme de CM1/CM2 il me semble), mais vous faites semblant de ne pas comprendre. Ce que tente de vous expliquer Donino, c’est qu’il y a plusieurs manières d’expliquer la diminution de la PART des salaires dans les revenus.
Si les salaires doublent, mais que dans le même temps les revenus triplent, alors les salaires ont fortement progressé, mais les revenus ont progressé encore plus vite. Donc la part des salaires diminuent, sans que les salaires diminuent.
"Si je suis bien ton raisonnement, il y aurait donc 90 ouvriers en moins. "
Non, ils ne sont plus dans cette entreprise. Tiens, c’est curieux, dans le même temps, le nombre d’entreprise a progressé. Les extraterrestres selon vous ?
"D’après ton raisonnement, donc, la part dévolue aux salaires serait moins importante, parce qu’il y aurait MOINS DE SALARIES ! "
Non. Ce que donino vous explique c’est que pour produire la même richesse, il faut moins de salarié, puisque la productivité a fortement progressé.
Ex : Renault produit beaucoup plus de voitures qu’en 80 .... avec beaucoup moins de personnels.
Donc, pour que la part des salaires reste stable il faudrait que les salaires progressent simultanément 1) à la vitesse des réductions d’effectifs (ie : des gains de productivité) 2) à la vitesse de progression de la richesse produite. Bref qu’on reverse l’intégralité des gains de productivité et des gains de richesse aux salariés.
"Il y a de plus en plus de salariés (et même à nombre constant), mais la part qui leur revient est de plus en plus faible, aux bénéfices du capital. "
Oui, et c’est logique dans l’absolu, même si on peut discuter du niveau de cette diminution (donc de la part des gains de productivité qui devraient être redistribués aux salariés).
Au 19ème, avec la mécanisation, les mêmes phénomènes ont été observé : une diminution de la part du travail dans les revenus, puisque la mécanisation permettait de multiplier le travail réel, sans modifier le travail salarié !
Sur les 20 dernières années, avec l’électronique, l’informatique, la robotisation, la virtualisation des échanges, on vit une nouvelle "mécanisation". Cette nouvelle mécanisation démultiplie le travail réellement effectué, sans démultiplier le travail salarié, comme au 19eme. Donc de fait, la part des salaires dans cette richesse produite doit diminuer. A moins que vous ne militiez, effectivement, pour le paiement d’un salarié sur la base du travail effectué par le robot ou l’ordinateur à sa place.
Certains demandent à ce qu’une part des gains de productivité soit reversée aux salariés. c’est parfaitement légitime. Mais ce qu’il faut comprendre (mais pour cela il faudrait que vous acceptiez de ne plus jouer les idiots), c’est que pour que la part des salaires ne diminue pas, il faut reverser l’intégralité des gains de productivité. Et il est évident qu’on ne cherche pas à améliorer la productivité si ce n’est pour obtenir un avantage derrière (enfin, si ca ne l’est pas pour vous ...............)
Eloi, votre commentaire était très intéressant. Je reviens sur deux points :
" Aujourd’hui pressions sont faites pour supprimer les taxes de succession, c’est à mon avis la pire des situations pour une république (transfert par la naissance, et donc la chance, plutôt que par la compétence)"
En France, le taux maximum est de 40% pour la tranche de succession dépassant les 1,7 millions d’euros (après abbattements), et la grande majorité des successions taxées (moins de 10% des successions réelles) l’est à 20% maximum (ie : après abbattements, la succession correspond à moins de 500000 euros). Les taux s’étalent, pour être précis, de 5% (sur les 7700 premiers euros) à 40% (sur la part au dela de 1.722.105 euros). Le palier des 20% concerne la plage15.125 euros à 526.762 euros.
Pour mémoire, une succession brute de 500000 euros, dont 400000 de logement principal, donne lieu à une taxation avec 2 enfants et 1 conjoint survivants d’environ 35000 euros.
Pour un patrimoine de 275000 euros dont 225000 de logement principal : la taxation est de moins de 300 euros.
Les partisans de la suppression trouvent ces niveaux confiscatoires, pénalisant les petites successions. Mais pourtant ....
Aux US, si on prend la loi normale, après abbattements, les taux démarrent à 18% sur la première tranche, et montent jusqu’à 55%. En 2010, sauf loi contraire, le taux maximum passera à 35% (décision de Bush, que refusent en blocs les plus grosses fortunes, pour qui l’imposition des successions obligent la génération suivante à "se bouger le cul" pour reconstruire sa fortune). L’abbattement est prévu pour éxonérer les patrimoines "faibles". Normalement, l’abbattement total est de 675000$, il a été porté pour l’année 2006 à 1,5m$, pour 2007 je ne sais pas. Ca éxonère le "commun des mortels", tout en taxant les patrimoines important (lesquels peuvent se retrouver taxer de plus de la moitié du patrimoine, alors qu’en France c’est au maximum 40%)
En Grande Bretagne, contrairement à la légende des droits inexistants, en fait les droits sont dus pour les patrimoines dépassant 280000£ (400000 euros environ). 40000 successions sont imposées par an environ, les taux démarrent à 30%, et montent à 60%.
Dans ces pays, même si les pressions sont fortes pour revenir aussi sur ces taxes, on considère qu’elles sont la base du dynamisme de l’économie. Elles viennent limiter la création d’une nouvelle aristocratie, d’une dynastie de rentier, ce qui permet en partie de redistribuer les cartes à chaque génération. Bush milite pour que cela change. McCain aussi apparement. Gates, Buffet, Ellison, ... militent pour, au contraire, renforcer le niveau de taxation des successions ... donc de leur propre patrimoine.
Ensuite, tout votre texte sur "Actuellement c’est l’inverse". La description est intéressante, mais elle ne correspond pas à l’actuellement uniquement. Depuis que l’homme commerce, il réagit tel que vous le décrivez : un besoin est identifié ou provoqué (pensez donc aux étoffes ramenées de Chine au moyen âge, qui n’était pas un besoin exprimé, mais bien provoqué, remontons plus loin, aux temps des commerçants Grecs, qui de même poussaient à la consommation de produits en provenance de l’autre côté de la méditerranée, pour gagner de l’argent), une entreprise (autrefois un commerce principalement, puis des entreprises de transport, de fabrication, etc...) est créée pour répondre à ce "besoin", qui est soigneusement entretenu (on innove, on découvre de nouveaux produits, qui créeront un nouveau besoin, ...), l’entrepreneur ou celui qu’il l’a financé gagne de l’argent. Les moyens se sont multipliés, certes, mais le fond reste le même que dans l’antiquité, le moyen âge, la renaissance, ... Donc ce n’est pas nouveau, ce n’est pas actuellement.
LA dette visible a commencé un peu plus tôt, en fait.
La dette invisible (impression de billets par l’Etat, ce qui revient à faire perdre de l’argent aux citoyens par érosion monétaire) existe depuis que les élus dépensent sans compter pour s’assurer leur réélection, donc depuis fort longtemps.
De toute facon, ce n’est pas possible, cela enfreindrait les traités internationaux (on ne peut pas payer 2 fois des impots sur le même revenu).
Ah oui, ces traités sont le diable au service de l’hyper financiarisation, et blablabla.
En fait, ces traités sont justement ceux qui nous permettent
1) de commercer avec les autres pays (donc les annuler revient aussi à interdire les vêtements chinois, les voitures japonaises, américaines, l’electronique étrangère dont les ordis, les lecteurs dvd, .... mais bien sur aucun de ceux qui vont surement dénoncés ces traités n’utilisent de produits conçus à l’étranger, n’est ce pas)
2) accessoirement, mais ca ne rapporte sans doute pas grand chose, de taxer Coca, Shell, Esso, BP, Caixa Bank, Arcelor-Mittal (qui n’est pas une société française), Air France (qui n’est pas non plus francaise), etc.... sur les résultats faits en France.