Soyons précis.
"Ce n’est pas parce que les banques peuvent prêter plus qu’elles ne possèdent que cela induit nécessairement de la création de monnaie à tour de bras. "
A tour de bras non. Mais le fait de pouvoir prêter plus que ce qu’elles possèdent signifie qu’elles créent de la monnaie.
J’en déduis que vous plaidez, non pas pour la perte pour les banques du pouvoir de création monétaire, mais pour un renforcement des règles de contrôle de cette création.
La masse M3 inclut sans les distinguer la monnaie scirpturale créée par les banques privées et par les banques centrales (donc les 300 milliards injectés par la BCE font partie de la M3), la quasi monnaie issue des banques privées (les comptes rémunérés comme les livrets A, CEL, LDD, ... , les sicav monétaires, et plein d’autres choses), et les instruments négociables (opcvm, fcp, obligations, etc...) dont une grande partie vient des entreprises (les opcvm et fcp amènent des titres dans la masse M3, les obligations sont émises par en partie par des entreprises). En gros, la M3, c’est la masse scripturale (M1) + l’épargne.
Ce qui est amusant, c’est de voir que pour l’Europe, par exemple, la masse M1 (les prêts des banques sont de la monnaie M1) augmente de 270 milliards sur 1 an en 2007, la M3 (qui inclut beaucoup plus de choses dont une partie de titre en bourse et des obligations émises par des entreprises) augmente de 660 milliards.
Eloi, je ne comprends pas votre vision des choses...
"Cela ne pourrait-il pas faire au moins que les intérêts de cette monnaie créée ex-nihilo reviennent au peuple ?
Après tout, c’est le peuple qui les payent, dans sa consommation quotidienne... "
Ce que vous décrivez cette une banque classique appartenant au peuple. Bref un crédit lyonnais non reprivatisé. Mais certainement pas une banque centrale. La banque centrale crée la monnaie qu’elle injecte et détruit la monnaie qu’elle reçoit, c’est tout.
@JPL "encadrer strictement leurs opérations et les évaluations prises en compte dans les ratios "
Ce n’est pas retirer le pouvoir de création monétaire, mais l’encadrer.
A partir du moment où une banque peut prêter de l’argent qui ne lui appartient pas, elle crée de la monnaie. Si vous voulez dire qu’elle ne doit prêter que de l’argent qui lui appartient en propre ...
Et bien dans ce cas, les banques ne servent plus à financer l’investissement. Les banques deviennent des investisseurs lambda ne pouvant prêter que ce qu’elles possèdent. Donc la remarque de JIMD sur la raison d’exister des banques est fondée : elles n’auraient plus d’utilité réelle. On pourrait s’en passer (et revenir à la situation d’il y a 2 siècles).
Pour info, le total des sommes possédées en propre par les banques (ie : leurs capitaux, pas les dépôts des clients) couvrent à peine les besoins de financement du secteur immobilier. Donc dans cette situation, sur 20 ans on finance 1 année d’achat immobilier, ou quelques mois d’investissement des entreprises, ou ... et pendant 20 ans, on ne fait plus rien, puisqu’on a plus de capitaux pour prêter !
Si vous pensez qu’on peut prêter une partie des dépôts alors les banques .......créent de la monnaie.
"Si je titrise, j’emprunte en adossant mon emprunt sur des actifs."
Non, pas nécessairement. Il y a des produits de titrisation qui consistent uniquement à vendre un risque de perte (avec des conditions de perte établies), contre un rendement élevé tant que les conditions de pertes ne sont pas remplies. Dans ce cas, je n’emprunte pas (puisque je ne rembourserai rien), je vends ce risque.
"Par contre la titrisation n’est pas un gommage du risque."
Oui. Parfaitement exact. Ce n’est pas un gommage du risque, c’est un déplacement de celui-ci. Le risque est porté par le détenteur des titres, et plus par l’émetteur. Après si le détenteur a acheté ces titres, c’est qu’il savait qu’il prenait des risques élevés, et donc qu’il assumait les éventuelles pertes futures.
Je suis grosso modo d’accord... A un détail, c’est qu’on ne titrise pas que de la dette. C’est pour cela que je vous disais que c’était vendre un actif (des titres adossés à un actif pour être aussi précis que vous). Cet "actif" peut être une créance (on est dans ce que le commun appelle titrisation "de dette"). Mais on titrise aussi d’autres choses. C’est un peu plus large que les seuls securities.
"Le probleme est que si il a non paiment des interets sur les dettes/creances, l’emetteur ne peut plus payer les interets sur le titre emis, ou du moins doit sortir l’argent autrement. Il y a donc propagation du non-paiement.
Le detenteur du titre ne touche plus d’interet, il a donc un titre qui ne vaut rien....etc"
Pas nécessairement. Dans les produits de titrisation, il en existe qui ressemblent à un pari. Tant que l’emprunteur initial rembourse, le titulaire du titre touche. Dès que l’emprunteur initial est en cessation de paiement, le titulaire du titre ne touche plus rien (le rendement devient nul, donc le titre ne vaut plus rien).
Ca n’existe pas. Enfin, la formulation n’existe pas (en tout cas, c’est la première fois que je la croise).
L’auteur pense au paiement différé des achats. L’idée, c’est que vous achetez à une date D un titre sans avoir l’argent pour cela, avec une date de paiement à terme. Vous payez juste une avance. Si vous revendez avant cette date, alors vous encaissez la plus value ou vous payez la perte. Si à cette date, vous n’avez pas revendu, vous devez payer le reste de votre investissement (ou proroger votre position).
Au final, vous n’avez pas investit réellement votre argent, mais une partie de votre argent et de l’argent que vous n’aviez pas. Cela crée un effet levier : la plus value, rapporté à l’argent que vous avez réellement investit, est beaucoup plus forte que si vous aviez investit la totalité initialement. Ex : si vous devez bloqué 20% du montant (cas classique du SRD), alors une plus value de 10% sur le total de l’opération (sur les 100% de l’opération), ramenée à votre investissement réel, devient une plus value de 50%.
En réalité, lorsque vous faites un achat à paiement différé, c’est votre intermédiaire qui paye les titres achetés au vendeur (qui lui touche bien la totalité de la transaction). Donc il vous prête la différence. Lorsque vous débouclez votre position, l’intermédiaire se rembourse et vous rend la plus value ou vous prélève la perte, et bien sûr il vous prélève ses frais d’intermédiaire (que vous devez quoi qu’il arrive).
Pour le commun des mortels, ce mécanisme de paiement différé est accessible via le SRD sur euronext, donc sur les titres du SRD uniquement. Pour les investisseurs plus imposant, les intermédiaires donnent accès à ce mécanisme y compris hors du SRD.