"Je crois qu’il vaut mieux sortir des traités mais tout en restant dans l’euro en replaçant l’état au coeur de l’économie et en entrainant avec la France le plus de pays européens possible."
Il y a plusieurs points différents abordés par cette remarque. Et je ne chercherai pas à savoir lesquels sont ceux qui vous intéressent.
Je me bornerai donc à un point technique : la partie fondant l’euro. On ne peut pas sortir de la BCE sans sortir de l’Euro. C’est une simple question de bon sens.
La valeur de la monnaie est dépendante de la banque centrale qui gère cette monnaie. Or on ne peut pas avoir une monnaie gérée par 15 banques centrales indépendement les unes des autres (sinon, cela signifie qu’on recrèe 15 monnaies). Imaginez : la BdF décide d’injecter des liquidités pour sauver les entreprises francaises. Ce faisant, elle modifie la valeur de l’Euro pour les Allemands, les Italiens, les Espagnols, .... Impossible. Donc on aurait un Euro francais, un Euro allemand, un Euro espagnol .... avec des taux de change entre ces monnaies. Bref on reviendrait, techniquement, au France, au Mark, aux Pesetas, ...
"Quand à mon commentaire du haut je ne vois pas que ce que je dis éxiste déjà puisque l’état est obligé de s’endetté !!!"
Ca c’est un autre problème. Vous pensez que cela serait mieux si c’était l’Etat qui créait la monnaie qui lui manque pour ses dépenses et ce sans passer par l’emprunt. Vous avez déjà présenté vos arguments sur ce point.
Ce que vous avez décis, ici, c’est, je cite : "en donnant son agréement à des banques privés, qu’il pourra controler". Or c’est exactement le cas depuis ..... 2 siècles.
L’Etat est le garant de la monnaie (bon pour nous, depuis 98, c’est en fait l’UE). Et l’Etat a donné l’autorisation aux banques de prêter de l’argent qu’elles n’avaient pas, avec en contrepartie des règles de controle. Ca c’est l’existant : l’Etat donne son agréement à des banques privées pour créer de la monnaie (c’est lui qui donne l’autorisation à la BNP, la GLE, ... d’être des "établissements de crédits") et les contrôle en vérifiant qu’elles respectent les règles qui leur donnent ce droit (cf la GLE qui a du déboucler des positions en 48h pour ne pas enfreindre les règles bancaires). Que ces règles et controles soient renforcés, c’est d’ailleurs le point de vue de Forest et de beaucoup d’autres, et je pense que c’est le sujet que voudrait amener l’auteur dans ses articles suivants (lorsqu’il parlera de ce qu’il appelle la dérive des banques).
Ce que vous demandez, ce n’est pas que l’Etat reprenne le controle de la création monétaire pour déléguer ensuite aux banques le droit de le faire (ce que vous avez textuellement écrit), mais que l’Etat puisse à nouveau créer sa propre monnaie pour son propre usage (donc qu’il n’ait plus à emprunter). Ce sont deux positions très différentes, et vous ne pouvez pas présenter la première en pensant à la seconde.
L’idée de revenir aux prescriptions préparées par les pharmaciens me semble bonne. Mais n’en attendez pas de réduction drastiques des dépenses.
Le prix des médicaments est négocié, lors de l’AMM, au niveau du traitement. Du coup le prix de la boite est prévue, initialement, parce que vous aurez de toute facon besoin de deux boites. Mettez le bon nombre de pillule dans la nouvealle boite, et le prix de celle-ci deviendra le prix de 2 anciennes boites. D’ailleurs, c’est pour cela que les hopitaux payent les médicaments légèrement plus cher que le commun : ils payent au nombre de traitements, donc le médicament, unitairement, est plus cher.
Ex : pour un traitement de 7*2=14 pillules vendus par boite de 12, le particulier achète 24 pillules à N cts / pillule, l’hopital achetera 14 pillules à 1,7xN cts la pillule. Par pillule, l’hopital semble payer pres de 2 fois plus. Mais rapporté au traitement, l’hopital paie 14x1,7xN = 24xN.
"La suite de son article (le 2 sur 4 ?) sera sans doute pour justifier l’intérêt sur la création monétaire (au lieu d’honoraires, ce qui serait normal pour rémunérer le travail des banquier)"
L’intérêt sur la création monétaire est du même ordre que l’intérêt sur les livrets. Un individu A met à disposition des fonds d’un individu B qui en a besoin. Cette mise à disposition se fait avec intérêt pour 1) que A ne perde pas d’argent (l’érosion monétaire fait que le temps rogne son argent) et 2) parce que A ne prêterait pas son argent s’il n’y avait pas de gain au final.
A peut être un banquier (c’est le cas le plus souvent évidement), mais aussi un particulier (comptes épargnes, comptes à termes, obligations et même actions si l’on revient à leur usage premier (qui est de metttre à disposition d’une entreprise de l’argent, et à en attendre les dividendes, donc les intérêts)), l’Etat, les entreprises.
Posez vous la question concernant vos comptes d’épargne. Les utiliseriez vous si le taux était nul ? "Mais les comptes d’épargne ne sont pas des prêts". Si justement. C’est de l’argent que vous mettez à la disposition des banquiers, donc que vous prêtez aux banquiers, lequels rémunèrent ce prêt à 2/3/4%. Cet argent que vous leur prêtez va leur permettre de faire théoriquement leur travail, qui est entre autres choses de prêter à d’autres.
"L’état doit reprendre le contrôle du système en nationalisant la banque de France"
Je suppose que vous vouliez dire en nationalisant la BCE, puisque la Banque de France n’a plus le pouvoir d’injecter des liquiditiés sur le marché interbancaire (c’est le rôle de la BCE).
Par ailleurs, il me semble difficile de nationaliser une banque dont l’unique actionnaire est l’Etat.
Par ailleurs, deux petites choses :
- si les banques de détail continuent de travailler comme elles le font, alors elles conserveront la création de monnaie. Tant qu’elles peuvent prêter de l’argent qui ne leur appartient pas, elles peuvent créer de la monnaie. Sinon ce vous proner, c’est le renforcement des ratios prudentiels dont parlait jimd et forest.
- "En récupérant la création monétaire puis en donnant son agréement à des banques privés, qu’il pourra controler" : magnifique explication ... de ce qui existe déjà. Les banques ont le pouvoir de créer, puisque l’Etat, qui est le seul garant de la monnaie, leur a octroyé ce droit. Par ailleurs, il les controle en imposant des limites à la création de monnaie (règles prudentielles qui peuvent entrainer la perte d’autorisation si elles ne sont pas respectées. Demandez donc à la GLE).