Dans l’Etat de Californie, vous pouvez dire tout ce que vous voulez à un officier de police, vous serez dans votre droit dans la mesure où il sera considéré que vous faites usage de votre droit à la liberté d’expression du citoyen, reconnu par la loi fédérale.
En France, je ne vous fais pas un dessin.
A Central Park, vous êtes libre d’exprimer ce que vous voulez à qui vous voulez, dans le cadre, toujours, de la liberté d’expression, considérée aux Etats-Unis comme un droit sacré et inaliénable.
Au jardin du Luxembourg, si vous dressez un podium pour vous adresser au public, vous risquez fort d’être emmené manu militari au commissariat le plus proche, et par la suite interné d’office dans une unité psychiatrique, pour peu que vous paraissiez énervé...
La France a cessé d’être un pays libre au moment où M. Sarkozy a été nommé ministre de l’Intérieur. Depuis que cet individu est à la tête de l’Etat, notre pays glisse dangereusement vers le totalitarisme, et cela n’a rien à voir avec le travail du dimanche (déjà effectif pour nombre de corporations, notamment relevant du service public). Des sommes folles sont dépensées par l’Etat-Sarkozy, sur les deniers publics, pour ficher, fliquer, tracer les comportements de tout un chacun à partir de recoupements de dossiers administratifs et d’une surveillance du web digne des totalitarismes communistes que vous dénoncez. Il ne se passe pas un jour où, dans la presse étrangère, la France soit désignée comme un pays dont les libertés sont en danger. Les Américains, notamment, sont excessivement préoccupés par cette dérive et ses conséquences prévisibles, en termes, particulièrement, de crédibilité de la France sur le plan de la diplomatie.
Pour ce qui est de la vie américaine, hurlevent, vous feriez mieux de vous exprimer sur ce que vous savez, et non à propos de ce que vous croyez connaître.
Remarques à l’intention de Hurlevent, autour de la liberté d’expression :
Si j’insulte un officier de police dans l’exercice de ses fonctions dans l’Etat de Californie, qu’est-ce que je risque ?
Si j’insulte un officier de police n’importe où en France, qu’est-ce que je risque ?
Si je dresse un podium dans Central Park pour dénoncer le bourbier irakien, qu’est-ce que je risque ?
Si je fais la même chose au Jardin du Luxembourg pour dénoncer la non-application de la loi sur les réquisitions de logements vide, et la responsabilité, de fait, du gouvernement en place, dans le décès de près de 400 sans-logis en France depuis le début de cette année, qu’est-ce que je risque ?
On peut voir la chose autrement. On dynamite des pylones de lignes à THT, des réémetteurs télécoms et des relais radar installés sur des points hauts isolés, on sabote des lignes téléphoniques aériennes et des répartiteurs, on procède selon une stratégie assez facile à appréhender et on paralyse petit à petit une région entière, puis deux, puis trois... moyennant un minimum d’hommes et quelques kilos d’explosifs torpillés avec leurs détonateurs dans des carrières laissées sans surveillance (cela existe dans nos cambrousses). La suite est assez facile à imaginer...
Ce pays est actuellement dans un tel état de délabrement et de désorganisation que n’importe quel groupuscule un tant soit peu organisé serait capable de nous servir le prologue d’une petite guéguerre qui ne demanderait qu’à virer à la guerilla urbaine.
Mais dans quel but ?
Ah oui, renverser le pouvoir.
Et le remplacer par quoi ?
C’est pour ça que ça ne se produira pas, du moins pas à ce niveau-là. Il n’est plus temps.
Il ne se passera rien pas tant qu’un certain équilibre dans la logique répressive/régressive sera respecté, et dans ce domaine je pense que le pouvoir en place sait où se tient la ligne rouge. Ce qu’ils ne peuvent pas percevoir exactement, par contre, c’est le niveau de ressenti du malaise. Pour le moment on en est à l’abattement, au pessimisme, à une morosité somme toute assez habituelle. Il y a une recrudescence de suicides, c’est vrai, mais le désespoir n’est pas encore palpable au niveau de la rue où tout, en apparence, se passe normalement. On n’en est qu’à la phase défiance. Mais le clash, le commencement d’insurrection peut partir de presque rien, un mot de trop, une rumeur, une bavure par trop sanglante, un trop-plein d’insolence.
Et encore. J’y crois à moitié.
Le Français de 2009 n’est pas le Français de 1943. Comme écrit par ailleurs, le Français de 1943 avait quelque chose à défendre pour quoi il était prêt à donner sa vie. Le Français de 2009 n’a que sa peau à défendre, mais il est prêt à la vendre au plus offrant. Toute la différence est là.