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Absurde

Absurde

Bourlingueur en quête d’un absolu mêlant intelligence, optimisme, émancipation à l’endroit des pouvoirs et soif de vivre demain.

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  • Absurde Absurde 1er décembre 2008 11:41

    Un type bien, Bayrou, c’est certainement l’image qu’on peut se faire de lui, aujourd’hui, par effet de contraste. J’aimais bien l’écouter parler de culture occitane, un soir de campagne électorale sur France-Culture, j’apprécie l’homme et j’apprécie l’intellectuel. Pour le politicien, il date un peu. Je fais partie de ces gens qui ont une envie pressante de nouvelles têtes, de préférence jeunes, et d’idées neuves et audacieuses centrée sur l’humain et son bien-être dans une société qui ne soit pas vendue à des arsouilles et qui ne soit pas non plus une bureaucratie dangereuse. Manque de bol, on est au coeur de ce "cauchemar climatisé" sous le règne de l’UMP et grâce au PS qui l’a précédé. Bayrou, j’en suis navré, ne propose pas d’alternative qui me séduise à cette organisation mafieuse de l’économie et de la société. Historien de valeur, homme de culture certes. Mais il ne remet rien en cause. Il est à sa manière un conservateur vintage

    Le PS n’est plus... et ce n’est ni le pathétique Mélenchon ni l’opportuniste Besancenot qui vont nous refaire une gauche qui tienne la route. Même objection que pour Bayrou. Que remettent-ils en cause qui soit susceptible de nous offrir à nous, humains, ce qui devrait être à la base de tout programme politique qui se respecte : ce bien-être du citoyen sans lequel il n’est pas de vie sociale ni de progrès pensables ? 

    Je ne sais pas si Bayrou fait très peur à ce qui subsiste de la gauche. Si c’est le cas, la gauche se trompe de trouille. Elle ferait mieux de s’effrayer du mépris qu’elle suscite désormais parmi ceux dont elle croit qu’ils font encore partie de ses ouailles. 



  • Absurde Absurde 1er décembre 2008 11:23

    A la différence des Dalban, Pousse, Dufilho, Darry Cowl et autres Maurice Ronet, Maurice Biraud n’avait pas de gueule. C’était Monsieur Tout-le-monde qui se retrouve un jour face caméra à dire les répliques de l’inénarrable Audiard, frangin pelliculaire de Frédéric Dard, le second rôle anti-héros qui n’a pas eu le temps de mal finir ses jours comme d’autres de son lot, dans une banlieue de Cannes à animer quelque besogneuse école d’acteurs au statut d’association sans but lucratif. Mort à soixante berges, comme devraient dignement mourir les artistes. plutôt que sombrer dans la redite sénescente, le ridicule autoparodique, le médiocre petit fonds de commerce de ce qui fut. Mort en 82. Dame ! C’est à de tels détails qu’on remarque qu’on prend de l’âge, et que le talent de ces gens-là n’était pas usurpé. Biraud aussi présent à mon esprit qu’au vôtre, cher auteur. 

    Merci de cette évocation. 



  • Absurde Absurde 1er décembre 2008 10:58

    Vous avez raison de dire que la RSA va bouleverser la donne, sachant que la véritable nature de cette mesure est de faire sauter les (relatifs) filets de sécurité que sont les minima sociaux au profit de la précarisation du travail... pour autant que le bénéficiaire du RSA entre dans les crtières d’employabilité (formation, qualification, mobilité...), qu’il y ait effectivement du travail, et que celui-ci soit rémunérateur.

    Ce dispositif, dont on ne mesure pas encore aujourd’hui le caractère socialement pernicieux, va creuser l’écart entre jeunes issus de familles structurées et ayant bénéficié d’une formation, et jeunes issus de familles cumulant divers handicaps sociaux (monoparentalité, pauvreté, précarité, mauvaise intégration, logement de mauvaise qualité, faible qualification...). 

    Au niveau des actuels bénéficiaires de minima sociaux promis à la disparition, le RSA sera la cause d’inquantifiables tragédies individuelles. Les commissions d’insertion de type CLIE, émanations des Conseils généraux, ne sont agies que par des intérêts idéologiques d’ordres statistique et chiffré. Un Rmiste qui ne comprend pas quelle démarche il doit entreprendre, ou qui ne reçoit pas telle convocation (du fait de l’imprécision d’une adresse, par exemple), peut se voir purement et simplement sucrer son allocation... et perdre par là même son logement, lorsqu’il en a un. Les méfaits des contôles policiers exercés par les Caisses d’Allocations Familiales, de même, ne sont plus à démontrer. Vie privée de l’allocataire foulée au pied par de véritables mercenaires de la "traque aux fraudeurs", interrogatoires, vérification de relevés de compte parfois sur une antériorité de deux ans, enquêtes de proximité, prestations suspendues du jour au lendemain au moindre doute quant à la bonne foi de l’allocataire... Un déni de citoyenneté qu’on ne s’emploiera jamais assez à dénoncer. 

    Or, sachant que les Caisses d’Allocations Familiales sont l’organisme payeur du RSA, et que les recours auprès des médiateurs de la République et des tribunaux administratifs sont des démarches fort longues et exigeant opiniâtreté et moyens, on ne peut pas dire que la situation des futurs bénéficiaires du RSA sera une sinécure. 

    Certes il y aura moins d’"assistés". Les séides du néolibéralismes en seront ravis. Mais combien de pathologies sociales (désaffiliation, désocialisation, rupture sociale) résulteront de ce désastre ? Et pour quelles conséquences à long terme ? 



  • Absurde Absurde 1er décembre 2008 10:27

    Une question que je me pose. 

    Quelle est la place de la propagande / contre-propagande dans cette affaire ? 
    Sachant qu’elle serait forcément ébruitée, commentée, déformée voire, et que la stature de M. de Filippis ne manquerait pas de lui conférer une dimension politique et peut-être internationale. 
    Qui a intérêt à quoi dans cette histoire ? 



  • Absurde Absurde 29 novembre 2008 18:19

    Essentiellement pénale parce qu’il faut bien admettre que les autres modèles ont échoué. Le traitement des toxicomanies a fait l’objet de beaucoup d’expérimentations dans les années 70, tant médicales (Marmottan et le Dr Olievenstein) qu’empiriques ("le Patriarche", l’oeuvre du pasteur Claudel, la fondation du P.Bernard sur la côte d’azur...). Aujourd’hui on a des centres d’addictologie qui dépendent de la psychiatrie de secteur et qui ferment l’un après l’autre pour cause de compression des crédits. Mais l’un dans l’autre, on ne peut pas dire de ces expérimentations qu’elles ont réglé ne serait-ce d’un iota le double problème que posent les toxicomanies : la dimension pathologique, ses tenants et ses aboutissants (pourquoi a-t-on besoin de cette béquille, comment s’en défaire et apprendre à vivre avec sa problématique) et la dimension proprement criminelle (trafics, réseaux, délinquance afférente).

    Le modèle médico-légal psychiatrie/justice a échoué au point que l’on demande aujourd’hui à des psys de venir vérifier, sur les rave parties, que la drogue qui y est fourguée est consommable. Ce qui est tout de même le monde à l’envers... Les séjours à l’hôpital reviennent fort cher et ne sont désormais indiqués qu’en cas de crise, lorsqu’il y a demande de la part de l’entourage ou suite à un trouble à l’ordre public. Une fois la crise passée, le patient est rendu à ses parents s’il est mineur, ou il rentre chez lui tant qu’il a encore un chez lui. S’il est en demande de thérapie, il existe encore des structures le permettant gratuitement, mais jusqu’à quand ? Ou alors ce sera chez un thérapeute libéral. 

    Alors faute de grive... on "place" le tox en maison de retraite "sociale" lorsqu’il a passé un certain âge et on l’abrutit de médocs. Plus jeune, on lui refile un traitement et s’il y a trouble avéré de l’ordre public, c’est le pénal qui entre en scène. 

    La détention et l’usage de cannabis constituant chez nous un délit, eu égard à ce qui précède et aux consignes de tolérance zéro données aux flics, on saute désormais la case thérapie pour se retrouver illico devant le juge. Comme toi, je ne pense pas que ce soit la solution. La solution, pour moi, serait de casser l’image positive du cannabis. Car les méfaits de cet alcaloïde sur le fonctionnement du cerveau ne sont pas une fiction, ils sont scientifiquement démontrés, de nombreux travaux sont publiés dans ce sens, et ces méfaits sont d’autant plus irréparables que le consommateur de cannabis est jeune. 

    Fumer un pet’ de loin en loin, pour savourer la sensation que ça peut apporter, là je n’ai rien contre, c’est comme savourer un cigare de choix ou un bon sauternes, un pur malt dûment vieilli. Mais cela suppose une certaine autodiscipline, je dirais même un apprentissage du goût. Il faut pour ça de la mâturité et un entourage adéquat. Fumer tous les jours son ou ses pets, c’est là que ça devient pervers et dangereux, surtout si c’est pour faire comme les autres, se sentir faire partie d’un groupe. Le coffee-shop, en ce sens, encouragerait plutôt ce type de pratique. 


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