La suite, ce sera quelque chose du genre baisse de salaires dans une fourchette de 7 à 10% (parce qu’il ne faut pas non plus exagérer) tout ça bien empaqueté, expliqué, et assorti d’éventuelle contrepartie sous forme de miettes, primes à ceci ou à cela, baisse microscopique de la TVA, bref, du vent... L’important sur ce coup-là étant de nous fourguer le travail le dimanche sans volontariat pour nous préparer à la suite de la suite, à savoir le travail de nuit au prix du jour y compris pour les mères de famille (c’est déjà un peu le cas avec les caissières de la grande distribution), l’abolition du Smic, la généralisation du RSA, et sous un an maximum une réforme des congés-payés où nous serons invités à ouvrir un compte avec une organisation de vacances partenaire de notre entreprise, voire à devenir actionnaire, ceci pour pouvoir bénéficier de séjours tout confort à n’importe quel moment de l’année où le patron jugera opportun que nous prenions nos deux semaines annuelles de vacances, et de préférence où il aura décidé que nous partions en vacances.
Mais comme vous le dites si bien, y’a pas vraiment de quoi s’énerver, hein ?
Une dernière, pour la route ?
L’ouverture de camps de rééducation dans quelque DOM-TOM tropicale, à l’intention des délinquants de mon genre.
Mais d’ici là, je serai passé à l’Ouest.
Ce n’est qu’un lâcher de ballon-sonde, histoire de nous tester. L’étape suivante sera marquée par l’indignation ordinaire des syndicos. Je te mets mon ticket que le camarade Thibaut nous assurera que "ça bout dans la marmite". Enfin ce seront les négociations "où chacun sera appelé à prendre ses responsabilités"... et les prendra avec force poignées de mains devant les caméras.
Si toi tu le sais, d’autres le savent et c’est comme ça qu’une information censurée se répand ! Je crois que les signaux se multiplient (voir le sujet sur le "Risque d’opinion" sur cette même page), ils sont aux aguets. Ils ne savent pas plus que nous d’où partira le clash, peut-être d’ailleurs n’y aura-t-il pas de clash selon l’idée qu’on s’en fait, ce pourrait être plus sournois, d’ordre souterrain, mais ce j’en pense c’est qu’il est déjà en train de se passer quelque chose.
Moi c’est l’ensuite qui m’intéresse. Virer le gang en place est une chose. Mais pour le remplacer par quoi ? Le gang en face ? Un ramassis d’escrocs.
Voyez ce qu’il s’est passé ces jours-ci à Levallois. Deux ados accusés d’avoir mis le boxon au conseil municipal de Balkany. Emmenés manu militari par les flics et toujours en garde à vue à l’heure qu’il est. Ces ados sont fils de coco et militants de gauche tous azimuts. Ils ont groupés en effet tous les courants de la gauche au sein de leur assos en faveur du logement, qui dénonce entre autres l’attribution d’un logement social à M. Henri Leconte, ami perso de Balkany et de qui-vous-savez.
Et vous croyez que Besancenot, Buffet, Aubry, Hamon, Royal, Hollande and co se sont déplacés pour réclamer la libération des deux ados (qui soit dit en passant ont été passablement abimés par la milice municipale de Balkany lors de leur arrestation), la démission de Balkany ?
Que dalle ! Des clous ! Juste une déclaration collective à l’AFP, paraît-il. Des mots. On a l’habitude.
Comme quoi, les deux jeunes auraient mieux faits de s’intéresser à leur Playstation, comme les autres de leur âge que l’on accuse de se foutre de tout, à commencer par la politique.
Quoi donc, après le clash ? Si survient un clash ?
Chépô !
Pour moi, la classe politique de ce pays, dans sa quasi intégralité, ne vaut pas l’étron sur quoi on pose le pied par mégarde. Faudra peut-être se prendre par la main, tous tant qu’on y est, pour se refaire une démocratie. Sans quoi nos tombeaux seront zébrés des mollards de nos lardons, et ils n’auront pas tort...
Moi je peux te la traduire : la trouile de se faire fiche à la rue à coups de lattes, comme Juppé en 95. Dans le climat actuel, créer un précédent de ce genre reviendrait à mettre le feu aux poudres.