Ce que je retiens de l’affaire, c’est que des gens vont être payés par le pouvoir en place pour jouer au réseau Echelon sur le web français. Ce qui va dans le sens du fichier Edwige, et dans celui de la loi Hadopi, où il est question de coller un logiciel-espion dans l’ordi de chacun d’entre nous. Et ce qui va aussi dans le sens de la petite discussion qu’on a eue hier sur Agoravox à propos des télévisions régionales et de l’impossibilité faite à tout un chacun, par le truchement de cet organe de la Diète Suprême qu’est le CSA, de créer sa petite télé, sa petite radio de quartier, de village, de région.
Au coeur de cette paranoïa d’Etat, au coeur de cette obsession du flicage qui ne date pas, hélas, de Sarko et de sa sordide clique, il y a le lien social.
Le lien social c’est l’échange, c’est le dialogue, c’est le débat, c’est la rencontre, c’est le brassage des cultures et des idées, c’est vivre ensemble et par là, c’est communiquer. Et communiquer, à force, ça peut conduire à créer des groupes de pression. On le voit avec UFC-Que Choisir, ou le défunt mouvement des "Ni putes ni soumises" (au point qu’il a pitoyablement été récupéré, j’allais dire acheté par le pouvoir en place), ou encore l’association Act-Up comme les divers mouvements créés par la communauté gay et lesbiennes.
Ces groupes de pressions, qui se créent par l’échange, la communication, la rencontre, sont la bête noire non seulement de ce pouvoir-là et de tous ceux qui l’ont précédé, mais des formations politiques et des syndicats boulonnés dans leur pré carré.
La revendic’ hors des clous, on n’aime pas beaucoup, en France, dès qu’on détient une miette de pouvoir. On n’aime pas beaucoup que les gens sachent précisément ce qu’ils veulent en se passant de la bénédiction de qui de droit. Car au-delà de ça se profile ce qui, pour tous les caciques quels qu’ils soient, syndicos professionnels, députaille de carrière, cumulards du portefeuille, hauts-fonctionnaires interchangeables, grenouilles de commissions, piliers d’observatoires, bref, toute cette engeance parasitaire de décideurs de ce qu’on leur dit de décider n’ont qu’une trouille, une seule :
L’émergence d’une demande massive de démocratie directe. Toute décision majeure soumise à référendum populaire. Ou pire, la mise en place de referenda d’initiative populaire.
Mine de rien, et ce n’est que mon humble avis, c’est à ça que nous devons tous travailler activement, dans notre intérêt à tous.
Les chaînes locales, connais pas. Je vis dans le Sud-est, actuellement les Alpes de Haute-Provence, où il n’existe que les programmes locaux de France 3, qui se résument à des actus qui concernent surtout la région de Marseille, et à des magazines qui doivent être diffusés le week-end, l’après-midi, je n’en sais pas plus, j’ai vécu dans les Alpes-Maritimes et le Var où c’est idem. Il est vrai que je n’ai ni câble ni satellite, n’étant pas franchement accro à la télé, et que niveau TNT on ne reçoit ici que France 5, Arte et LCP. Les radios locales on en a quelques-unes, essentiellement commerciales, ce qui veut dire variétés et pub, pub et variétés.
Alors c’est quoi une chaîne locale, à la lecture de cet article ? Une filiale d’un gros groupe qui investit dans l’autochtone et le patoisant ? Ce qui veut dire que malgré le peu d’argent que coûte désormais le matos audiovisuel, le CSA estime que vous et moi ne sommes pas capables de parler de ce qui se passe dans le coin où nous visons aux gens qui y vivent aussi, et surtout avec eux ? Qu’il faut en passer par la bénédiction des aparatchiks pour ça ?
On a vu ce que ça a donné, les radios libres. On sait tous qu’il y a des tonnes de fréquences disponibles sur les petites ondes et les ondes moyennes où des gens comme vous et moi pourraient parfaitement donner la parole à des gens comme vous et moi là où nous sommes. Sauf que c’est interdit pas la loi française. Sauf que le CSA est là pour veiller à ce que ça ne se fasse pas. Et puis à quoi bon, puisque c’est désormais tout à fait possible de faire ça sur le web ?
Questions subsidiaires ; pour quel auditoire ? Existe-t-il une réelle demande ? Cela répond-il à un besoin chiffré ? Ce débat a-t-il encore lieu d’être ?
Au Canada, vous avez une chaîne publique qui est représentée dans chaque province, et qui produit une télé purement locale qui parle de la vie des gens qui la regardent. Si vous voulez vous faire une idée, allez-y voir par vous-mêmes :
Aux Etats-Unis, les chaînes locales sont soit indépendantes, soit elles dépendent de groupes tels que NBC, CBS, ABC... Le fait est qu’elles existent et qu’elles se déclinent aussi en télés communautaires.
Nous, on en est encore, grosso modo, à l’Ortf. Déjà, pour le prix de la redevance qui nous est demandé, on a quoi à se mettre sous la dent ? Même pas une demi-douzaine de chaînes qui reflètent la vacuité sépulcrale de ce qu’est devenue notre culture, servie par les fils-de agréés. A quoi je veux en venir ? A ceci. Pour qu’une télévision régionale ait pu exister, se développer, toucher les gens, durer, il aurait déjà fallu au départ que nous soyions éduqués à l’intérêt de l’outil télévisuel. Or ça ne s’est jamais fait. La télé en France n’a jamais été envisagée autrement que comme une espèce de pis-aller pseudo-culturel mis à place à l’intention des malheureux qui ne disposent pas d’autre chose de plus passionnant pour tuer leurs soirées. Les "bouquets" sont venus ensuite avec leur cortège d’abonnements juteux, mais sans rien changer à la donne. La télé c’est d’un côté ceux qui la font, et de l’autre ceux qui sont supposés la regarder, sans qu’il y ait jamais d’interaction entre les deux. Si on avait voulu ouvrir l’antenne, à un moment donné, à une forme populaire de libre expression au niveau local, la télé n’en serait pas là où elle en est. Telle quelle, elle est condamnée à disparaître. Les pratiques sont en train de changer, le mouvement est inexorable, les écrans vont s’ouvrir sur d’autres horizons où le CSA à la soviétique sera dans le même rôle que la Sacem aujourd’hui, dans l’éternel débat sur la propriété intellectuelle.
@Lisca :
Détrompez-vous, ma chère. La fréquentation de lieux tels que celui que je décrivais plus haut ne m’est pas plus familière que le rot, tout au plus m’arrive t-il quelquefois, je vous le confesse, de roter dans le secret de mon boudoir, manifestation de jouissance post-prandiale dont le caractère rabelaisien, je le conçois, ne peut que déplaire à un esprit raffiné tel que le vôtre.
J’évoquais, dans cet épisode de l’estaminet banlieusard, certaine conversation qu’il m’avait été donné d’ouïr bien malgré moi, je dois le dire. Il se trouve que mes commensaux éprouvaient le besoin d’exprimer leur liesse d’une voix forte et en employant un langage imagé. La venue, ensuite, des ouvriers d’origine étrangère, a semble t-il jeté un froid parmi cette assistance picaresque. Il était question de l’élection encore récente d’un individu lui aussi d’origine étrangère, dont les promesses informulées portaient notamment sur la question de l’immigration, laquelle, Madame, semble être au coeur de notre désaccord, tout comme d’ailleurs l’idée, que je vous ai dit ne pas partager, que l’appui légitimement concédé aux plus démunis d’entre nous par l’Etat, en vertu d’un contrat social dont on peut dire qu’il est le digne héritage que nous tenons des Lumières et qui par là, est l’un des fondamentaux de notre République, cet appui financier, disais-je, qui selon vous est là pour servir les intérêts des castes affairistes dont nous méprisons tous deux l’attitude, souhaiteriez-vous, au bout du compte, le voir soustraire aux personnes à qui il est concédé, et pour le remplacer par quoi ? Sauf à condamner ces populations à la mendicité, et mettre en péril par là même le semblant de paix sociale qui nous permet présentement de dialoguer, je ne sache pas, Madame, que notre économie, au vu de la conjoncture déficiente qu’elle traverse et que vous ne pouvez ignorer, je ne sache pas que notre économie soit à même de fournir à ces populations les charges que vous aimeriez les voir assumer, sanctionnées par un contrat leur garantissant un revenu qui leur autoriserait indépendance et autodétermination.
Vous nous obligeriez, Madame, en nous expliquant de façon détaillée quelles solutions vous préconisez, tant sur la question de l’immigration que sur les distances que vous souhaitez voir prendre avec les politiques d’assistance, au nom de populations démunies que vous estimez sacrifiées aux intérêts des castes précitées. Peut-être alors verrions-nous avancer ce débat, et j’en serais fort aise.
Ce que je retiens, c’est que le RSA va concerner des publics à qui jusqu’à présent l’administration foutait une paix royale. Et là ça craint. J’ai des handis dans mon entourage qui ne sont absolument pas prêts ni disposés à "s’insérer" de force pour que les patrons puissent dire qu’ils respectent les quotas, sachant que par le passé les expériences d’insertion/réinsertion auquelles ils se sont prêtés leur ont été plutôt dommageables. L’éternelle guéguerre avec les Caf qui leur grattent de la thune sur le moindre centime gagné, les flics de l’insertion employés par les Cotorep qui n’ont rien à fiche de ce que le client n’ait pas de quoi se déplacer, les dossiers qui traînent, qui s’égarent, les coups de gueule dans les commissions où les gens sont convoqués pour qu’on leur dise qu’on a "décidé pour eux" qu’ils feraient telle formation-bidon pas rémunérée à trois cents kilomètres de chez eux... J’accompagnais ces proches dans des bureaux qui me faisaient penser à des officines soviétiques, où des fonctionnaires d’un type dont je croyais l’espèce disparue me demandaient qui j’étais et pourquoi j’étais là. Et celles, ceux que j’accompagnais repartaient en chialant. Le RSA appliqué aux handis ? Autant dire le STO.
L’Adapt est une assos de vendus au Medef. l’APF se veut son challenger, avec son mouvement "Ni pauvre ni soumis" qui s’est rapidement enlisé après un très bref décollage. L’Adapt est aux handis ce que la Gestapo était aux djeun’s des années 40. Mais l’APF craint pour ses subventions alors elle ferme sa gueule et perd ses adhérents par poignées. L’avenir est sinistre pour les handis. C’est à leurs familles à se mobiliser.
Bah ! Il y a tellement de repris de justice qui se font élire et réélire haut la main et qui deviennent et redeviennent députés, ministres, tout ça. Il y en a même qui ont su habilement éviter la case prison, faire traîner les procès, et qui courent toujours. Un de plus un de moins...