Ne vous inquietez pas, il n’y aucune chance pour qu’un burkini soit jamais accepté dans une piscine publique, pour de simples raisons d’hygiène. Ça vous laisse le temps de préparer un semblant d’argumentaire pour la prochaine fois, parce que la ça sonne un peu creux votre sentence...
Votre problème c’est que vos arguments partent dans tous les sens :
1. Vous invoquez d’abord la « liberté » mise en danger par le fondamentalisme religieux et je vous fais remarquer que c’est bien vous qui vous posez en censeur de la liberté, en l’occurrence. Le fondamentalisme religieux existe, certes, mais la charria n’est pas a l’œuvre en France a ce que je sache, et c’est aller un peu vite en besogne que d’assimiler le port d’un burkini a l’instauration de la charria. La loi n’a pas changée en France, rassurez-moi ? Aucun intégriste musulman n’a réussi a faire passer une loi liberticide imposant quoi que ce soit aux infidèles que nous sommes, n’est-ce-pas ? Si tel était le cas, je serais de votre coté. En attendant, évitez donc les amalgames et les procès d’intention. En l’occurrence, on a juste affaire a une minorité qui tente de faire valoir ses droits ! Ceux inscrits dans notre constitution, nos valeurs, celles qui assurent a chacun qu’il ne sera pas discriminé pour l’exercice de son opinion religieuse tant qu’elle respecte notre droit ! On est loin de la charria.
Tant que les choix sont faits en toute conscience, même celui d’une soumission a une religion, on doit respecter cette liberté d’opinion. C’est ça la laïcité.
2. Vous dites « ça m’impose de vivre dans un environnement qui n’est culturellement pas le mien ». La culture, ce mot bien pratique pour faire passer toutes les haines, le racisme ordinaire et les poncifs. La culture est-elle figée ? Nos traditions existent, certes, mais comment se sont-elles construites sinon de manière dynamique a travers l’histoire ? Il est également dans notre culture d’avoir une certaine conception des libertés individuelles. La laïcité est également le fruit de notre culture a la française. Alors on fait comment ?
3. Vous dites enfin « ça m’impose la revendication ostentatoire d’une religion contraire au principe de laïcité ». C’est vous et vous seul qui voulez y voir de la revendication. J’y vois moins de revendication que la pétasse au string, au décolleté indécent et a la vulgarité affichée et qui nous dit en substance : « je suis un pur produit du consumérisme, du culte du matérialisme et de la superficialité absolue, et je vous emmerde »
"Burqa, burkini, niqab sont des marques politiques du fondamentalisme
islamique. Or on sait ce que ce fondamentalisme fait de la liberté
individuelle...«
En l’occurrence, visiblement, c’est bien vous et tous les anti-islamistes qui faites »ce que l’on sait" de la liberté individuelle, vous vous asseyez dessus. Une femme qui porterait un burkni est-il, ou doit-il, être plus choquant que les seins nus a la plage (alors qu’il s’agit justement en ce cas d’une tolérance de quelque chose d’interdit) ?
Votre haine de l’islam vous aveugle. S’agirait-il d’imposer le voile, la burka, le niqab a toutes les femmes de ce pays ? S’agirait-il de demander des exceptions ou particularité de traitement au nom de l’islam ? Si tel était le cas, je serais d’accord avec vous et j’ai d’ailleurs déjà donné mon avis a ce sujet sur AgoraVox. La question est de ne pas faire d’amalgame.
« il profite des libertés de notre système pour tenter de grignoter, pas à pas, et imposer un nouveau dogmatisme »
Donc la liberté de notre système c’est de ne pas pouvoir user de cette liberté ? A quoi sert une liberte théorique si c’est pour arriver a l’anathème en pratique. On ne peut pas avoir système qui donne des libertés d’une main et qui les reprend de l’autre.
En quoi le fait de porter une burka ou un burkini (même si je trouve ça ridicule a titre personnel) impose quoique ce soit a quiconque ? Demanderait-on a ma copine de porter la burka elle aussi ? Absolument pas, prétendre le contraire c’est faire un procès d’intention
Il faut bien faire la distinction entre des requêtes effectivement attentatoire aux libertés d’autrui (demande d’horaires aménagés par exemple) ou au bon fonctionnement de la société (règles d’hygiène élémentaire, neutralité du rapport homme/femme dans l’institution médicale, sécurité, etc...) et la liberté de porter ce que l’on veut lorsque c’est possible sans atteinte a une quelconque liberté par ailleurs (c’est a dire justement lorsque la liberté de notre système le permet).
Dans le cas du burkini, si cela ne pose aucun problème d’hygiène a la piscine, alors ravalez votre anti-islam primaire et accepter ce mot : LIBERTÉ (même si pour certains, l’exercice de cette liberté est une soumission choisie a un dogme).
Je crois qu’il ne faut pas confondre la laïcité en tant qu’idée, en tant que principe fondateur, et son instrumentalisation, par certains, dans notre société. Il se trouvera toujours des intolérants pour brandir la laïcité comme justificatif.
En matière d’atteinte a la laïcité, je serais toujours plus choqué par un représentant de l’état en représentation officielle faisant un signe de croix, que par une burqua croisée dans la rue. Et cela sans augurer de ce que je pense personnellement de la burqua.
Pour autant, il ne faut pas perdre de vue deux choses : 1. La France a une histoire largement liée a la religion Chrétienne. Notre culture en est imprégnée, nos villages, nos parents et grands-parents, nos moeurs.
2. La religion musulmanne, de part ses coutumes, se retrouve mécaniquement plus volontiers a heurter le cadre dans lequel on tente de contenir l’expression religieuse. Le voile, la place de la femme par rapport aux hommes, le ramadan, les habitudes alimentaires, etc... font qu’il est évidemment plus difficile pour un musulman de ne pas heurter ce cadre institutionnel et légal (signes ostentatoires, neutralité homme/femme dans les administrations, problèmes de santé ou d’organisation liés au ramadan etc...).
Les religions sont une belle saloperie dont l’humanité gagnerait a se débarrasser en remplaçant l’opium du peuple par la Raison et l’Humanisme. En attendant, la liberté d’opinion (entre autre religieuse) doit exister, être garantie, mais elle se heurte aux contraintes du contrat social (l’organisation du vivre ensemble) ainsi qu’a d’autres valeurs tout aussi fondamentale que la liberté.