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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 20 novembre 2014 17:16

    @ Pierre
    -
    Je suis incapable de définir ce qu’est un Ukrainien. Il y a autant de différence entre un habitant de Lvov (ou Lviv) et un autre de Lougansk qu’entre un Finlandais et un Croate.
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    Voilà. Moi non plus je ne peux définir ce qu’est un « Ukrainien » et je ne suis pas sûr non plus que ceux qui se revendiquent comme étant « Ukrainiens » en sont bien capables. Par contre, je peux très bien voir quand on essaye de me faire prendre des vessies pour des lanternes.
    -
    Ils ont peu d’histoire en commun si ce n’est à l’époque de l’URSS.
    -
    Vous oubliez juste l’Empire Russe et l’ancienne Rus’.
    -
    J’aurais peut-être un truc à rajouter, concernant le monde russe. Les Occidentaux réfléchissent avec leurs catégories (État-nation, Royaume, Empire romain, etc.), ce qui, après tout, est normal. Par contre, je ne suis pas sûr que ces catégories sont valables en dehors de l’Occident. À la limite, la catégorie politique occidentale qui convient le mieux pour le monde russe, ce serait celle d’empire, avec toutes les provinces qui en font partie. Mais même celle-ci ne transcrit pas la réalité de manière tout à fait adéquate : un empire au sens occidental est un empire agressif, rapace, conquérant. Ce n’est pas le cas du monde russe, qui ressemble davantage à une grande famille de peuples. Je ne dis pas que c’est l’harmonie parfaite, mais enfin, ce n’est pas non plus la Rome européenne ou l’Empire Britannique. Dans les familles humaines non plus, ce n’est pas toujours l’harmonie parfaite, loin de là.
    -
    Par ailleurs, l’URSS n’a pas été un « melting pot », ni plus ni moins que ne le fût l’Empire russe. Il n’a jamais été question de « fusionner » des peuples différents pour en obtenir un nouveau, au contraire, on a activement essayé de développer et de préserver les cultures des différents peuples composant l’URSS. On avait même mis des moyens assez conséquents là-dedans. Les États-Unis, au contraire, ont pratiqué une politique intégrationniste et assimilationniste (c’est-à-dire, pour parler brutalement, raciste).
    -
    Par contre, on n’a jamais non plus empêché les gens de se marier comme ils l’entendaient et avec qui ils l’entendaient. Ce qui donnait des types comme Choïgu, par exemple, dont le père est un turco-mongol de l’Altaï, et la mère « ukrainienne ». Ce qui, de toute façon, n’avait guère d’importance, puisqu’il a été éduqué dans un système éducatif russophone, enseignant Tolstoï et Dostoïevski. Rien ne l’empêchait, si il l’avait souhaité, de rester dans son Altaï natal ; mais il a fait le choix, à un moment, de monter à Moscou (ben ouais, il y a quand même plus de débouchés...).
    -
    Je pense que Korolev a fait un choix similaire dans une situation similaire. Il n’est donc, d’après ce que je viens d’exposer, pas « ukrainien ». Ou alors, uniquement au sens « géographique », ce qui n’a que l’importance qu’on veut bien lui accorder.



  • Bovinus Bovinus 20 novembre 2014 14:31

    D’après Oui-ouipédia, l’intangibilité des frontières est un « principe de droit international ». En effet, ça ne figure pas dans la Charte.
    -
    Toujours d’après Oui-ouipédie, ce principe figure par contre dans les « principes régissant les relations entre les États participants » (aux accords de Helsinki). Dans lesquels figure aussi le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En effet, voici une belle contradiction. D’autant plus que on ne sait toujours pas qui exactement est signataire de ces accords et qui ne l’est pas, ni même, si ces principes s’appliquaient uniquement aux négociations de Helsinki ou étaient censés perdurer à la fin des dites négociations. Voilà en effet un beau bordel.
    -
    Apparemment, ces accords ont servi de point de départ à la création de l’OSCE, ainsi que de l’ONG « Helsinki Watch » (devenue plus tard Human Rights Watch).
    -
    Toujours est-il que je n’ai pas vu le texte des accords, ni compris si il s’agissait d’accords bilatéraux États-Unis - URSS ou multilatéraux (auquel cas, ce serait un traité international...). Cela dit, à priori, la Charte ONU devrait l’emporter, pour les raisons suivantes :
    -
    - plus ancienne ;
    - plus claire ;
    - adoptée et reconnue par quasiment tous les États de la planète ;
    - pour ces raisons, beaucoup plus légitime que les accords d’Helsinki.
    -
    Qu’en pensez-vous ?



  • Bovinus Bovinus 20 novembre 2014 14:10

    @ Pierre
    -
    ... j’ajoute, souvent par des non-Américains. C’est parce qu’ils ont su attirer les meilleurs cerveaux du monde en leur donnant des conditions de travail idéales. Je pense que vous pouvez reconnaitre cela.
    -
    Je reconnais cela. Mais on se comprend mal. J’ai tendance à voir les pays, les cultures, les peuples, comme des constituantes de quelque chose de plus gros : les civilisations. Et, en l’occurrence, je ne crois pas que les États-Unis soient parvenus à ce niveau. Ils sont, au contraire, partie prenante de la civilisation occidentale, et possèdent les mêmes tares et les mêmes qualités.
    -
    Voyez à quelle vitesse s’est bâti la Silicon Valley et où en est Skolkovo. J’espère que ce sera finalement une réussite mais ce n’est pas garanti.
    -
    Ce qui est garanti, c’est que Skolkovo est un projet merdique qui ne pourra par conséquent donner que de la merde (plus précisément, des trous dans le budget). À peu près rien de ce qui se fait en ex-URSS depuis 1991 ne marche ni ne réussit. Y a de quoi se poser de sérieuses questions sur la viabilité des nouveaux régimes en place dans cette partie du monde (ça ressemble beaucoup à l’Afrique, en fait). À contrario, l’hyper-capitalisme occidental arrive très bien à concrétiser ce qu’il entend faire, même si il reste une saloperie par ailleurs.
    -
    ... mais la Russie ne pourra pas s’en sortir seul. Elle a besoin de débouchés, que ce soit pour ses matières premières ou pour ses produits fins.

    -
    M’est plutôt avis qu’elle a besoin d’un changement de régime et de se sortir la tête du cul.
    -
    Les spécialistes dans le domaine des grands chantiers navals sont ukrainiens et la Russie à en a besoin.
    -
    Ah bon ? et qui donc bosse dans les chantiers navals de la Baltique (à Léningrad) ? Des Lituaniens, des Lettons et des Estoniens ? Il est évidemment idiot de laisser une main d’oeuvre qualifiée inoccupée (d’autant plus, russophone), et c’est pour ça que les chantiers navals de Crimée cherchent à la recruter. Quoi de plus normal ? Ça ne veut pas dire pour autant que sans les ouvriers de Nikolaïev, tout resterait à l’arrêt.
    -
    En ce qui concerne Korolev, c’est un assez mauvais exemple. Certes, il est né à Jytomyr (pour rappel, dans l’Empire Russe) mais son père est de Mogilev (en Biélorussie actuellement) et sa mère de Nejin (oblast de Chernigov, donc peut-être Russe, peut-être Galicienne). Ça, c’est pour ses origines. Ensuite, il a étudié à Kiev, Odessa puis évidemment Moscou. Son maître de thèse était Tupolev, originaire, lui, de la province de Tver (fort loin de l’Ukraine...). Bref, pour les gens nés et formés en URSS, il est plus simple de dire « soviétique ». C’est plus clair pour tout le monde. En tout cas, il n’était certainement pas « Ukrainien » (je ne sais même pas ce que ça peut vouloir dire...).
    -
    Définissez moi ce qu’est un « Ukrainien » et ce qu’est l’ « Ukraine ». Vous verrez, ce n’est pas si simple.
    -
    La perte de l’ex-« Ukraine » serait une grosse perte pour le monde russe, mais ni plus ni moins que la perte, par exemple, de la Géorgie ou de l’Azerbaïdjan. C’est à chacun de faire ses choix, en aucun cas, les Russes ne forceront de plein gré leurs ex-compatriotes à adhérer à quoi que ce soit, vous pouvez en être sûr.



  • Bovinus Bovinus 20 novembre 2014 12:10

    @ Pierre
    -
    J’ai une critique pour vous, par rapport au point ci-dessous, qui est, si je ne me trompe pas, la grande problématique de votre article :
    -
    Nous nous trouvons devant un dilemme. Choisir entre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (chapitre 1 de la Charte des Nations unies) [2] et le principe de l’intangibilité des frontières (uti possidetis juris) [3].
    -
    Pourquoi y voyez-vous deux principes contradictoires ? Croyez-vous vraiment que les rédacteurs de la Charte des Nations Unies étaient à ce point des burnes en droit qu’ils ont écrit à peu près n’importe quoi ? Ne croyez-vous pas, plutôt, que l’un de ces principes est censé l’emporter par défaut sur l’autre ? Le fond de la question serait alors de déterminer lequel.
    -
    Le droit suit une logique hiérarchique, justement, pour éviter les contradictions. N’importe quel juriste est capable de tirer au clair ce qui, dans une loi, une constitution, une charte, un traité, l’emporte sur le reste. Je me trompe ?



  • Bovinus Bovinus 20 novembre 2014 11:59

    @ Pierre
    -
    Bavez tant que vous voulez sur l’aspirateur, le transistor ou le microprocesseur, ce ne sont jamais que des gadgets. Un truc comme la théorie de la relativité de Poincaré ou la table périodique de Mendeleïev, ça a tout de même un peu plus de cachet. Faudrait vérifier d’ailleurs si ce sont bien des Américains qui les ont inventés (et pas des Européens, des Russes ou des Asiatiques exilés).
    -
    Sur cette phrase :
    -
    Je maintiens que l’Union eurasienne sans l’Ukraine ne sera pas un interlocuteur de poids sur la scène mondiale face aux [insérez ce que vous voulez]...
    -
    Comme le Sioux ci-dessus, je ne suis pas non plus d’accord. Du moins, vous auriez dû prendre la peine d’argumenter, ce que vous n’avez pas fait.
    -
    Du point de vue démographique, il est certain que l’ex-Ukraine aurait compté. À part ça, je ne vois pas en quoi elle est si indispensable. De toute manière, la Novorussie, du moins les provinces rebelles de Donetsk et de Lougansk, ont récemment déclaré leur intention d’adhérer à l’Union Eurasienne, ce qui est déjà un début. À la limite, il vaudrait peut-être même mieux que les provinces ex-ukrainiennes culturellement proches de la Pologne n’adhèrent jamais. Si c’est pour foutre la merde, je suis sûr que les Russes, les Kazakhs, les Kirghizes et les Arméniens sauront bien s’en passer.

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