Je ne pense pas que les sociologues soient formés pour soigner la société.. pour gonfler les chiffres de pôle emploi éventuellement... Quant aux psychologues incompétents.... je ne peux malheureusement que vous donner raison, mais c’est JUSTEMENT à cause de l’influence du courant psychanalytique qui pèse lourdement sur la formation des psy cliniciens, encore à ce jour...
Je vous saurai gré de bien vouloir faire une distinction entre psychologue, dont le diplôme est sanctionné par des études universitaires, de psychanalyste, qui peut exercer sans aucun connaissance en matière de psychologie. .. « l’aide qu’elle apporte aux millions de gens qui la pratiquent »... Vous parlez de l’aide financière aux psychanalystes ??... !!
Si l’on peut parfois effectivement considérer certaines théories comme étant partiellement compatibles, le rôle d’un scientifique c’est de confronter les hypothèses dérivées de différentes théories pour éventuellement infirmer l’une ou l’autre, voire les deux. De nombreux postulats avancés par Freud ne sont pas rédigés selon les canons d’une approche scientifique et ne peuvent être infirmés... par contre sa conception des processus de construction des personnes (additivité des facteurs), ou du jeu des identifications, sa théorie du complexe d’oedipe, sont grandement remis en cause quand ce n’est pas infirmés par les recherches contemporaines en psychologie. Quant à citer Vygotsky, je me méfie de ceux qui citent sans jamais avoir lu... j’ai pu lire des gens citant Vygtosky et trahissant sa pensée... De même, lorsqu’on lit Wallon, qui ne fait que peu de références à d’autres auteurs, on peut constater un changement important de conception entre ses premiers écrits et ses écrits à partir des années 40... Wallon a fait partie du cercle d’amitié franco-russe... au travers de ses écrits, et sachant le statut de psychopédagogue occupé par Vygotsky, je soupçonne Wallon de s’être inspiré de ce dernier sans jamais le citer ! Ce genre d’emprunt est assez courant, surtout chez les auteurs français... C’est pourquoi je vous recommande fortement de lire Vygotsky et non pas de croire sur parole ceux qui disent l’avoir lu !!
C’est tout le problème de la formation universitaire française en psychologie durant des dizaines d’années : une seule vision d’obédience freudienne... lacan, winnicott, dolto, anzieu etc. ou alors Piaget, Wallon, Malrieu... Sans recul, occultant les travaux et les approches de nombreux psychologues, notamment nord-américains, voire de certains précurseurs d’une approche holistique bien français comme Pierre Janet. Combien de temps il a fallu pour entendre parler de Vygotsky, de James Mark Baldwin, Erik Erikson, etc. pour les précurseurs ? Une séparation de la psychologie humaine de la psychologie animale, enseigné dans deux universités différentes, fac de lettres pour la première, fac de sciences pour la seconde, qui traduit un a priori dogmatique non fondé. Et quand certains sont évoqués, c’est dans une approximation qui trahit une méconnaissance des écrits originels... Combien de temps il a fallu aux étudiants de psychologie pour qu’ils lisent des études scientifiques issues des plus grandes revues scientifiques telles que Child Development, Developmental Psychology, etc. ?... Je vous fais grâce de tous les courants théoriques, de tous les champs disciplinaires qui constituent la psychologie, trop souvent réduite au seules approches psycho-affectives, psycho-sociologiques et psycho-cognitives....Mais je m’étonne que vous puissiez parler de « guérison » en tant que futur psychanalyste, car seul le psychothérapeute s’inspirant des conceptions psychanalytiques entrevoit cette possibilité.
Le problème, c’est que ce qui marche n’est pas du ressort de l’approche psychanalytique. Pourquoi ne pas avoir plutôt entrepris des études de psychologie, tout simplement ? La psychologie clinique - quand elle n’est pas d’inspiration freudienne - est d’un grand apport pour les troubles névrotiques, et pour aider à comprendre certaines sources du mal-être. Mais, à la différence des conceptions psychanalytiques, elle ne ramène pas tout aux traumas de l’enfance supposés fixer les trajectoires développementales ultérieures. Elle ne fixe pas la grille d’analyse au travers d’un canevas pré-établi qui suppose tout expliquer. La construction des personnes est bien plus complexe que ce l’approche psychanalytique le pré-suppose. Je ne doute pas de votre sincérité ni de votre ouverture d’esprit. Mais j’entends trop de choses erronées, non fondées, voire complètement démenties par les recherches actuelles, dans la bouche des psychanalystes auxquels on donne une large audience médiatique qui leur confère une autorité que l’on refuse aux chercheurs en psychologie du développement. Certains poussent même la malhonnêteté à s’approprier des idées résultant de cadres théoriques non-psychanalytiques en les faisant passer pour issues de leurs champs (je fais référence ici à une psychanalyste sévissant dans un service de néo-nat et entendue à la tête au carré il y a quelques temps). Je vous invite cordialement à élargir le champ de vos connaissances au-delà des conceptions psychanalytiques. Vous comprendrez alors pourquoi cette approche doit être reléguée au profit d’autres conceptions théoriques reposant non sur des a priori dogmatiques mais sur des faits éprouvés selon les canons de toute approche scientifique. Loin de moi d’être un adepte du scientisme, mais la connaissance de la construction des personnes est une chose trop sérieuse pour la laisser à des doctrinaires qui contraignent les faits pour les faire coïncider avec leurs pré-supposés. Ce qui marche n’est pas forcément la résultante d’une compréhension dérivée des processus invoqués par les conceptions psychanalytiques, mais bien souvent l’effet quasi placebo de pouvoir donner une explication, même complètement erronée, à l’origine de son mal être.