Il y a évidemment d’autres phénomènes qui jouent, notamment le fait qu’il est plus facile à une mère de famille de travailler en France qu’en Allemagne ou en Italie. Par exemple, parce que les systèmes de garde sont comparativement très développés (crèches publiques, privées, voire d’entreprise, allègements divers pour la garde à domicile, etc). Dans ces pays singulièrement il y a de plus une réprobation sociale contre le travail des mères. En Italie que je connais bien et où il n’y a aucune politique familiale c’est particulièrement net.
Ceci dit il me semble quand même que le quotient familial sous sa forme actuelle est une mesure particulièrement simple, lisible, durable, installée dans les esprits et peu soumise à aléa politique (à part la fixation du plafond), qui envoie un message clair selon lequel il est encouragé de faire des enfants. Ce type de mesure n’existe pas en Italie, et les Italiens font peu d’enfants. J’ai tendance à y voir une corrélation mais je peux me tromper.
afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur les attributions (j’ai des problèmes avec l’utilisation conjointe de l’italique et du gras) ce que dis FB est bien
<début de citation>
(Sur la suppression du quotient familial)... on porte atteinte à
un des principes les plus importants de ce qui a été la politique
familiale de la France depuis la guerre. C’est la seule politique que
nous ayons dans tous le paysage national qui marche et n’est remise en
cause par personne. C’est ce qui donne à la France la capacité d’être le
pays le plus jeune de l’Europe alors que tous les autres autour d’elle
vont être vieux.
(La politique familiale en général repose sur ) ... une idée simple
que il faut que lorsqu’on fait le choix d’élever des enfants on ne
perde pas trop en niveau de vie par rapport au même niveau social de
familles semblables avec des revenus du même ordre.
La définition de la justice sociale et fiscale mériterait d’être élaborée.
Sur la politique familiale, François Bayrou a un discours très clair (en gros et de mémoire, entendu hier sur France Inter) :
(Sur la suppression du quotient familial)... on porte atteinte à un des principes les plus importants de ce qui a été la politique familiale de la France depuis la guerre. C’est la seule politique que nous ayons dans tous le paysage national qui marche et n’est remise en cause par personne. C’est ce qui donne à la France la capacité d’être le pays le plus jeune de l’Europe alors que tous les autres autour d’elle vont être vieux.
(La politique familiale en général repose sur ) ... une idée simple que il faut que lorsqu’on fait le choix d’élever des enfants on ne perde pas trop en niveau de vie par rapport au même niveau social de familles semblables avec des revenus du même ordre.
Quiconque élève ou a élevé des enfants sait bien qu’outre être une source de joies et de tracas les enfants sont en premier lieu une source de coût. Tout coûte plus cher : le logement, les transports, l’habillement, la nourriture, l’équipement, la culture, les loisirs. Lorsque les niveaux sociaux sont différents ces coûts sont différents également. Et sauf à vouloir éradiquer complètement jusqu’à l’existence de classes moyennes et supérieures cette réalité persistera.
Le quotient familial, même plafonné, est le seul mécanisme qui prenne en compte cette disparité des coûts en fonction du niveau social.
Le principe simple énoncé ci-dessus implique que la politique familiale soit être en quelque sorte orthogonale à la politique fiscale. Cela n’empêche pas d’avoir plus de redistribution, et F. Bayrou propose à cet égard deux tranches supplémentaires d’imposition. Les classes moyennes et supérieures paient déjà pour les autres, et ce n’est pas près de s’arrêter... Par contre, il ne faut pas qu’au final avoir des enfants conduise à une baisse du niveau de vie, quel qu’il soit. Ce sera le cas de toute façon (les diverses aides étant loin de compenser les coûts), mais l’objectif de la politique familiale est bien de limiter cet impact.
D’où sortez-vous ce chiffre de 39 parlementaires ? De mémoire le groupe UDF à l’assemblée comptait 30 membres en 2007. Quoi qu’il en soit, 20 sont partis pour créer le Nouveau Centre, J.C. Lagarde les a rejoint ensuite. Qu’est-ce que je gagne ?
Par ailleurs, porter une troisième voie dans un contexte bipolaire est déjà difficile
lors de la présidentielle, mais devient carrément meurtrier
électoralement pour les autres élections si on ne fait pas d’alliances ;
ceci explique bien des défections, surtout vu l’énergie déployée par N. Sarkozy pour dépouiller Bayrou de ses soutiens et l’éradiquer du paysage politique. Ne pas avoir d’élus à ce stade n’a rien d’infamant dans ce contexte.
Sur l’offre politique avec ses forces et ses faiblesses, je vous renvoie à la campagne présidentielle de 2007 où en février il y a un programme PS (les 100 propositions), un programmes complet et chiffré UDF pour Bayrou, et absolument rien chez N. Sarkozy : votez pour moi parce que c’est moi et que j’ai des valeurs. Le programme de NS s’est construit en cours de campagne en fonction de ce qui fonctionnait dans les meetings. Et ça a fonctionné. C’est bien triste mais l’expérience des campagnes ultérieures (législative, municipale, européenne, régionale) montre malheureusement que les programmes comptent bien peu face à l’image nationale des partis et de leurs leaders. Quand des élections locales comme les municipales, en principe les plus ouvertes de toutes, sont traitées médiatiquement comme un match retour des présidentielles il y a de quoi se la mordre...
Sur la prétendue solitude de Bayrou, il faut bien comprendre que sa démarche s’est appuyée depuis 2006 sur les militants et électeurs, mais structurellement au détriment de ses élus, d’autant plus pour ces derniers que N. Sarkozy a déployé une énergie considérable pour dépouiller Bayrou de ses soutiens (création du Nouveau Centre, soutien appuyé à son opposant lors des municipales à Pau, etc). Bayrou a toujours affirmé que la seule élection qui permette de changer les choses est l’élection présidentielle. Porter une troisième voie dans un contexte bipolaire est déjà difficile lors de la présidentielle, mais devient carrément meurtrier électoralement pour les autres élections si on ne fait pas d’alliances ; ceci explique bien des défections. Dès lors le Mouvement Démocrate est en premier lieu une machine de guerre pour porter FB à la présidence, avec un projet plutôt de centre gauche qui sera une des inspirations (et non pas un carcan) du projet présidentiel. Les soutiens extérieurs de poids ne viendront que quand la soupe commencera à sentir bon, mais ils viendront sans aucun doute. Il n’y a aucune ambiguïté là dedans. En fin de compte cette prétendue solitude est plus une force qu’une faiblesse. On verra bien si les électeurs en jugent ainsi.