vous demandez : Où est la critique des maîtres de l’argent dans le discours de Bayrou ? Si vous vous donnez la peine de le lire vous verrez qu’elle est partout. Mais sans doute pas sous la forme que vous voudriez qu’elle prenne, à savoir une dénonciation de facteurs externes comme cause première des difficultés de la France.
Pour FB et depuis longtemps ces causes sont internes, et la stratégie pour en sortir passe par une remobilisation de nos forces plutôt que le maintien d’un statu quo qui se verrait miraculeusement justifié par une évolution du contexte... Nous vivons au dessus de nos moyens, et il faut augmenter ces moyens propres pour maintenir et améliorer notre condition, pas vivre à crédit.
L’avertissement de Raoul Vaneigem doit effectivement pousser à la vigilance, mais la comparaison de notre situation à celle de nos voisins doit, elle, pousser à la lucidité. Si d’autres s’en sortent mieux que nous dans les mêmes conditions, alors on doit s’interroger sur nos propre déficiences.
Pour autant, et si vous vous y intéressez, vous verrez que le projet présidentiel de FB est très attentif aux spécificités Françaises, et qu’il n’y est pas question de singer simplement les meilleurs élèves à l’instant t.
allons allons, morice, vous êtes bien placé pour savoir que les attaques ad hominem desservent en premier lieu ceux qui les émettent
Sur l’école privée, FB a fait son mea culpa il y a déjà bien longtemps de ça. Et contrairement à certains il semble avoir appris et tiré un parti positif de cette expérience. L’audi n’était pas la sienne comme tout le monde le sait sauf vous (sa femme était déjà partie avec la Peugeot, et il est rentré avec un élu). Sur les chevaux, je me demande si vous avec un profil idéal pour un président de la république : ouvrier ? Chômeur ? Cadre sup’ ? Fonctionnaire en disponibilité ? Avocat ?
à la réponse de Marianne j’ajouterais que personne, à part ceux qui ne le découvrent que maintenant, ne prétend que Bayrou est un homme neuf ! Et pour ma part je considère que 30 ans d’expérience en politique (il a commencé en 1982) est peut-être le minimum nécessaire pour prétendre effectivement faire de la politique, qui est l’art du possible par la négociation, plutôt que du dirigisme sur base de com’ et de générosité superficielle, clientéliste et au final mal placée (qu’elle soit « de droite » ou « de gauche », pour ceux qui arrivent à s’y retrouver).
quels sont selon vous les déterminants qui permettent de se situer à
droite ou à gauche ou dans les extrêmes ? Le libéralisme, qui n’est
certainement pas une doctrine assumée par la gauche, a été bafoué par
Sarkozy au profit de la constitution d’une ploutocratie encore renforcée
par l’allègement des droits de succession. La mobilité sociale,
paralysée sous Sarkozy, est menacée par le PS d’un remplacement par un
nivellement systématique des salaires et des conditions. Pour les
frontistes de droite et de gauche la solution passe par la réédification
des frontières et le repli sur soi : bienvenue en Corée du nord...
Où se situe Bayrou dans ce paysage ? Certainement pas au milieu d’une
ligne hypothétique qui joindrait ces ambitions disparates mais devant,
loin devant. Car c’est bien lui qui, après avoir effectué de longue date
des diagnostics dont la pertinence s’impose maintenant à tout le monde,
propose une vision et un projet de reconstruction tellement clairs,
complets, cadrés dans la durée, situés dans le contexte européen et
mondial, et par dessus tout cohérents, que c’est lui qui impose la
dynamique de campagne pour l’ensemble des candidats. Il a commencé avec
le produire en France et ses déclinaisons, et va poursuivre avec
l’éducation, la formation, les refondations nécessaires du pacte social
et du contrat républicain...
Son discours de clôture du
premier forum de l’agenda 2012-2020, consacré au thème Produire,
a duré plus d’une heure et ce n’était pas trop pour balayer toutes les
facettes de ce thème. On est loin des duels de petites phrases, et
personne ne peut prétendre qu’il n’y a pas de substance dans son projet.
Si Bayrou a raison quand il prétend que la campagne va se faire sur
le fond, alors je crois qu’il n’a pas de souci à se faire. Évidemment
cela demande que les électeurs ouvrent les yeux et les oreilles, mais
pour ma part je garde espoir en mes contemporains
Le vrai délire consisterait à reconduire encore une fois la bipolarisation droite/gauche qui nous a conduit là où nous sommes. Si FB était élu, il est vraisemblable que ni l’UMP ni le PS n’y
survivraient sans dommages, et ce serait une bonne chose. Le Mouvement Démocrate non plus d’ailleurs,
qui serait sans doute refondé en un nouveau mouvement, dans lequel se
reconnaîtraient sans aucun doute la plupart des centristes actuels, plus
nombre de modérés de droite comme de gauche.