Bonjour Fergus, sans entrer dans les détails juridiques qui varient selon les catégories de population et les zones, avant même cette décision, la justice appliquée aux Palestiniens n’est pas la même que pour les Israéliens, si ces derniers ont droit à une justice normale, les Palestiniens sont soumis à une justice administrative et militaire, c’est à dire qu’ils n’ont pas droit à des procès équitables, qu’ils peuvent être retenus indéfiniment sans connaitre ce qu’on leur reproche, soumis à des mauvais traitements, et que cela concerne également les enfants.
Dans le système juridique militaire il n’y a pas de séparation des pouvoirs, législatif, juridique et politique sont concentrés entre les mains du commandant militaire de la région.
Pour exemple en Cisjordanie les colons ont affaire à la justice civile, les Palestiniens à la justice militaire.
Certes la religion est une affaire intérieure, mais dès qu’il y a une collectivité l’aspect organisationnel, disciplinaire, puis politique intervient.
Cependant il y a plusieurs modes d’organisation, on peut dire que le christianisme en a trois, centralisme avec le catholicisme, multipolaire avec l’orthodoxie (qui correspond au stade des grands patriarcats) puis plus décentralisé et « démocratique », mais allant vers l’éclatement, encore l’évangélisme, éclatement c’est à la fois éclat lumineux et dispersion, perte.
Dans l’islam la centralité est exprimée par trois concepts différents, l’unité divine, al ahad, l’un , qui serait celle du point, et qui a un centre de gravité unique, correspondant bien à une organisation extérieure de type hiérarchique, et l’unicité, al wahîd, qui est la présence divine dans la multiplicité, qui n’a pas besoin d’un centre unique, on peut dire aussi que chaque individu dans sa singularité est aussi un reflet de l’unité divine, ici il y a un troisième nom divin, al fard, qui est la singularité, singularité des êtres, des événements, aucun n’étant strictement reproductible. et témoignant à sa façon du mystère.
Il y a un livre, il y en a d’autres, celui ci est célèbre, qui bien que romancé décrit très bien les deux périodes, celle de la Révolution Culturelle et celle de l’enrichissement capitaliste
"A travers ce couple de “faux” frères, c’est près d’un demi siècle
d’histoire chinoise qui défile sous nos yeux, des années 1960 et 1970,
marquées par la répression morale et les atrocités politiques, à
l’époque contemporaine, où les énergies individuelles se libèrent dans
un désordre épique. Le “loser” et le “battant” résument à eux seuls une transition vécue par des millions de Chinois dans la fièvre et le désarroi".
Des comme Brothers passent par une censure éditoriale en amont : l’éditeur doit obtenir une autorisation de publication. Certains passages jugés trop sensibles (violence politique, sexualité, satire trop explicite) peuvent être modifiés, atténués ou supprimés.
Ensuite, il y a une pression diffuse : les auteurs savent qu’ils ne doivent pas franchir certaines lignes (critique frontale du Parti, événements comme Tiananmen Square protests of 1989). Yu Hua joue souvent avec cette limite, en utilisant l’humour, l’exagération ou le grotesque pour contourner les interdits.
Il peut aussi y avoir des restrictions de diffusion : tirages limités, promotion discrète, ou absence dans certains circuits officiels si une œuvre dérange.
Enfin, la réception en Chine peut être encadrée : critiques prudentes, débats limités. Mais contrairement à des auteurs plus directement politiques, Yu Hua reste publié, lu et relativement toléré, car sa critique passe par la fiction et la satire sociale plutôt que par un discours explicitement dissident.
Par ex en ce moment, fête du « balayage des tombes », plusieurs jours de congés nationaux.
"Mais que fait-on au juste ce jour là, à part balayer les tombes, signe
de piété filiale ? Eh bien tout d’abord, on offre les fleurs pour honorer
les ancêtres et ensuite on prie, on fait bruler des encens mais aussi
de l’argent en papier, censé assurer prospérité des ancêtres dans
l’au-delà"
De plus il y a quantité de superstitions ou de croyances ancestrales dans la vie quotidienne, les étudiants vont brûler de l’encens pour réussir aux examens.
C’est autant ou plus chinois que conforme à des modèles comme le marxisme, d’abord li faut comprendre l’immensité et la diversité du territoire, le rôle différent du local et du national, le local est encore marqué par des habitudes ancestrales de connivence, de liens divers et le national est aussi conditionné par l’origine des clans du gouvernement central..
La rapidité extrême des changements, notamment sociaux, l’effondrement du modèle familial traditionnel, oui il y a des références marxistes, mais en dessous le modèle impérial est toujours dans les têtes, les superstitions toujours vivantes, et maintenant le regain d’intérêt pour la spiritualité, à la fois pour les modèles importés « new age », mais surtout pour les formes chinoises, bouddhisme et taoïsme, qui s’accommodent d’ailleurs très bien avec une vision matérialiste, ainsi, mais en privé seulement les dirigeants sont intéressés par ce qui est chinois dans la religion et qui est aussi un pont culturel avec les autres pays asiatiques.