C’est un peu comme ça : Il y a plus de mille ans, Han Qi — Chancelier de la Dynastie Song du Nord — a assisté à la destruction de sa coupe en jade blanc la plus précieuse lors d’un banquet. Sa réaction ?
Tradition catholique classique : analyse des pensées, peur du péché, logique de confession (traités comme ceux d’Alphonse de Ligori).
Judaïsme : organisation de la vie conjugale : équilibre des droits (notamment de la femme, intégration dans le quotidien (sources Talmud, Shuldan Aruch)
Islam : cadre moral + conseils pratique, reconnaissance explicite du plaisir, approche assez directe (sources hadiths, Al Ghazali).
On parle beaucoup du droit des femmes à refuser les rapports sexuels, du viol conjugal, mais il y a eu des traités volumineux et précis de théologiens qui légiféraient dans ce domaine, la femme avait l’obligation d’obéir à son mari et à ses désirs, sinon c’était une faute morale, le mari avait aussi des obligations mais pas autant. Bref il y avait un catalogue des fautes à l’usage des confesseurs (la confession était une obligation au moins annuelle).
Que ce soit dans le judaïsme très précis sur ce point et n’hésitant pas à mentionner les détails corporels, ou dans l’islam,la sexualité n’est pas vue négativement, même si le but principal est la procréation, le plaisir est une bonne chose, une bonne action en islam (avec sa femme),la vision de la sexualité était (parlons au passé, il y a eu des changements, contraints ou non ) bien moins névrotique.
Pour avoir une idée de la formation des prêtres et de la relation avec la sexualité auparavant, il faut lire « Prié de me taire », de Gérard Loizeau, c’est une époque qui parait oubliée, mais qui peut expliquer certaines mauvais souvenirs et névroses de ceux qui ont fréquenté les écoles catholiques. Si les prêtres étaient soumis à ce régime, on se demande comment certains prêtres arrivaient à être presque normaux et ouverts dans la relation avec leurs paroissiens (et surtout paroissiennes). C’était la peur qui dominait, la crainte du péché, plus tard la formation a changé et est devenu plus ouverte.
La sexualité était un danger, le futur prêtre devait en permanence surveiller ses pensées, les avouer, surveiller se gestes, ses paroles. Pour le catholique ordinaire c’était la même chose, la sexualité n’existait pas, on savait que c’était lié au péché, mais on ne savait pas exactement ce que c’était, il y avait un silence.