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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 12 mars 2011 22:49

     L’institut aurait effectivement pu mentionner les NSP mais ça n’aurait pas changé grand chose. Le public aurait considéré la masse des NSP comme neutre et n’aurait focalisé que sur ceux qui se sont prononcés.

    Ce que je trouve, qui aurait été plus important à mon sens, c’est que l’institut n’a pas proposé une extrapolation en disant "voilà le résultat pour le choix entre seulement 3 candidats et partant de là, s’il y a au premier tour Arlette, Besancenot, Duflot, etc, voici à peu près ce que ça donnerait.

    Il se pourrait qu’avec un panel de 10 candidats au 1er tour, l’ordre des Sarko, Lepen, DSK devienne inverse.

    Je me demande bien pourquoi cet institut n’a pas fait carrément un sondage avec un premier tour comprenant 10 ou 12 candidats puis un second tour avec les deux premiers




  • easy easy 12 mars 2011 22:09

    Victime
    Je vois ce mot apparaître et j’ai trop envie d’en parler.

    Passons sur « victime de tremblement-de-terre » . Passons sur les catastrophes naturelles.

    Allons plutôt sur les catastrophes individuelles non méchantes (décès accidentel ou par maladie ou par vieillesse d’un être cher et indispensable) et sur les catastrophes individuelles d’origine méchante ou répressive (coup de poing dans le nez, viol, vol, prison, torture..). Dans tous ces cas, puisque la personne se retrouve à subir et à subir quelque chose de pénible, le qualificatif de victime peut s’appliquer à elle, si l’on est très large.

    Cette victimisation (dans le vocabulaire en tous cas) est si large que finalement, tout individu peut se dire victime, sinon d’un voisin teigneux ou du fisc, au moins de moustiques, de grêle ou de virus. Ca dévalorise ou vulgarise tant cette désignation, ce titre, qu’il ne vaut plus grand chose aux yeux de la personne qui aurait bien besoin d’énergie pour se relever.

    Ainsi, quand bien même on reconnaîtrait à la victime d’une arnaque son statut de victime, ce n’est pas cela qui va la consoler.

    Je sais pour l’avoir entendu mille fois comme vous qu’il se dit que la reconnaissance du statut de victime vaut à celle qui en bénéficie, une délivrance.

    Hélas, on a bien vu que la personne effondrée se sentait coupable alors on a eu le réflexe de considérer que le statut de victime (qui semble valoir sens inverse) la sortirait de sa culpabilité.

    On est allé trop vite. Ce n’est pas la culpabilité qui a poussé Primo Lévi ou Leslie Cheung à se suicider. Leur accorder le statut de victime ne les aurait aidés en rien. Etre déprimé ce n’est pas se sentir coupable. On peut se sentir très coupable et l’être vraiment, tout en ressentant fortement le droit et même le devoir de vivre (Cf Mission)

    Ce qui nous mine le plus c’est l’impression que nous n’avons pas droit à une place sur Terre. C’est cela qui nous donne l’envie d’en partir, le plus vite possible.

    Se sentir à sa place sur Terre, voilà le truc important qui doit venir des parents et si possible de l’environnement proche. Car les plus lointains émettent très souvent des messages qui nous disent « Casse-toi pov con » ou « retourne à la mer ». Yaka voir sur ce site.

    Et à force d’entendre des « Casse-toi’ on est cassé. Surtout si l’on n’a pas été très bien accueilli par ses parents, par ses proches. Surtout si l’on trimbale depuis l’enfance un doute sur notre bonne place en ce monde.



    Chaque village pourrait afficher »Bienvenue à tous« en lettres gravées dans l’airain ou le marbre, à ses entrées.
    Aucun village ne le fait.
    Lorsqu’une banderolle annonce à peu près ça, elle limite la période ou restreint l’accueil à une cible particulière. 

    Chacun tient à pouvoir rejeter qui il veut quand il veut. Chacun tient à pouvoir trier, sélectionner, discriminer.

    Jamais une commune ou un pays ne s’engage à faire tout le temps bon accueil à n’importe qui.

    Chacun de nous comprend, vers 15 ans, qu’il n’est jamais bienvenu partout et tout le temps. Les rares qui se sentent bourrés de trésors peuvent considérer qu’au vu de ce qu’ils apportent ils seront forcément acceptés tout le temps et partout, mais ceux qui se sentent les mains vides en doutenbt. Et celui qui doute déjà d’être le bienvenu, s’il entend une seule fois »Casse-toi« , il peut s’effondrer.

    Comment un psy pourrait-il relever à lui seul un individu qui ne se sent pas le droit de vivre, alors que ce qui compte le plus pour chacun de nous c’est l’accueil que nous réserve ou que nous promet le genre, la classe, le clan, le village, le peuple, la masse ?

    Nous le savons très bien que c’est l’accueil de la masse qui nous importe puisque nous lançons non pas »Je te trouve con« mais »T’es con«  ; nous ne lançons pas »Je ne veux pas de toi« mais »On ne veut pas de toi« . Dans toute attaque, nous cherchons à ruiner profondément l’autre. Alors nous gonflons notre importance, notre autorité, nous nous faisons boeuf et nous insultons au nom d’un »On« valant »Nous tous".
     
    Examinons les insultes, leur construction, leur mécanisme et nous saurons tout de l’Homme. 



  • easy easy 12 mars 2011 19:51



    Salut Kalevala,

    «  »«  »« Ce serait pas plus tôt fatalisme qui faudrait comprendre ? »«  »


    Je me trouve à répondre avant Hommelibre. Qu’il veuille bien m’en excuser.

    Le fatalisme est tout à fait substituable à résilience dans le cas des catastrophes naturelles.
    C’est preque la même chose.

    Il pourrait y avoir une petite différence.
    Le fatalisme à lui seul, irait à considérer d’abord qu’il n’y a eu de méchanceté de la part de personne, pas même de Dieu. C’est un point très important qui laisse intact le droit de se relever. Mais cela n’implique pas que le sujet profite de ce droit ouvert pour se relever ; Le fatalisme ne conduit pas forcément à la reconstruction. Il peut même souvent conduire à considérer que « Bon, puisque c’est tombé, laissons tout ça en tas et allons plutôt taquiner le gardon »


    La résilience indique un ressort, une dynamique de reconstruction. Et contrairement au fatalisme, il ne semble pas qu’on évoque la présence ou non de méchanceté (humaine ou divine). Dans la résilience, que le sale coup soit venu du ciel ou d’un Peau-Rouge, on se relève et on rebâtit. Dans l’acception de la résilience, on ne se contente pas d’accepter la ruine, on reconstruit.

    Etant entendu qu’une résilience à une grosse catastrophe naturelle s’établit aisément alors que la résilience à une toute petite méchanceté humaine est très difficile à établir. 



  • easy easy 12 mars 2011 19:00

    On sort du sujet Japon mais bon, résilience en titre oblige.

    Je dirais de la résilience comme Hommelibre à des poux près.

    Le côté inné de la résilience, de l’intelligence ou de la sensualité, je ne regarde pas (pas possible de se faire une idée sûre) mais le côté acquis de l’intelligence, de la sensualité, de la résilience, j’y crois.

    Et l’acquisition de la réslience se fait chapitre par chapitre, sujet par sujet, question par question. On peut, par notre vécu, être très résilient à un coup de poing mais pas à une insulte, ou être résilient à l’inverse. Un Japonais peut rester courageux après un tremblement-de-terre et être déprimé parce que son patron l’a traité d’incapable. 

    Oui, les Japonais sont résilients aux tremblements-de-terre, d’autant qu’ils ne peuvent être imputés à la pollution ou au réchauffement climatique. Mais cette résilience va de soi. Les TDT ont toujours été considérés par la Japonais comme consubstantiels à leur terre, et à force, à leur peuple, à leur culture. Tout en tient compte (maisons légères) 
    Aucun drame consécutif à un TDT ne peut être mis sur le compte d’une inconduite et c’est au contraire le courage à se relever de cette adversité partagée par tous au même moment, au même endroit, qui révèle la bonne conduite de l’individu. 

    N’importe quel peuple, avec n’importe quel génome, serait installé sur ces îles depuis des millénaire, ses gens seraient aujourd’hui aussi résistants aux cataclysmes que les Japonais.


    Mais Hommelibre reprend le poncif selon lequel pour porter une part intrinsèque de résilience, il faudrait avoir été aimé dans son enfance. 
    On ne peut pas tirer quoi que ce soit de sûr, de mesurable, de reproductible ou de prévisible d’une telle assertion et on pourrait donc aussi bien affirmer le contraire.

    S’il y avait à dire quoi, du duvet ou de la pierre, est plus formateur de la résilience, j’irais certainement à répondre que c’est la pierre.

    Mais ça dépend tout de même de quelques points d’articulation
    . Par exemple, Rudyard Kipling avait dit à son fils de 15 ans « Si tu te relèves de mille turpitudes, tu seras un homme mon fils » Face à cela, son fils devait trembler de la perspective de ces terrifiantes épreuves à traverser debout pour mériter d’être appelé homme par son père. Terrifiant. Il n’a d’ailleurs pas eu le temps de tester beaucoup la vie. Mais s’il avait survécu à la première guerre mondiale, s’il avait vécu plus longtemps, chaque fois qu’il se serait sorti d’une épreuve, il se serait dit que son géniteur était fier de lui. Ce qui encourage à ce jeu de résistance.

    Tandis qu’Hervé Bazin pouvait considérer, au contraire, que sa mère aurait été contrariée qu’il se relève de turpitudes. 

    Se relever de décombres oui mais pour qui et de quel droit ? (Ce droit étant donc très altéré quand on a des géniteurs qui semblent regretter de nous avoir chiés (c’est bien le terme qu’ils utilisent alors) 

    Mais là encore, des circonstances externes marquées peuvent influer plus que les géniteurs sur notre libido vitalis.

    Martin Grey, Juif en galère de Varsovie, s’était relevé de mille turpitudes y compris après la guerre. Mais c’est pendant le gheto qu’il avait construit sa détermination. Si ses parents ne l’avaient pas encouragé à lutter, ses coreligionnaires l’auraient fait. Il a donc pu se sentir un devoir de résister ordonné par sa communauté. 

    Primo Lévi pareil, qui a tant écrit, après la guerre et son passage en camp, qu’il fallait se relever. Mais va savoir pourquoi, il a fini par se suicider quand même. 

    La résilience c’est sujet par sujet et moment par moment, conjonction par conjonction. 

    Et quoi qu’il en soit, la résilience aux TDT, par un peuple qui en a l’habitude, c’est la moindre des résilience. Il n’y a aucune performance individuelle ou collective là-dedans.

    Leur résilience aux deux bombes serait plus étonnante m’enfin, ça avait beaucoup de similitudes avec un TDT. 

    C’est leur résilience globale (à l’échelle du peuple) face à leur défaite de 45 qui ressort comme étant remarquable. Idem pour les Allemands et les Italiens. Voilà des peuples qui n’étaient pas du tout nés pour se retrouver à genoux et qui se sont tout de même relevés de cette humiliation. 

    Mais n’est-ce pas le propre de tous les peuples de toujours se relever ? 
    Quel peuple au monde aurait déprimé, se serait suicidé ? 
    Quel peuple a baissé les bras ? 

    Un peuple est automatiquement résilient. Et plus l’individu est socialisé, plus il profite de la résilience de son peuple.

    Se relever est nettement moins évident pour ceux qui se sentent exclus ou rejetés à la mer.



  • easy easy 12 mars 2011 17:45

    «  » Nos larmes pour le Japon.«  »

    « Euh, vous zauriez pas des écopes et des éponges plutôt. Paske l’eau salée, ça va, on a été servis ! »

    Sans dec, c’est de linge sec et d’eau douce dont ils vont avoir besoin.


    Je me demande si depuis Marseille, vous auriez eu l’idée d’un appel aux larmes.

    Quand un drame de ce genre se produit quelque part, le reste du monde, Vatican compris, ne fond jamais en larmes. Face au drame d’inconnus, et c’est cela qui fait toute la force du secours efficace, personne ne pleure mais court plutôt aux pelles, aux éponges, aux seaux, aux pansements, aux levées de fonds et aux sandwichs. 

    Les larmes c’est quand on est désarmé, quand il n’y a plus rien à faire.

    C’est peut-être parce que vous êtes sur les lieux du drame indonésien de 2004 et aussi parce que vous vous y sentez isolée, sans votre habituelle logistique et fragilisée, culpabilisée par la présence d’un fils pris dans la tourmente japonaise, que faute d’avoir pu y faire quoi que ce soit, à l’époque, vous n’avez plus que le réflexe de pleurer sur l’Indonésie de 2004 et, par transfert maternel, sur le Japon. Et encore est-ce une image car vous n’avez pas réellement versé de larmes n’est-ce pas ?

    En tous cas, ce qui vous arrive, Ariane, avec ce mélange entre Banda Aceh que vous pleuriez hier et le Japon qui se noie aujourd’hui alors que votre fils s’y trouve, les décalages horaires en + dans un sens, en - dans l’autre, la montée d’angoisse, tout cela est assez exceptionnel du point de vue des circonstances. Il y a là tout ce qu’il faut pour s’emmêler les pinceaux.
     
    Ne parlons plus des lignes.



    «  »«  »"
    Nos cœurs sont étouffés de ce malheur qui est le nôtre.

    Car telle est cette sensibilité humaine qui nous ouvre à toutes les joies et à toutes les peines. Nous sommes les plages de toutes les vagues.

    Et aujourd’hui nous sommes noirs de boue.

     

    Nos larmes et notre compassion, tout notre amour pour toi, Japon !

    Courage soleil levant !
    «  »«  »«  »


    Une mère d’ici voudrait déclamer son amour à son fils vivant au Japon, mais le dire par procuration, elle écrirait à peu près ça, il me semble.

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