• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

easy

easy

59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 21 3431 838
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 230 126 104
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 13 mars 2011 10:39

    Bonjour JL,

    Là, au travers de ce que vous me dites, j’ai l’impression que vous parlez d’empathie sans l’éprouver.



  • easy easy 13 mars 2011 10:30

    Je trouve cette chanson valable, son illustration aussi.

    Suggestions ?
    Allez, suggestions :

    Un clip c’est en principe de la poésie. Il faut donc trouver des biais poétiques non seulement dans le texte mais aussi dans les images. Celles de Match ne sont pas poétiques.

    Le letimotiv « Novembre noir » est prononcé sur un ton las et c’est logique. 
    Vous pourriez dire ce leitmotiv sur un tout autre ton pour rompre la monotonie d’ensemble, par exemple en le hurlant, en le hululant ou en le pleurant à la façon de Mickael Jackson.

    Puisque vous illustrez avec des chevaux, vous pourriez installer un rythme sonore évoquant à la fois le galop et le battement cardiaque. Un galop c’est 4 claquements de sabots, un silence puis 4 autres claquements de sabots. Et ces deux masses, c’est à peu près deux diastoles.

    Il y a aussi le bruit de la puie qu’on pourrait entendre d’une certaine manière.



  • easy easy 13 mars 2011 09:59

    Bin voilà Hommelibre, je partage exactement le même point de vue que vous.

    Nous nous trouvons maintenant amenés à évoquer l’endroit physique. Il semble que pour résoudre cette constante menace d’être chassé de Terre, il faille un territoire où l’on aurait des droits inéliénables.

    Mais en amont, il faut le rappeler constamment, cet endroit aurait pu n’être que virtuel. Ce dont chacun de nous a besoin dès sa naissance c’est d’un sanctuaire métaphysique. Ce n’est que faute de l’obtenir qu’on en vient à essayer de se construire une armure d’acier, un sanctuaire physique donc un territoire, une citadelle.

    J’aimerais bien qu’un grand connaisseur des questions juives et tziganes me dise s’il y avait, chez ces peuples sans territoire, des expressions ou les mots permettant de dire à un groupe, à une masse, « Vous êtes des nuisibles, vous devez disparaître » 



  • easy easy 13 mars 2011 09:33

    Bonjour Ariane,


    Je prends acte que ça fait bien la cinquième fois qu’une femme me dit à peu près ça.


    D’expérience, je n’ai jamais, absolument jamais vu des gens pleurer avec de vraies larmes (car sinon je ne sais pas ce que veut dire pleurer) autour de la mort d’inconnus. Et encore moins en masse.

    Inversement, j’ai vu des gens pleurer en masse, avec de vraies larmes donc, autour d’une dépouille qu’ils connaissaient (leur père, leur enfant, leur roi, leur parrain, leur dictateur...)

    En raison de ce vécu, apparemment insuffisant, les appels ou les récits de pleurs massifs autour de la mort d’inconnus, me semblent devoir être interprétés, et non pris au premier degré. Alors j’interprète et à chaque fois, on me dit que je me plante.


    Il y a une exception de taille à ce que je viens de dire. J’ai vu des pleurs massifs, j’y ai participé, autour de la mort d’inconnus torturés, donc autour de la torture, autour de la cruauté plus exactement. J’interprète et je pense que les larmes, l’envie de vomir, la colère, traduisent le deuil qu’on se trouve forcé de faire de la gentillesse des gens. Face à des preuves ou des témoignages de torture on doit enterrer notre « voisin qu’on croyait gentil »


    Par ailleurs, dans les églises ou les mosquées, quand il y a une prière adressée à des victimes de catastrophes, je vois des gens se recueillir sans pleurer. Ne pleurent que quelques personnes que je considère comme ayant des proches au nombre des victimes.

    Les larmes en masse, au fond, c’est si rare que même pour des morts de proches, il faut payer des pleureuses pour en obtenir. Ce qui signale au passage que les femmes sont plus facilement productives de larmes que les hommes.

    Je fais mon garçon dites-vous.

    Ouais, forcément.

    Fondamentalement, je n’ai jamais vu une femme verser la moindre larme par amour ou compassion ou pitié pour moi. Par contre je me suis vu pleurer mille fois sous les coups de rotin que mon père assénait de son initiative ou sur la demande de ma mère.
    Une fois, une seule fois j’ai vu un de mes parents pleurer d’amour sur un de ses 4 enfants. C’était mon père, c’était sur sa fille de 2 ans et c’était parce qu’elle était partie en France et qu’il ne la reverrait plus.

    Le fait d’avoir vu au moins une fois dans ma vie, mon père pleurer d’amour pour quelqu’un, en l’occurrence sa fille, a été capital pour moi. De là, je pleure très facilement d’amour pour ma fille. Et par extension laborieuse, pour mes fils aussi. Pour personne d’autre.

    Ma mère pleurait souvent, sur son sort. Elle hystérisait à la vue des serpents, crapauds et autres grouillants asiatiques. Et elle me chargeait de les tuer. Très jeune, ma mission consistait à voler au secours des femmes qui pleuraient ou hurlaient pour occire quelque « sale bête ». Très tôt je devenais donc logisticien et je voyais dans les larmes des femmes une charge, une accusation et une condamnation de ma petite personne, du garçon que j’étais.

    Depuis, quand il y a un drame, j’interviens, je ne pleure pas ; je ne dois surtout pas pleurer pour rester efficace, pour avoir la vue nette. Une tempête ravage ma ville, je charge ma camionnette de matériel de secours et je maraude dans la ville. Et le soir, épuisé, un ami jouant une gnossienne ou gymnopédie de Satie, loin de ma fille, je pleure, le visage à ras de la vitre et tourné vers le parc.
    Je pleure seul et l’essentiel de mes larmes vont à ma fille.

    Et moi, à votre place, là-bas en Indonésie, rappelé par sa catastrophe, interpellé par celle du Japon, j’aurais ma fille sur cette île à l’envers, je serais dépité d’être loin de mes échelles, de mes pelles et de mes cordes, je pleurerais d’amour pour elle et je pense que ça se verrait au travers de mes posts.

    Voilà comment je suis devenu, comment je fais mon garçon.


    Mais pour vous, il en va donc tout autrement. Je suis désolé de m’être trompé.









  • easy easy 13 mars 2011 00:18

    @ Annie,

    Pardonnée sans problème.

    Le cas des gens affamés par les nazis ou obligés de vendre leurs parents pour échapper à la mort est spécial. S’ils survivent, ils portent une culpabilité qui les mine. Ca semble bizarre à beaucoup.
    Similaire, mais plus curieusement encore, pour ceux qui échappent à un attentat à la bombe alors qu’il y a eu vingt morts autour d’eux.

    Mais on voudra bien relever qu’un rescapé d’explosiion accidentelle ne ressentira pas cette étrange culpabilité (s’il ne doit pas sa survie à la mort d’un autre ou s’il n’a pas perdu un amour dans ce drame)

    En effet, quand on survit à une méchanceté (camp nazi ou attentat) on ressent une très pénible culpabilité mais si elle semble curieuse ou paradoxale c’est parce que son véritable ressort est là où je l’ai dit, à savoir dans le sentiment peut-être inédit, peut-être récurrent mais en tous cas très fort que des gens ne veulent pas de nous sur Terre et que nous devons en partir. Coupable de ne pas partir quand on nous l’ordonne.

    C’est parce que les psy se trompent et y vont du « je vous assure que vous êtes victime et non coupable » qu’ils mettent tant de temps à guérir ces rescapés. Et c’est au fond par leur bon accueil tout bête qu’ils soignent. On peut guérir n’importe qui en lui démontrant qu’il est le bienvenu sur Terre, en lui parlant aimablement. Et mieux encore, en le convainquant qu’on ne changera jamais d’avis.



    A part ces cas spéciaux, les cas plus courants sont donc les cas de dépressions comme celle de Jacky Cheung et des millions d’autres qui se suicident sans jamais avoir été des survivants de camps ou d’attentats. Mais cette énorme masse de déprimés partage avec les rescapés de méchancetés le fait qu’ils ne se sentent pas non plus les bienvenus sur Terre et qu’on les préfère morts ou au fond d’un trou.

    Stefan Sweig, Juif, découvre non seulement l’inanité ou folie de la guerre, mais aussi la montée de l’antisémitisme et les ghettos. L’Allemagne était un pays où un Juif pouvait se sentir chez lui mais pas majoritaire. Tout Juif, même très sûr de lui, devait forcément considérer qu’il n’y était pas le bienvenu et qu’il ferait mieux d’en partir si possible. Mais Stefan, comme d’autres Juifs, découvre avec horreur que l’antisémitisme n’est pas confiné à l’Allemagne. Il existe même en Angleterre, même aux EU, même en France, etc. Il y a de quoi déprimer et il déprime. Si vous tenez au lieux commun de la culpabilisation alors va pour « il se sentait coupable de vivre »

    Que fait-il ? Il quitte l’Autriche et part au Brésil, avec sa femme. Il est donc à l’abri. Et il ne mange le pain d’aucun prisonnier de camp. Mais il apprend par la presse la progression, les victoires du camp nazi. Pacifiste, constatant la guerre partout, convaincu qu’au fond quasiment tous les gens sont antisémites, ne se sentant plus du tout le bienvenu sur Terre, il se suicide. Et sa femme aussi.



    Quand les gens se suicident ce n’est pas parce qu’ils se sentent coupables. La culpabilité n’a aucun rapport avec la mort, elle ne renvoie pas à la mort. C’est la sanction de la culpabilité qui envoie éventuellement à la mort. La sanction. 

    La culpabilité est liée au fait ; j’écrase un chien, je suis coupable de l’avoir tué, rien ne dit encore que je dois donc mourir. Rien. 
    La sanction est énoncée par des tiers et elle est subjective, culturelle, liée au temps, au contexte etc.
    C’est la sanction qui envoie à la mort. Avec torture et mille humiliations avant pour bien faire le compte.


    Les Nazis pouvait très bien se contenter de dire aux Juifs qu’ils étaient nuls, point. Mais ce n’est pas cela qu’ils ont fait. Ils ont dit « Vous êtes nuls et même nuisibles, vous devez donc être traités comme des cafards » Ils ont énoncé une sanction.

    Et dans un attentat c’est pareil ? Quelque part il y a un groupe de gens qui ont dit « Ils doivent mourir » et c’est ce message que les rescapés ont entendu à s’en faire éclater les tympans.

    Dans un attentat d’ambassade américaine, il y a 30 morts Américains et les rescapés US se sentent coupables. Mais le Chinois qui passait par là et qui s’en est tiré, quand il a compris les objectifs des tueurs, quand il a compris qu’il n’était pas du tout visé, n’a pas du tout culpabilisé.
     

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv