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Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 28 septembre 2010 17:30

    Oooops, pardon pour le lape suce, en effet Salsabil !

    Depuis Platon et ses suiveurs, l’athlon le plus pratiqué par les mâles occidentaux est le verbathlon.

    Qu’on verbalise en toute socratitude, pourquoi pas. Mais à condition de poser toujours en préambule le fait qu’on dissertathlone, rien de plus. 
    Ce préalable étant constamment oublié, discourir passe alors pour être la panacée, la solution à tout. 

    A la limite, que les rhétoriciens s’ennivrent de leurs moulinades, entre eux et sans interférer avec les taiseux, ça ne serait pas bien grave. Hélas, de joute en joute, les coqs du verbe en viennent à croire qu’ils détiennent la vérité par la seule abondance et virtuosité de leur discours. Et comme il s’agit pour eux de se faire valoir par cette cef du pouvoir, ils ont besoin de casser le discours de leurs concurrents. On aboutit alors très vite à l’hypercritique et on peut voir des théologiens ou exégètes ferrailler comme s’il en allait de l’avenir de l’humanité pour établir le sexe des anges, la Trinité ou le couche d’ozone. 

    A partir de le seule adresse verbale, de leur seule capacité à défaire la parole de leurs adversaires, les plus doués deviennent des références morales, des autorités.

    La conséquence la plus grave à mes yeux c’est que les taiseux ou les maladroits du verbe (au rang desquels il faut compter les analphabètes, les étrangers, les simples d’esprit...) leur sont soumis jusque dans les faits et gestes les plus naturels.

    Qu’une ignare ou muette se mette à jouir en compagnie d’un imbécile ou d’un aborigène et devant ces docteurs de la parole, elle sera censurée, dénigrée et traitée de bête.

    Qu’une femme écrive ce qu’elle ressent de manière très simple et elle sera systématiquement incendiée par les Zemmour du moment « Beaucoup trop simple, donc inutile, chère madame »

    Il faut donc jouer du maître instrument, du verbe donc, comme Ariane Walter, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Claire Bretécher ou George Sand l’ont fait, pour résister un peu au rouleau compresseur des marathioniens du verbiage.


    Alors je m’interroge.
    Est-ce que l’apprentissage du discours socratique par le Séminole, le Massaï et l’Inuit, indispensable pour faire valoir leur intelligence et leurs droits auprès des Occidentaux, est réellement un bien ? Est-que les femmes y gagnent vraiment à prendre à leur tour la parole ?

    Est-ce qu’une Ipathie a eu vraiment raison de soutenir le verbathlon en le pratiquant aussi ?

    Ou comment faire valoir ses droits face à n’importe qui lorsqu’on ne sait pas jouer au méta jeu du verbe ? 


    En 10 000 ans, les Occidentaux et les Perses ont fait du verbe qui n’était au départ qu’un outil, leur arme suprême. 




    Il y a certes la beauté. Mais elle ne l’emporte sur le verbe que lorsqu’elle est exceptionnelle.
    Et il y aussi le sexage. Heureusement accessible à quasiment tout le monde.

    Quand on suce, quand on lèche, on se tait enfin ; on redevient bête.
    Il est donc logique que les grands prêtres du verbiage dénigrent cette parenthèse ou ne lui consentent qu’un strapontin.
    (A ce titre, ce qui avait fait très fort dans la série Emmanuelle, c’était son fauteuil. L’Occident découvrait enfin que l’amour charnel pouvait trôner)



  • easy easy 28 septembre 2010 11:39

    Consommer est devenu tabou ou plutôt repoussoir.
    Encore un effort en ce sens et manger aussi deviendra un repoussoir.
    Cette attaque contre notre nature est absurde et traduit l’état de panique morale dans laquelle nous nous retrouvons (d’une part à cause de notre présence écologiquement pesante, d’autre part à cause du comportement de nos chefs-représentants)

    Fondamentalement, toute vie sur Terre se consume. L’homme en a conscience. Il sait qu’il brûle sa vie et que ça ne peut pas durer indéfiniment. Il y a donc en tout ego bien compris, le sentiment qu’il sacrifie sa vie. Reste à donner un sens à ce sacrifice et un des premiers consiste à considérer que la reproduction est une justification. C’est une justification qui apparaît être un ouroboros depuis qu’il se dit qu’on est trop nombreux. Reste alors à dévoyer le concept initial et à l’envoyer vers le sexage-pour-le-sexage, pour le pur plaisir physique partagé, sans procréer. La notion de partage, avec le secours de la générosité ou de l’altruisme, offrant alors une possibilité d’ériger ce concept en éthique et en esthétique.


    Et si chez certains l’esthétique est dans la finesse des traits d’une sculpture ou dans son équilibre ou dans son audace, elle est pour d’autres dans la quantité, dans la vitesse, dans la performance physique. Businessathlon, décathlon, sexathlon, caressathlon, bisouthlon, érosathlon, épilathlon, piercingathlon, flemmathlon...

    Je ne vois pas de mal à discuter de la consommation, à dire que son excès provoque une inflation ingérable, comme pour tous les excès. Mais dénigrer les éthiques des autres parce qu’on y voit de la consommation-buerck, c’est faire de l’hypercritique par ce biais, c’est finir Taliban et c’est donc se mordre la queue à terme, forcément.


    On se consume et on consomme. On se sacrifie et on sacrifie. On peut discuter des ampleurs, des exagérations et des limites de cela mais on ne doit pas en interdire le principe qui est naturel.



  • easy easy 27 septembre 2010 20:01

    Facile, Galien ?
    Je ne sais pas. Pour moi, oui, c’est facile de penser et de dire ainsi. Mais ça ne semble ni aussi clair ni aussi facile pour d’autres.

    Je répète ici le coeur de ma pensée. J’ai vécu la guerre du Vietnam et tout ce qui verse dans la violence physique me fait vomir (vraiment). Du coup, je trouve les diatribes autour du sexage assez démonstratives du besoin de violence des uns et des autres.

    En 69, après le suicide de Gabrielle Russier, un journaliste demande à Pompidou ce qu’il pense de ce drame (la question de fond n’a pas été clairement formulée alors je la formule : était-il indispensable de poursuivre, pire, de dénigrer l’amour qu’il y avait entre cette prof et son élève ?). Et Pompidou, premier magistrat de France, de répondre en s’abritant derrière Paul Eluard, en récitant un passage tout en énigme pour qui ne connaît pas le texte complet. J’étais très jeune mais je n’ai pas été content qu’il botte en touche.
    J’étais puceau de tout sauf de la violence, du racisme et de la mort et j’ai ressenti de la colère « M’enfin, il était très simple de répondre qu’attaquer une manifestation de l’amour c’était être en guerre contre lui, c’était cultiver la violence, c’était faire de l’hypercritique de l’amour »


    L’amour avait été particulièrement attaqué dans toute la période guerrière 1930 1946.
    Face au déferlement de violences en tous genres, il aurait été indispensable de se hâter de placer toute manifestation de douceur au plus haut des valeurs. Et bien non, on a dénigré, insulté, humilié, battu, déshabillé, tondu, exhibé, tué des femmes en leur coeur au motif qu’elles avaient délivré de la douceur à l’ennemi. A la violence nazie, il convenait, selon ces talionistes, de leur répondre par la violence et ne surtout pas les entraîner aux câlins. Ces femmes n’étaient donc pas libres de choisir une autre voie, elles étaient incitées, que dis-je, obligées à la haine.
    Jaloux, haineux et frustrés en tous genres se sont défoulés en meute contre des femmes qui n’ont usé que de caresses.
    Ah oui, on en veut des femmes généreuses, mais on voudrait qu’elles ne le soient qu’envers soi.
    L’amour des autres, buerck, c’est anormal, sale ou honteux.

    Je sais qu’un boxeur ne donne rien sur le ring s’il a passé la nuit sous les caresses et je crois qu’un soldat ivre de caresses ne pense pas à incendier. Alexandre le Grand devait sans cesse secouer ses lieutenants qui se ramollisaient l’âme au lit.

    Facile à dire, pour moi peut-être, pas pour tout le monde. Jean Rochefort, aura attendu ses 80 ans pour avoir l’audace de dire -un peu- ce qu’il avait pensé quand il avait vu pour la première fois de sa vie, une femme nue, traînée dans la rue par des héros de la onzième heure. Est-ce que Jean Moulin aurait tondu une femme ayant couché avec un Allemand ?

    Il est complètement inutile ou hypocrite ou incohérent de faire mine de réprouver le lynchage des femmes ayant couché avec les Allemands de l’époque et de tenir des discours allant à dénigrer des manifestations de l’amour (qui comprend obligatoirement -Platon ne disait pas le contraire-une relation physique) qui se produisent sous quelque forme que ce soit aujourd’hui.

    En ce moment, nous allons à dire que les Talibans ou islamistes font un très mauvais procès aux femmes qui couchent avant et en dehors du mariage, qui montrent leur visage ou leurs jambes aux gens, etc.. Comment peut-on se poser en anti islamiste (sur ce sujet) et en même temps dénigrer ceux qui disent faire l’amour avec n’importe qui ou presque ?

    S’il existe quelque part un véritable front anti taliban, c’est dans le cercle des libertins. Ils ne s’en rendent pas forcément compte tant ils ont l’esprit ailleurs mais par les faits, ils sont leurs opposants les plus probants. Les autres (moi compris hélas) sont en fait très proches des intégristes (J’ai eu une amie catho (célibataire et vierge à 56 ans) qui disait, à la sortie du film « Je vous salue Marie » qu’il fallait tirer à la mitrailette ceux qui sortaient des salles.

    Je suis nettement plus du genre Novalis que du genre Don Juan. Mais trop conscient de la menace islamiste (susceptible de lever en face un autre intégrisme d’une autre religion) je suis hyper tolérant envers ceux qui se cassent la tête pour trouver comment faire jouir physiquement leurs prochains (à cet endroit, le pluriel fait la seule différence entre eux et moi), de la manière la plus directe et la moins intellectuelle possible.
    Non, ça ne m’arrange pas du tout de tolérer les libertins, car ça invalide les valeurs d’exclusivité que je cultive, ça me casse la barraque.

    Mais encore une fois, il faut de tout et ce serait très moche (et d’aileurs impossible) que tout le monde passe libertin ou exclusif.

    Par ailleurs, il est facilement fait critique à certains libertins de brasser de l’argent par ce biais. Mais est-ce qu’une épouse qui ne travaille pas n’est pas également dans une relation d’argent avec son mari unique pourvoyeur de fonds ? Si ça ne saute pas aux yeux, pendant le mariage, ça se voit mieux au moment du divorce.



  • easy easy 27 septembre 2010 15:07



    Quand j’étais petit et que j’adorais les crèmes glacées à la fraise, quand je trouvais qu’elle étaient toujours trop courtes, je me demandais, en voyant Lilliput, l’impression que j’aurais si j’étais une fourmi devant donc une montagne de glace, donc inépuisable.
    Progressivement, j’ai compris que cette montagne m’épuiserait.
    C’est notre finitude et la finitude des choses qui font qu’elles sont paradoxalement à la fois déprimantes ou affligeantes et motivantes ou excitantes, précieuses au fond.

    L’oxygène de l’air nous est indispensable, l’eau aussi. Mais tant qu’il y en a à foison, on n’y prête guère attention. On ne se dit pas, à la fin de sa vie, « j’ai bien vécu d’avoir respiré de l’air, bu de l’eau ».

    Comme ce sont donc les choses finies qui font la richesse, comme en une place donnée c’est à peu près les mêmes finitudes que nous vivons les uns et les autres, existe la convoitise. Et comme compensation aux frustrations (tout ça est relatif mais quand même...) nous vient la consolation, celle qui nous aide à croire que l’un dans l’autre, nous avons eu notre part de privilèges ou de chances.

    Cette consolation-barrage-à-la-frustration nous conduit à dénigrer le plus possible ou le plus adroitement possible (vive la rhétorique) la jouissance des autres.
    Sans cet artefact, nous serions tous fous de jalousie.

    Il y a donc cette constante qui veut que ceux qui jouissent trop visiblement, soit attisent les rancoeurs, soit renforcent les convictions des grincheux.

    Toujours est-il que pour ma part, j’ai toujours considéré que tant que les gens versent dans quelque chose qui relève plus de l’amour ou du partage ou de l’échange que de la haine ou la vengeance ou du dénigrement, ils font bien. 


    J’aime ceux qui créent de la valeur là où d’un point de vue martien, il n’y aurait sans doute que de l’ordinaire. Etant entendu qu’à une valeur présentée par les uns, correspond toujours une contrevaleur présentée par les autres.

    Ca ne veut pas dire que seules les valeurs nouvelles sont valables, car elles ne sont néovaleurs qu’en contrepoint de valeurs plus anciennes. Sans l’ancien, pas de neuf. Sans le passé, pas de futur, même pas de présent.

    Il n’est pas possible de marquer fortement son horreur de la guerre ou du meurtre en s’opposant ici et là aux manifestations de l’amour, du besoin de douceur physique.





  • easy easy 20 septembre 2010 22:51

    Il y a trop de choses entendues mille fois, de caricatrures et de longueurs.


    Aristote : un philosophe, un raisonneur donc (car il visait tant la sagesse que l’art de la vendre par la rhétorique. Je crois que la rhétorique est un séduisant enfumage)
    Les philosophes, d’une manière générale, méprisent la passion (je parle non de la souffrance physique subie du genre chemin de croix, je parle de la perte de raison que provoque une admiration, un éblouissement) 
    Et de toutes les passions possibles, celle qui serait la plus naturelle, celle qui n’a pas besoin de quolifichets, il me semble que c’est celle relative à l’amour sexué.

    Alors convoquer un maître es mépris de l’emportement amoureux pour entamer un discours visant à nous exposer que nous avons été dénaturés, c’est maladroit.
    Non pire, c’est la preuve qu’on ne sait pas se désembourber de ce putain de raisonnement qui nous a conduit là où nous sommes.

    Non mais sans déc, il y en a beaucoup de ces Socrates et autres Schopenhauer chez les Maoris, chez les Masaïs et les Inuits ?


    Sur un autre topic du jour, il est question de Télémaque, de Calypso et de passion déraisonnable. Qu’est-ce qu’un Hegel un Nietzsche ou un Eckhart peut dire à un procureur sévère pour le convaincre de ne condamner ni Télémaque, ni Calypso, ni le Chevalier de la Barre, ni Julien ni Marguerite de Ravalet ?
    Rien.
    Dès lors qu’on raisonne, on piédestalise le raisonnement, la rhétorique, le discours, le verbe, et la passion amoureuse est dénigrée.
    Et quand on raisonne, on calcule et quand on calcule, bin on fait du chiffre...........





    Il y a cependant de bonnes remarques rarement entendues, ce qu’on appelle des pépites.
    En particulier celle concernant l’arnaque à la démocratie qu’a constitué l’imposition des représentants (députés, sénateurs, etc)

    J’avais écrit un papier sur ce sujet (Les élus c’est dépassé, on peut désormais s’en passer)
    J’y disais que bon, OK, il y a peut-être eu un moment où le paysan illettré avait besoin d’être représenté (d’autant que les Français ne parlaient pas Français). Mais qu’il est temps d’en finir avec cette mauvaise habitude qui ne correspond pas à ce que devrait être une véritable démocratie. Il n’est pas normal que des NDAignan s’enorgueillissent de leur mandat électif pour clouer le bec à une responsable de la Commission européenne.

    Ca les rend dingues nos élus de se croire représentatifs de milliers, voire de millions de personnes. Représenter plus d’une personne à la fois, c’est ubuesque, complètement fou.

    Et je disais, car il ne suffit pas de constater les choses, que nous avons désormais, grâce à Internet, les moyens de prendre des décisions tous ensemble et directement depuis chez nous, sans passer par des édiles qui roulent pour leurs cigares la plupart du temps.


    Mais je disais aussi que l’habitude prise est si ancienne que la plupart d’entre nous, qui grognent constamment contre leurs représentants, n’osent toujours pas piloter eux-mêmes et directement l’avion.

    Bin voui, il faut en avoir pour prendre les commandes. Critiquer oui c’est dans nos traditions de représentés. Mais piloter, ah que non, faut laisser ça aux docteurs n’est-ce pas maman !


    Non mais vraiment les gars, vous croyez vraiment qu’on va sortir d’une situation qui est la conséquence de 3000 ans de raisonnement et de pythagoritudes en continuant de raisonner selon les mêmes références antédiluviennes ?

    A mon avis, les Guaranis, sans avoir eu un célébre Aristote comme maître à penser, savent depuis la nuit des temps que l’homme est un animal social. Mais ils n’osent pas le dire tant c’est trivial à leurs yeux. 


     

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