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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 7 décembre 2008 19:07

    Je suis tout à fait de l’avis de Syrius. Telle que je me représente cette oeuvre au travers de ce que j’en lis ici, il s’agit bien d’une oeuvre artistique au même titre que l’urinoir de Marcel Duchamp et possiblement même davantage.

    La question que je me pose c’est si la photographie visait à tromper le public en se proposant comme contrefaçon ou autre-support de l’oeuvre originale (comme le ferait un poster ou une carte postale des oeuvres de Andy Warhol) ou si cette photo n’était qu’informative, entourée de textes et livrée dans un magazine ?
    Car il ne s’agirait pas qu’un reporter publiant des photos en illustration d’une info sur l’ouverture d’un nouveau musée, soit attaqué en contrefaçon par les peintres dont leurs oeuvres apparaitraient sur ladite photo.
    J’imagine que dans le cas "Paradis" la photo n’était clairement pas informative. Elle se voulait probablement artistique, novatrice. Elle ne citait probablement pas sa source, elle ne rendait probablement pas à César ce qui lui était dû et tendait à faire passer le photographe pour l’inventeur de l’idée..
    Essicéssacépabien






  • easy easy 7 décembre 2008 18:32
     
    Lapa,

    les innombrables, insaisissables, indicibles et irréductibles discussions qui s’ensuivent d’un pavé dans la mare et d’un tollé ont des conséquences à la fois infimes et capitales (effet papillon)

    Prenons le cas du Pascal de Gainsbourg.
    Il jette un pavé, il s’ensuit un tollé
    A la suite de ce tollé, 100 millions de personnes en parlent et des millions de points de vue sont exprimés en arrière boutique. Chaque individu voit là une occasion de parler de l’argent, de la fortune, de l’insolence, de la provocation, des impôts, et en parle. Il s’ensuit que ces questions ayant été remises à l’honneur et rediscutées, il y a en chacun, une réactualisation de son point de vue sur ces choses. On en aurait parlé sur AV, chacun aurait retiré de ses échanges avec les autres, un enrichissement, une perception à la fois de ce que peuvent en dore les autres et de ce qu’il peut en dire lui-même (car on ne sait ce qu’on peut penser des choses qu’après les avoir exposées proprement, par écrit si possible)
    Le fait que chacun ait conscience que tout le monde a rebrassé ces sujets, que tout ce qui peut être dit de ces choses aura été dit, rassure chacun sur l’existence du débat démocratique (qui n’a pas forcément besoin d’être sanctionné par un vote) et sur le fait qu’il n’y a rien de plus grave qui puisse en être dit.

    Brûler un Pascal, transgresser un tel tabou, avant le tollé et les débats qui s’en sont suivi, aurait pu donner à penser à certains que c’était un geste fou, conduisant à la fin du Monde, traduisant l’apocalypse.

    En fait, après que ce forfait, après tous les Oh et les Ah, chacun a découvert que bof..pas plus que ça ..rien de bien grave au fond, même pas une seule goutte de sang versé.

    Ces explorations de nos limites (tabous) est essentielle

    Nous allons au théâtre, au cinéma, pour voir des tabous exploser, pour vivre les catharsis qu’ils provoquent et pour rentrer chez nous, rassurés que notre collectivité ait pu en supporter le choc et la honte.

    Lorsque nous voyons que Woody Allen peut coucher avec sa fille ou quasi fille sans être immédiatement foudroyé, ça choque certainement beaucoup d’entre nous. Mais une fois les débats passés et entendus, ça nous rassure de voir que le Monde continue de tourner comme avant ; qu’on ne se retrouve pas pour autant cul par dessus tête.

    Ce phénomène est en train de s’accomplir au sujet de l’énorme pavé des subprimes etc.
    Primo il y a eu ces pavés, ensuite les tollés, ensuite des milliards de débats. La collectivité mondiale a dit tout ce qu’elle a pu en dire et ...bof, nous sommes toujours en vie. 
    C’est pour nous rassurer que nous nous sommes tous précipités les uns vers les autres, remettant mille fois le sujet sur la table. C’était pour pour nous entendre, pour écouter tout ce qu’il est possible d’en dire et cela sans jamais négliger d’écouter les plus alarmistes d’entre nous, précisément.

    Et là-dedans, la bestoffisation en fin d’année du geste de Serge Gainsbourg atteste qu’a posteriori, on peut en rire, on y aura survécu sans le moindre bobo.
    A titre individuel, il peut y avoir de la casse à opérer des transgressions (parfois très grosse casse dans le cas des génocides) mais la collectivité a finalement survécu à tout, absolument tout, bombe A comprise.
    Les individus souffrent, parfois énormément, mais l’humanité survit toujours. Il est donc possible d’entrevoir, de supposer que les drames individuels, les pavés, les scandales, les horreurs soient indispensables à la sérénité et à la pérennité de la masse totale.
    Puisse ce nouveau pavé être discuté et aboutir lui aussi à un apaisement


  • easy easy 7 décembre 2008 14:42

    En effet, il y avait à dire sur le tollé ; c’est fait, en tous cas en principal, merci Bernard Dugué.


    Le fonctionnement de notre société, en partie par le tollé, a son pendant-source : la provocation.
    A force de fonctionner, de se caler sur les tollés, nous fonctionnons aussi à ce qui les provoque.
    Lancer une incantation provocante pour voir comment va réagir l’opinion et construire sur cette épreuve probatoire, est une méthode politique que la Rome de Cidéron et que le villae d’Astérix pratiquaient déjà.

    Après de très longues pendant lesquelles aucun tollé populaire ne pouvait plus être constitué, il est redevenu possible grâce à Internet et à la télévision. Lorsque Gainsgourg brûle un Pascal à la télé, il sait qu’il va provoquer un tollé et ce tollé a bien lieu.

    D’autre part, à la suite du tollé que provoque le lancement d’un pavé dans la mare, il se crée tout un train de vagues de discussions et de débats démocratiques, diffus, disséminés, protéiformes et croisés mais qui sont moins perceptibles puisque la plus haute marche de la tribune, le plus grand bruit est réservée par essence au tollé unissoniste
    Le tollé représente le point sur lequel une majorité s’accorde "Non à l’emprisonnement des gamins" quitte à diverger sur mille à-côtés. Ce n’est cependant pas parce que les suites des discussions sont plus discrètes et plus désaccordées qu’elles n’en sont pas moins fertiles et essentielles.






  • easy easy 7 décembre 2008 13:54

    Scientisme faisant, on essaye toujours de rendre toute notion subjective plus objective.

    C’est le cas pour la notion de "pays où il fait bon vivre" pour "hommes qui font le mieux l’amour" pour " poulet de meilleure qualité" pour "situation humanitaire dans les prisons" pour "qualité des univesités" etc.

    Rien ne me choquerait dans le fait que l’on cherche aussi à objectiver la niveau de dictature. Tout en me doutant bien que des batailles surgiront autour des chiffrages.



  • easy easy 7 décembre 2008 13:43

    Dans le lien offert par l’auteur, celui où Pascal Bernheim présente ses excuses, je trouve remarquable la performance de ce dernier.

    Certes Pascal Bernheim avait grand intérêt à faire ce geste mais il l’a fait et vraiment bien fait. Il manque juste une explication sur le comment cette blague lui était venue à l’esprit mais c’est un détail sur lequel on pourrait spéculer dans tous les sens sans aucune preuve. Hormis ce détail donc, ses excuses sont très satisfaisantes pour le tiers que je suis et j’espère qu’elles le seront pour Dieudonné.

    Comme le souligne très justement Pascal Bernheim il est anormal que personne, sur le plateau, n’ait réagi à sa mauvaise blague. Car c’était une blague parfaitement raciste ou typiste ou castiste ou xénophobe qui, si on la considère automatiquement comme blague, laisse alors la porte ouverte à toutes les assertions du genre "Il est de telle race donc il est con" ou "Elle est blonde dont elle est conne" ou "Il est Corse donc il est fainéant" ou "Il est Tzigane donc il est voleur"
    Et puis il regrette aussi ne ne pas être revenu lui-même sur sa faute. Belle marque de lucidité après coup.

    Comme quoi, il faut distinguer ce que nous faisons sous l’effet de la pression, de l’emballement et ce que nous faisons au calme.
    Et ça me rappelle inévitablement ce que le malheureux Franz Reichelt s’est cru obligé de faire, lors de sa dernière minute, sous la pression du public qu’il avait convié à son saut historique depuis le premier étage de la Tour Eiffel. Il arrive un moment où, parce qu’il y a un public qui semble attendre quelque chose d’extraordinaire de notre part, l’on se croit oblgé de le satisfaire, quitte à exécuter alors un geste complètement provocateur (Gainsbourg et son Pascal), idiot ou suicidaire.


    La pression sur Franz Reichelt
    http://www.youtube.com/watch?v=BepyTSzueno
    Cette histoire très triste de Frantz Reichelt me rappelle aussi le drame survenu à un des tous premiers libéristes qui, devant la télévision conviée sur La Plagne, s’était lancé dans le vide et s’était tué alors qu’il avait bien noté que les vents étaient défavorables


    Bravo donc à Pascal Bernheim pour avoir accompli au plus loin possible son très difficile exercice de repentance. Peu, très peu d’entre nous aurons accompli un tel geste.




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