Peut-être en effet mon diagnostique est-il mauvais.
Mais quand je parle d’extraversion, je ne parle par des caricatures d’excitation présentées par le système médiatique. Je parle de la capacité de se mettre à l’écoute du monde extérieur. C’est que je prends le mot extraversion dans son sens étymologique « action de se tourner vers l’extérieur ». Certaines personnes qui seront désignée aujourd’hui d’extraverties, ne le sont pas vraiment, car elles n’écoutent pas les autres, mais s’écoutent elles-mêmes et cherchent à se voir par narcissisme dans le regard de l’autre. L’extraverti, dans le sens où je l’utilisais, est quelqu’un de calme et à l’écoute d’autrui. L’extraverti présenté comme tel aujourd’hui, est un introverti fort bruyant (d’où sa maladresse et son coté gauche).
Juste au sujet du rite : Il devient une habitude (un habitus). Leibniz, dans la monadologie, le fait découler de l’empirisme, vu comme « imitation de la raison, issu du principe de mémoire ». Toute homme a une composante cyclique : cela fait son inertie.
Us, coutume, rite, hobby, dada, addiction, assuétude, habitude, lubie, mots en *philie (aquariophilie, bibliophilie, cinéphilie, clinophilie, ...) ou en phil* (philatélie), les mots en *manie (manière, manie, clinomanie, cleptomanie, toxicomanie, égomanie, mélomanie, métromanie, mégalomanie), meurtre en série, récidive, tendance, penchant : tout ceci désigne des formes de rites.
« Le péché est un esclavage » « L’arbre tombe toujours du coté où il penche »
En ce sens, tout homme a des rituels. Un homme sans rituel, cela n’existe pas. Vous avez donc nécessairement des rituels.
Certes tout rite est hérité, d’une certaine manière, c’est un habitus. Mais ce qui pousse à la répétition de cette habitude, c’est le plaisir qu’on y a pris qui s’est inscrit en mémoire, et que, par empirisme, l’on cherche à ressentir à nouveau, pour se remettre dans un état de joie.
Par conséquent, tout rite, venant en premier de l’extérieur, finit par devenir une nécessité intérieure.
D’où cette extrême difficulté à se détacher de nos petites habitudes.
Ce fonctionnement rituel implique de se verser à prendre de bonnes habitudes. C’est-à-dire que si nous sommes dans des rites constructifs, alors, par-dessus la composante cyclique et répétitive de nos comportements, nous construirons, mais si nos rites nous sont destructifs, alors, nous nous détruirons.
Je crois que le schizophrène hésite sur sa manière d’être, car en effet, il ne sait comment être face aux exemples que la société lui montre. Il veut forcer sa personnalité à être autre qu’elle n’est. Et, croyant y tirer quelque avantage (« ça va mieux, maintenant »), cette tendance s’installe comme une habitude rituelle. Mais tentant de se forcer lui-même, il finit par se dupliquer.
La simplicité, remède à la duplicité. Heureux les simples d’esprits...
Dans un même temps, sysiphe, vous êtes pour l’anarchie, donc pour laisser perdurer cette tendance sans limite. Ce qui fait que votre raisonnement est paradoxal.
C’est la raison pour laquelle le raisonnement chrétien est bien meilleur : Dieu (dominus) est amour. C’est l’amour qui domine et la force se met à son service.
La France avait le système parfait, malgré l’imperfection des hommes. Sa prétention au progrès fut de progresser du parfait vers l’imparfait.
De quoi vous plaignez-vous donc ? Vous n’avez que le fruit de votre idéologie...
Les coopératives ne se gênent pas pour délocaliser.
Un coopérative peut également être très mauvaise, car elle agit selon les intérêts particuliers de ses adhérents. Par exemple, les mutuelles : elles ne voudraient surtout pas voir cesser les emprunts d’états sur les marchés financiers, car c’est de cette rente qu’elles tirent en grande partie leurs bénéfices.
De fait, une grande partie des coopératives qui existent encore et les plus importantes, sont spécialisées dans la rente et l’agiotage (banques, mutuelles).
Le problème actuel vient plus du reversement de la hiérarchie, plutôt que du fait de l’existence d’une hiérarchie, toute société organisée aboutissant nécessairement à une certaine hiérarchie.
L’intérêt corporatiste est une forme de l’intérêt privé, que qu’il vienne d’un corps économique d’Etat, capitaliste ou coopératif. Ce qu’il faut mettre par-dessus, c’est le Bien Commun.
Ce qui doit présider au décision, ce qui doit dominer par-dessus tout, c’est la recherche du Bien Commun.
Le Commun doit dominer sur le Privé, le Bien doit dominer sur le Mal, le Vrai doit dominer sur le Faux, le Beau doit dominer sur le Laid, la Vertu doit dominer sur le Vice...etc.
L’anarchie fait fausse route. Une société sans domination, ça n’existe pas. Tout dépend donc de ce qui doit dominer sur quoi.
En usant d’un concept abstrait comme « capitalisme », terme qui ne désigne rien de précis et qui peut regrouper de multiples réalités différentes, vous vous condamnez à ne rien comprendre aux désordres actuels.
Il faut repartir des transformations historiques du système économique pour essayer d’envisager le problème.
Avant la révolution, il y avait l’état, en tant que pouvoir politique, au-dessus de tout pouvoir économique. Les pouvoirs économiques étaient majoritairement des groupements d’artisans, ces artisans étant propriétaires de leurs outils de production, en fonctionnement plus ou moins démocratique (université d’artisans, corporations, guildes). La concurrence était proscrite. L’état accordait le monopole sur une activité précise dans un lieu précis à ces groupements (privilège).
Ces groupements étaient conçus comme des corps « intermédiaires ». On disait « intermédiaires » car ils étaient situés entre l’état et l’individu. L’état légiférait pour ces corps entiers, tandis qu’il déléguait à ces corps la gestion de leurs membres.
Avec la Révolution est venue l’expropriation de ces corps intermédiaires, mettant donc l’individu en prise directe avec l’état, et la fin des privilèges économique, donc l’instauration de la concurrence.
Mais ces corps intermédiaires n’ont pas du tout disparus. Ils se sont en fait rapidement reformés, mais cette fois non plus par l’association libre des artisans sous forme démocratique, mais par contrat de travail entre ouvriers salariés et propriétaire, dans une sorte de hiérarchie militaire.
De plus, ces corps ce sont internationalisés. Par conséquent, ce sont les Etats qui sont devenus des corps intermédiaires entre les multinationales et les individus. Le corps économiques ne sont donc plus des corps intermédiaires, mais appelons-les « les corps suprêmes ».
L’effet de ce renversement fut de mettre l’Etat au service des intérêts particuliers, les intérêts corporatifs, devenus les intérêts suprêmes. L’Etat va donc légiférer envers les individus pour servir les intérêts de ces corps suprêmes. Flexibilité, compression des salaires, remise en cause de l’autorisation du licenciement, ouverture des frontières pour pouvoir conquérir de nouveaux marchés, importation de main d’oeuvre, subventions, aménagement du code du travail, renflouement des banques... etc
Bref, c’est l’abolition de toute notion Bien Commun, qui est même parfois cyniquement sciemment confondu avec les intérêts privés (du genre : il faut que les riches s’enrichissent pour que les pauvres s’enrichissent...).
Mais ne rêvons pas, toute société organisée est fondée sur la complémentarité des fonctions sociales, chacune ne pouvant être la même, car il faut bien couvrir l’immense variété des besoins. Il y aura donc toujours dans chaque société des professions liées à des décisions, à des arbitrages, par conséquent, une forme de domination est inévitable.
Mais il faut que cette domination ait pour mission unique la recherche du Bien Commun, pas celle la rechercher d’intérêt particulier...
C’est là qu’on retombe sur la vraie politique, où le rôle du politique est d’arbitrer entre les divers organes du corps de la nation pour la prospérité collective, comme le médecin a pour rôle de veiller à conserver l’harmonie entre les organes d’un corps pour sa santé.
Nos politiques, mauvais médecins, ont laissé un cancer proliférer et ses métastases prendre pied partout. Comment donc s’étonner de l’état de décomposition et de délabrement du pays ?
Il faudrait revenir au système économique pré-révolutionnaire, mais rénové. Abolir la concurrence, refonder l’industrie sur des corps intermédiaires, sous tutelle (souple) de l’Etat, vus comme des associations d’artisans libres, propriétaires de leurs outils de production, mais dont l’extension de la propriété est intrinsèquement limitée.
Il n’y a pas qu’une fraternité de classe. Partir de ce principe est réductionniste.
Il y a les prolos qui se placent volontairement en conflit avec leur patron et qui se font virer. Il y a les prolos qui se montrent travailleurs et qui se font récompenser.
Il n’y a pas de fraternité de classe entre ces deux types de prolos.
Ensuite, la fraternité, elle peut venir de la famille, de la nation, de la race, de la religion, du voisinage, d’un métier. Il n’y a pas qu’une seule fraternité possible.