C’est normal, le syndicalisme moderne est fondé sur la lutte des classes...
Les troupes de ces syndicats sont donc nécessairement versées à une lutte des classe, laquelle s’entretient du fait de ces structures. En ce sens, la luttes des classes existe, du fait de l’existence des institutions qui la mette en pratique.
Hélas, mille fois hélas, dresser à combattre des miséreux sans ressource contre des élites qui possèdent tous pouvoir de décision, c’est le plus sûr moyen d’asservir de plus en plus les miséreux.
Imaginez donc, allez-vous encourager des gens, qui n’ont que leurs mains, à aller combattre frontalement des armées suréquipées ? Bien-sûr que non ! sinon il seraient exterminés...
De fait, la grêve ne fonctionnera que si l’état prend partie pour les grêvistes, c’est-à-dire uniquement si les salariés sont soutenus par le pouvoir le plus fort du pays.
Vous parlez de l’effet de l’avarice et de la cupidité ?
Mais il y a bien d’autres raisons qui peuvent justifier la création d’alliances politiques. La jalousie, diverses formes d’idéologie, divers critères d’appartenance, par exemple.
Mais vous prenez le problème à l’envers.
Vous cherchez à faire croire qu’il n’existe qu’un seul motif de constitution de réseaux politiques, mais c’est évidemment un réductionnisme, produit d’une idéologie.
Il faut adopter une démarche scientifique et réaliste : - d’abord regarder les réseaux qui existent puis envisager les motifs de leurs agissements.
Sinon, vous ne dénoncerez jamais que vos propres idées préconçues, votre réflexion ne s’appuyant pas sur le réel, mais sur l’idéel.
Ce que je disais, c’est que dans la relativité de Poincaré, l’effet relativiste est calculé comme un effet de l’éther sur l’objet en mouvement. C’est justement en estimant l’influence de l’éther que Poincaré parvient à déterminer les transformations de Lorentz correctes.
L’idée d’éther donc, non seulement n’a pas compliqué les calculs, mais les a rendus possibles.
Et c’est logique, on ne peut modéliser l’effet d’une chose sur une autre chose que si l’on conçoit au préalable que ces deux choses existent...
La vie monastique s’appuie beaucoup sur la contemplation. Cette contemplation se fonde sur la parole divine, posée comme radicalement externe à soi...
Attention, je parle du rite. Le rite est un exercice. Or l’homme est naturellement centré sur lui-même (vous définissiez vous-même la partie égoïste de l’âme comme nécessairement externe à l’esprit). Le rite optimal est donc de s’exercer à se décentrer de soi-même, sinon cela renforce l’égoïsme naturel.
Et c’est bien de la rémission de ce désordre intérieur que dépend l’accès au royaume de Dieu. En effet, comment une âme dénuée de toute capacité à écouter Dieu pourrait-elle le rejoindre ? (le royaume de Dieu est en vous = dans la résolution du désordre intérieur)
Bien sûr que l’ésotérisme est un chemin vers la schizophrénie. Comment une chose pourrait-elle se changer d’elle-même par elle-même, sans au préalable se dupliquer ? Une chose unique peut-elle être à la fois sa propre fin et son propre moyen, tout en restant Une ? Non, il se créera en elle une partie qui va tenter d’influencer l’autre...
Comment expliquer sinon l’épidémie de schizophrénie moderne, si ce n’est par cette généralisation des méthode d’introspections, comme le concept de « travail sur soi », par exemple ?
Un rite exotérique verse l’homme à l’extraspection, un rite ésotérique verse l’homme à l’introspection. D’où que l’ésotérisme produit nécessairement du narcissisme, de l’égoïsme, de l’individualisme et dans ses formes graves, la schizophrénie.
J’ai connu des schizophrènes. Ils avaient tous en communs de s’interroger beaucoup sur eux-mêmes, d’être complexés et voulaient sans cesse se changer, c’était leur préoccupation principale. Ils méditaient beaucoup. Jusqu’aux crises aigües qui ne laissaient aucun doute sur leur mal.
Le « complot », c’est la seule manière valide d’envisager la politique.
C’est-à-dire que toute influence politique se fait par l’intermédiaire de réseaux de personnes, dont on peut décrire les relations, les intérêts partagés, l’idéologie...etc : il n’y a pas de loi de l’histoire. L’histoire n’est pas prédéterminée par une sorte de fatalité.
Parler de complot, c’est donc décrire, de manière concrète, les réseaux humains qui opèrent au plan politique. Tout parti politique ne fait que comploter pour prendre le pouvoir. C’est son activité principale : concevoir une propagande, construire des réseaux d’influence, élaborer des stratégies de conquête.
Mais parler de complot « capitaliste », cela n’a pas de sens. Le capitalisme est un concept abstrait qui désigne un type de système économique. Or un concept abstrait n’a pas d’influence politique par lui-même, il ne peut pas agir sur le monde. Il nécessite un réseau de personnes qui y croient et qui agissent politiquement au nom de cette idéologie : au final, ce qui agit sur le monde politique, ce sont toujours des hommes en chair et en os.
Par conséquent, tout diagnostique politique doit se faire dans l’ordre, du concret vers l’abstrait :
D’abord, décrire concrètement les réseaux d’influences qui agissent. Ensuite, estimer l’idéologie qui guide et cimente ces réseaux d’influence.