En fait, je pense que tout homme possède ce qu’il faut pour choisir comment agir. Il n’y a donc pas lieu, selon moi, de vouloir en faire une loi pour tous. Et même pour soi... Ce qui sous-tend certains choix ponctuels n’est parfois vrai que dans l’instant, selon le contexte. Appliquer une maxime toute faite -élaborée dans un contexte particulier -, n’est pas sans risque dans un autre contexte. Pourquoi ? Parce qu’en suivant une loi, l’on utilise le principe de la mémoire, alors que pour choisir, il faut utiliser le principe de raison.
A propos de croire en l’Humanité. Il me semble que l’Humanité est un concept abstrait qui permet de relier ensemble des gens qui parfois se combattent. En grec, non avons (dico étymologique Robert) : idein : « voir ». idea : « aspect », « forme distinctive », chez Platon « forme idéale concevable par la pensée ». eidos : « forme ». eidôlon : « image ». en latin latro, latronis : « soldat mercenaire grec » . d’où : idolâtre : littéralement, soldat au service d’une Idée. idolâtrie : littéralement, Idée pour laquelle combattre.
Donc, en fait, adorer une idée abstraite, c’est une sorte d’idolâtrie, c’est en faire le principe exclusif de toute action. Cela tend à exclure d’autres concepts du champ de la réflexion, concepts qui pourraient être utiles. Tout Dieu antique représentait une idée abstraite. Et ces Dieux (ces concepts) étaient mis en rapport par une mythologie racontant leurs aventures.
La novation du monothéisme, c’est d’imaginer une seule transcendance, qui contient tous les concepts abstraits simultanément. Les juifs en font un principe unificateur de leur peuple (c’est une sorte de Dieu national). Le christianisme étend ce Dieu unique à tous les hommes, dans une sorte de syncrétisme judéo-platonicien.
Du point de vue chrétien, Dieu, principe unique, est alors conçu comme universel. Mélange d’unique et divers, il est conçu tel une pluralité dans l’unité, à l’image d’un homme qui, bien qu’étant un seul être, vit pourtant grâce à une pluralité d’organes.
Dieu consiste ainsi à unifier tous les concepts pour les relier ensemble. Dieu contient tout à la fois : le principe de l’Humanité et le principe de la Nature, le principe de la liberté et le principe de l’égalité, ... Adorer Dieu, c’est donc penser à partir de tous les concepts simultanément, en les reliant de manière particulière, sans en exclure un seul à priori.
Il est flagrant de constater combien, depuis l’abandon de l’Idée d’un Dieu universel, les hommes se sont vautrés dans les idolâtries les plus diverses, réduisant à chaque fois Dieu à un principe unique : Nazisme (Dieu race), Communisme (Dieu égalité), Libéralisme (Dieu liberté), Fascisme (Dieu combat), Capitalisme (Dieu capital), Matérialisme (Dieu matière), Ecologisme (Dieu nature), Idéalisme (Dieu idée), Scientisme (Dieu science), Humanisme (Dieu humanité),...
Les résultats n’ont pas été glorieux. La diabolisation des ennemis de ce Dieu « unilatéral » n’a d’ailleurs pas été évitée. La diabolisation de l’autre, c’est le résultat naturel de l’idolâtrie. Dis-moi ce que tu vénères, je te dirais ce que tu diabolises...
ffi : force française de l’intérieur : volonté d’unifier les mouvements de lutte contre l’oppression, volonté de se recentrer sur les options politiques du Conseil national de la résistance.
Il y a en effet deux autres populations défuntes en Turquie à la même époque : - les grecs pontiques (Trézibonde). - les assyriens. Avec les arméniens, ils partageaient le fait d’être chrétiens. J’imagine qu’ils devaient être des traîtres potentiels également.
Peu importe. Et ça démontre ce que je disais. Même exprimée, une idée peut être incompréhensible, donc c’est d’autant plus vraie si elle est tue.
La science est une méthode : meta ...+ hodos = methodos (en grec) qui suit + chemin
Or, le propre d’un chemin c’est d’avoir un début et une fin, une origine et un but. La science commence par des hypothèses subjectives pour parvenir à un résultat communément accepté et fidèle aux faits constatés.
Réduire la science à n’être qu’objectivité, c’est oublier le début du cheminement pour n’en vouloir que le but. C’est donc réduire la méthode scientifique à un point, qui est sa fin. Il se trouve que cheminer autour d’un point, c’est tourner en rond.
C’est aussi oublier que la science est faite par des hommes. Une telle vision interdit à quasiment tout le monde de faire des hypothèses. Cela revient à n’autoriser que ceux qui possèdent des moyens d’expérimenter de participer à la science.
Par son syllogisme, Kelvin nous fait part de ses convictions empiristes.Il réduit le réel aux mesures que l’on peut faire sur celui-ci, chose qui a volé en éclat avec la mécanique quantique. Par définition, la science consiste à relier des mesures disparates entre elles grâce à une conception cohérente que l’on ne mesure pas, mais qui est à découvrir.