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  • ffi ffi 8 juillet 2010 10:42

    Il y a certes un problème de cohérence au PS, mais remarquez-donc que votre position souffre du même travers, puisque vous réclamez la démission d’un maire corrompu tout en réclamant le maintien en fonction d’un ministre corrompu !



  • ffi ffi 28 avril 2010 01:10

    Il faut aussi évoquer le fait que Jack Lang a inscrit la publicité comme faisant partie de « l’exception culturelle »

    @ Rastapopulo : Faut cesse de bloquer sur le crédit tout le temps.

    Le propre de l’homme n’est pas consommer : je rappelle qu’étymologiquement consommer vient de consumer, c’est-à-dire que consommer signifier utiliser jusqu’à destruction.

    Le but de l’homme, s’il veut être prospère, n’est pas de détruire, mais de construire, c’est-à-dire que son économie doit être être la plus économe en moyen, en ressource et en travail pour une efficacité maximale, c’est cela qui fait le progrès social.

    Le système actuel aboutit à une gabegie sans nom, on force les gens à acheter de plus en plus par la manipulation, tout en les obligeant à détruire au fur et à mesure en imposant le recyclage (tout est broyé) plutôt que la réparation (des artisans réparent)...

    De plus, la publicité est un ferment d’irrationalité et d’immoralité dans la société. Elle se base sur la manipulation des finalités des gens, en tendant de les faire adhérer à des buts d’achats, selon des logiques perverses :
    - Si tu as la voiture, tu auras la femme...
    - Les enfants qui commandent les parents...

    Il s’agit de briser les tabous moraux, de porter les gens au nombrilisme, de bien les flatter pour les inciter à adhérer à l’injonction du vendeur. Voir cette excellente conférence.

    La tactique repose sur le principe de naturalisation : c’est-à-dire suggérer dans l’esprit de la cible l’idée que l’acte d’achat est conséquence de l’identité propre de celle-ci.

    2 conséquences majeures en découle :

    - En appeler sans cesse à la nature profonde des individus, induit chez ceux-ci une idéologie où le comportement est conséquence de l’identité, ce qui est objectivement le propre de l’idéologie raciste. Les courants de marketing politiques contemporains (féminisme, gay, lesbiens, juifs, musulmans, chrétiens) en sont directement issus : je fais de la politique selon mon identité... Il y a dans la publicité l’idéologie suffisante pour pousser au communautarisme : les cibles elles-mêmes sont classées selon les typologies identitaires imaginées par la science marketing.

    - D’autre part, la technique de naturalisation consistant à manipuler ce que la personne est propre à faire, conduit à détourner l’individu vers des buts qui ne lui appartiennent pas. La nature d’un individu est son essence, c’est-à-dire sa destination, et non son identité, qui est son origine. Or, depuis Leibniz (monadologie), l’on sait que l’essence de l’homme, n’est pas du fait de sa propre existence, mais de celle de ses parents. C’est-à-dire que l’individu a été posté là, du fait de sa naissance, sans vraiment en comprendre le sens, par la volonté de ses parents. Ainsi, dès les premières années de sa vie, il construit le sens de sa vie, selon le sens qu’il perçoit dans les actions de ses parents et de son entourage proche, par imitation principalement. Par conséquent, en visant à faire croire aux êtres qu’ils sont absolument libre de choisir l’essence de leur existence, la pub construit des enfants-dieux, puisque selon les termes de Leibniz (monadologie, p44), Dieu est définit comme « l’Être nécessaire, dans lequel l’essence renferme l’existence », ce qui pose de multiples problèmes au sein des familles ou à l’école.

    La publicité vise ainsi à détourner les hommes des buts qui leur viendraient à l’esprit si leur raison était suffisamment apaisée. La publicité utilise le registre de l’imitation, ce qui amoindrit la capacité raisonnable des individus. Je citerais Platon (La république, livre X) :

    Comme dans un coup de dés, nous devons, selon le lot qui nous échoit, rétablir nos affaires par les moyens que la raison nous prescrit comme les meilleurs, et, lorsque nous nous sommes heurtés quelque part, ne pas agir comme les enfants qui, tenant la partie meurtrie, perdent le temps à crier, mais au contraire accoutumer sans cesse notre âme à aller aussi vite que possible soigner ce qui 604d est blessé, relever ce qui est tombé, et faire taire les plaintes par l’application du remède.
    Voilà, certes, ce que nous avons de mieux à faire dans les accidents qui nous arrivent.

    Or, c’est, disons-nous, le meilleur élément de nous-mêmes qui veut suivre la raison.

    Évidemment.

    Et celui qui nous porte à la ressouvenance du malheur et aux plaintes, dont il ne peut se rassasier, ne dirons-nous pas que c’est un élément déraisonnable, paresseux, et ami de la lâcheté ?

    Nous le dirons, assurément.

    Or, le caractère irritable se prête à des imitations nombreuses 604e et variées (723), tandis que le caractère sage et tranquille, toujours égal à lui-même, n’est pas facile à imiter, ni, une fois rendu, facile à comprendre, surtout dans une assemblée en fête, et pour les hommes de toute sorte qui se trouvent réunis dans les théâtres ; car l’imitation qu’on leur offrirait ainsi serait celle de sentiments qui leur sont étrangers.

    Certainement.

    Dès lors, il est évident que le poète (publicitaire) imitateur n’est point porté par nature vers un pareil caractère de l’âme, et que son talent ne s’attache point à lui plaire, puisqu’il veut s’illustrer parmi la multitude (724) ; au contraire, il est porté vers le caractère irritable et divers, parce que celui-ci est facile à imiter



  • ffi ffi 9 avril 2010 00:04

    Extrait du 9ème dictionnaire de l’académie :
    ---------------------------------------------------------------------------------------------------------
    FINALITÉ
    n. f. XIXe siècle. Dérivé de l’adjectif final, au sens II.
    Caractère de ce qui est subordonné à une fin, tend à un but ; adaptation des parties à un tout, des moyens à une fin. Expliquer une action par sa finalité, par l’intention qui est censée la déterminer. La finalité dans l’histoire. PHIL. Principe de finalité, principe selon lequel toute chose tend à une fin. Finalité externe, détermination d’une chose par des fins qui lui sont extérieures. Finalité interne, subordination des parties au tout. - BIOL. Tendance, au moins apparente, des êtres vivants ou des organes à réaliser une fin, à s’adapter à une fonction. La finalité est la propriété d’un système où le tout détermine l’existence de ses parties. - ESTH. La perception d’une finalité accompagne pour Kant le sentiment du beau.
    ------------------------------------------------------------------------------------------------
    I. FINAL, -ALE adj. (pl. Finals, -ales  ; le masculin Finaux se rencontre aussi, notamment en économie et en linguistique). XIIe siècle. Emprunté du bas latin finalis, de même sens, dérivé de finis, « limite, fin, but ».
    I. Qui finit, qui termine. 1. Qui est à la fin ; qui constitue la fin. Le chœur final d’une opérette. Les mesures finale d’une sonate. La décision finale vous appartient. Combattre pour la victoire finale, ultime et définitive. La lutte finale, qui a un caractère décisif. « C’est la lutte finale », premiers mots du refrain de l’« Internationale ». Lettre, voyelle finale. Les deux consonnes finales de « prompt » ne se font pas entendre. Point final, signe de ponctuation qui marque la fin de la dernière phrase d’un texte et, fig., conclusion définitive. Mettre un ou le point final à une discussion, à une entrevue, la clore par une décision sans appel. HIST. La solution finale, terme calqué de l’allemand et désignant la politique d’extermination des communautés que l’idéologie nationale-socialiste désignait comme « races inférieures ». Spécialt. ÉCON. Compte final, celui qui résume la situation d’une entreprise en fin d’exercice. Quittance finale, dernière quittance libérant un débiteur. Produits finaux, résultats finaux. - PHYS. L’état final d’un système, l’état d’équilibre atteint par ce système au terme d’une transformation thermodynamique. 2. Qui dure jusqu’à la fin. RELIG. Persévérance finale, grâce accordée par Dieu de garder la foi jusqu’à la mort. Impénitence finale, qui dure jusqu’à la mort.
    II. Qui constitue ou exprime un but. 1. PHIL. Qui vaut comme fin, qu’on se propose pour but. Cause finale, la cause des causes. La cause finale est la première dans l’intention, la dernière dans l’exécution. La preuve de l’existence de Dieu par les causes finales. 2. GRAMM. Qui indique un but, une intention. Proposition finale, proposition subordonnée conjonctive indiquant le but de l’action exprimée dans la proposition dont elle dépend. « Afin que », « pour que », « de peur que » sont des conjonctions introduisant des propositions finales, également appelées propositions circonstancielles de but.
    ----------------------------------------------------------------------------------------
    Le dictionnaire ne semble pas valider pas mon emploi du mot finalité, il semble le réserver au cas II (intention). Cependant, comment caractériser l’état final d’un processus, sa limite ?

    Le mot fin (et donc l’adjectif final) à un double sens :
    - un utilisé pour les personnes, synonyme d’intention.
    - un utilisé pour les choses, synonyme de limite.

    La construction valide en Français étant d’ajouter le suffixe -ité à un adjectif pour en faire un nom abstrait, parler de la « finalité » d’un processus désigne son état final, son aboutissement. 

    Je ne peux ramener la chose à une simple conséquence, car la conséquence est ce qui suit nécessairement une cause. Or, nous ne parlons pas toujours de processus suivant une causalité linéaire, mais parfois de systèmes en rétroaction sur eux-mêmes. Dans ce dernier cas, du fait du cycle, si les conséquences suivent les causes, les conséquences influencent ensuite les causes qui leur ont donné naissance, ce qui peut porter à estimer que les causes suivent les conséquences. Bref, tout s’imbrique. Un peu comme dans le théorème du point fixe en mathématique, ou pour l’attracteur étrange de la théorie du chaos, ce genre de processus à une limite finale, là où converge la suite. Je pourrais dénommer cette limite « terminalité » mais elle est mieux dénommé finalité

    D’ailleur, dans la définition de la « Finalité interne » = subordination des parties au tout, il semble clair que le tout n’a pas l’intention consciente de subordonner les parties.

    Comment exprimer autrement les états finaux des systèmes dont la causalité n’est pas linéaire ?

    Il me semble donc que c’est l’objet de certaines constructions en « pour » (mais pour étant alors plutôt rattaché au verbe pour marquer une activité interne). Ces formulations ne chercheraient pas alors à évoquer un rapport linéaire de type cause-conséquence, ni le but, mais des productions contingentes, l’effet d’un processus non précisé.

    Votre beauté est faite pour mes yeux ; Mes yeux profitent de votre beauté.
    A qui profite votre beauté ? A mes yeux...
    Qui a fait votre beauté  ? Je l’ignore... et peu m’importe tant que mes yeux s’en régalent.. Qui a fait mes yeux ? vous l’ignorez ... et peu vous importe tant qu’il vous admirent => Que mes yeux se régalent de votre beauté est une production contingente de votre beauté, et cet effet n’est possible que s’il y a mes yeux pour la voir. C’est de la rencontre entre votre beauté et mes yeux, que nait l’effet.

    De même, pour votre exemple,
    « l’aile d’un oiseau est faite pour voler ». Voler profite de l’aile d’un oiseau.
    A quoi profite l’aile d’un oiseau ? A voler.
    Qui est donc responsable de la possibilité voler ? l’oiseau l’ignore... mais peu importe à l’oiseau, tant que ses ailes le lui permettent. Qui a fait l’oiseau ? la possibilité de voler l’ignore ... et peu lui importe puisqu’elle laisse à l’oiseau cette possibilité => Que l’aile d’un oiseau permette le vol est une production contingente de l’existence de la possibilité de voler, et cet effet n’est possible que si l’oiseau a des ailes pour y parvenir. C’est de la rencontre entre les ailes d’un oiseau et la possibilité de voler que nait l’effet.

    La résolution du problème que vous soulevez, c’est justement d’expliquer que la finalité d’un système (son état final) n’est pas nécessairement le fruit d’une volonté, même si cela peut cependant être la cas de manière contingente. La seule position durable est d’éclaircir le concept de finalité.

    Mais comme vous-même, vous ne pouvez envisager l’existence d’une finalité sans volonté (ce qui est une pensée relevant du finalisme), pour je ne sais quel tabou, alors que physiquement (attracteur étrange, point fixe, moindre action, principe des variations...), socialement, économiquement, il y a clairement des états finaux, vous en venez à nier l’intérêt de s’interroger sur la finalité des choses.

    En fait, ce n’est pas l’interrogation sur la finalité d’un processus qu’il faut mettre en cause, puisque c’est la base de la réflexion pour déterminer où l’on va, mais la tendance à y voir systématiquement une volonté expresse.

    Vous pouvez donc à loisir soulever le problème des « théoriciens de la conspiration » (mais d’où vient ce terme ?), qui croient voir volonté en tout aboutissement (finalité d’un processus), mais force est de constater que vous considérez également que toute finalité est le fruit d’une volonté... D’où votre nécessité de nier l’interrogation de peur des réponses qu’elles peuvent suciter, puisqu’intuitivement, vous seriez porté aux mêmes types de réponse, alors que ces interrogations sont utiles, puisqu’elles consistent à prévoir.

    D’où aussi votre inclination à ne pas donner de valeur aux formulations décrivant des finalités. Même si cela vous pousse à vous perdre dans l’infini détail des contingences en en restant à des formulations correspondant à une logique déductive, simple enchainement linéaire de type cause / conséquence.

    Quand à ma réflexion sur le besoin d’utopie
    « Il y a un besoin d’utopie. Imaginer un futur, le meilleur compromis entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable »
    Et un coup d’oeil sur le dictionnaire :
    ---------------------------------------------------------------------
    (1)UTOPIE. n. f. Conception imaginaire d’un gouvernement, d’une société idéale.
    Par extension, il se dit d’une Chimère, de la conception d’un idéal irréalisable. Beaucoup de gens estiment que l’organisation de la paix universelle n’est qu’une utopie.
    ----------------------------------------------------------------------
    Me montre que j’utilisais le terme utopie à contre-emploi.
    Ne se souvenir que de « Imaginer un futur, le meilleur compromis entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable » et oublier l’utopie...

    Cordialement.



  • ffi ffi 8 avril 2010 00:58

    Il me semble que les phrases ne sont pas que des agrégats de mots.

    Il y a essentiellement deux manières de « lire » la phrase : la mondialisation est faite pour baisser les salaires. Il me semble que vous la lisez ainsi :

    <la mondialisation est faite> <pour baisser les salaires>

    Par conséquent vous avez tendance à vous interroger sur qui fait la mondialisation et donc sur qui est responsable de la baisse des salaires.

    Personnellement, je l’entends plutôt ainsi :

    <la mondialisation> <est faite pour> <baisser les salaires>

    C’est une question de valence du verbe (voir là, paragraphes 3.2 4.2)
    Dans ce cas, la préposition n’est pas strictement indépendante du verbe, mais elle en dépend en partie. C’est équivalent aux formes anglaises (get up, stand up, shut up), et il est vrai que le français, en général, préfère préfixer les verbes.

    Pour trouver un équivalent à une telle construction en matière préfixée, revenons-en au latin :
    pour -> por
    +
    faire -> facer, factus et -ficere en composition
    = porficere,
    Qui signifie en latin « faire des progrès », qui a donné ... profiter.
    Substitons notre verbe préfixé dans la phrase litigieuse à la place du groupement verbal.
    La mondialisation profite de la baisse des salaires.
    A qui profite la baisse des salaires ? A la mondialisation.

    Il ne faut pas voir dans ce genre de phrase une mention à qui fait la mondialisation.

    En effet, dans cet autre exemple : cet homme est fait pour ce métier.
    Doit-on s’interroger sur qui a fait cet homme, ou bien sur ce qui profite à cet homme ?

    De plus parmi ces deux phrases :
    - cet homme est fait pour ce métier.
    - ce métier est fait pour cet homme.
    laquelle signifie
    - cet homme profite à ce métier.
    et laquelle signifie
    - ce métier profite à cet homme.
     ?
    Il est fascinant de voir comme il quasiment impossible de distinguer entre ces formulations. La seule explication que je vois, c’est qu’elles expriment chacune un progrès simultané des deux parties en présence.

    Il me semble donc qu’il est correct de voir la construction « ceci est fait pour cela » comme la mise en rapport de 2 choses qui se grandissent simultanément et mutuellement, c’est-à-dire une production de 2 phénomènes quasiment consusbtantiels l’un pour l’autre. Être fait pour est défini comme « Être propre à, être capable de » dans le 8ème dictionnaire de l’accadémie, ce qui marque bien un rapport tant consubstanciel, que potentiel entre les deux agents du procès que sont ceci et cela.

    Il me semble par ailleurs que vous aillez du mal à admettre qu’une finalité ne puisse pas être le produit d’une volonté particulière. Pourtant, même en physique, celle-ci existe, par exemple, au travers du concept d’attracteur étrange en théorie du chaos. C’est-à-dire que l’évolution d’un système tend vers une limite, une fin. On le retrouve encore dans le principe de moindre action et les principes variationnels.

    D’un point de vue de la société, on a des phénomènes identiques. Nous avons des quantités d’acteurs indépendants, lesquels suivent tous une certaine logique d’action, avec leurs fins propres. Toutes ces actions se cumulent, s’inspirent réciproquement dans une infinie variété et un infini détail, ce qui fait émerger une finalité sociale qui transcende les finalités individuelles. Si chacun des acteurs suit des méthodes identiques (par exemple si il y a l’opinion qu’il faut faire ainsi dans tel cas dans la culture et que chacun suit cette même logique), alors cette finalité est une amplification des finalité individuelle, mais seulement dans la mesure où l’environnement physique peut la supporter...
    Dans l’exemple de la mer d’Aral, tous les agriculteurs d’Asie centrale voulaient cultiver du coton, donc ils ont tous choisi d’irriguer, mais l’importance des prélèvements a fait s’assécher la mer d’Aral. S’ils avaient pu entrevoir que la finalité de leur action collective était l’assèchement de la mer d’Aral (et l’impossibilité de la culture du coton à terme par un assèchement de la zone), ils auraient été portés à mettre en place préventivement une stratégie de gestion de la ressource en eau.

    Dans le cas de la mondialisation nous avons un phénomène similaire. Les agents économiques veulent faire du profit. Pour cela, ou ils délocalisent, ou ils négocient les salaires à la baisse, ou ils tendent d’acquérir des marchés à l’exportation. Il font donc un profit immédiat. Mais comme tous les agents économique font de même, à moyen terme le résultat de leur action collective, entraine la paupérisation des acheteurs potentiels, leur marché diminue, ils font donc moins de profits. Cela est contraire à leur intention initiale car ils veulent faire plus de profit. Puisqu’il y a eu profit immédiat la première fois, avant le retour de bâton de l’effet à moyen terme (paupérisation), chacun des agents croit que la méthode est bonne, mais estime que c’est la météo qui est difficile, alors chacun des agents qui veut toujours faire du profit veut pouvoir ou délocaliser ou baisser les salaires ou exporter d’avantage : il faut donc politiquement ouvrir d’avantage les frontières dans le but de créer plus de richesse. Mais, comme la première fois, c’est une nouvelle vague de paupérisation qui s’en suit... Les profits s’évanouissent, les acteurs en veulent donc d’avantage...etc : c’est un cercle vicieux.

    La mondialisation est faite pour augmenter les profits mais ça fait baisser les salaires ce qui fait diminuer les profits, et comme l’opinion est que la mondialisation fait augmenter les profits et que les agents veulent du profit, la mondialisation est accrue, mais ça fait baisser les salaires, ce qui fait diminuer les profits ; et comme l’opinion est que la mondialisation fait augmenter les profits et que les agents veulent du profit, la mondialisation est accrue, mais ça fait baisser les salaires, ce qui fait diminuer les profits ; et comme l’opinion est que la mondialisation fait augmenter les profits et que les agents veulent du profit, la mondialisation est accrue, mais ça fait baisser les salaires ce qui fait diminuer les profits, ; et comme l’opinion est que la mondialisation fait augmenter les profits et que les agents veulent du profit, la mondialisation est accrue mais ça fait baisser les salaires... => La mondialisation est parfaite pour baisser les salaires....

    C’est cela le processus de la mondialisation : elle est motivée par l’inadéquation entre les intentions individuelles et les résultats obtenus du fait de l’aspect erroné de la méthode utilisée pour parvenir à ces fins individuelles.

    C’est un cercle vicieux. Nous ne sommes pas ici à décrire un système de causalité linéaire, mais un système qui boucle en rétroaction sur lui-même, ce qui fait qu’il est difficile d’identifier un point initial (une cause première) et de partir dans un système de déduction logique. Tout se fait simultanément, tout s’imbrique. Les responsabilités sont difficiles à établir, car elles sont plutôt dans une logique erronée que suit indépendamment chacun des acteurs.

    Cependant l’effet global du système est identifiable ( l’attracteur étrange) : c’est de faire baisser les salaires.

    Maintenant, je voudrais évoquer une petite chose un peu piègeuse qui me semble la source des confusions.

    Historiquement, dans l’esprit des gens la cause des choses était l’effet de la volonté de(s) Dieu(x) (les voies du seigneur sont impénétrables). Par conséquent dans le langage, la marque de l’intention pour et la marque de la cause parce que, sont assez confusément distinguées. Descartes par exemple utilisait encore la préposition pourceque dans le sens de parce que. La cause finale, volonté divine, était ainsi, paradoxalement, la mère de toutes les causes, la véritable cause initiale

    A partir du XVIIème siècle (d’abord Newton, puis les lumières) et avec la montée de l’athéisme, l’idée qu’il puisse exister une cause finale a été combattue car elle représentait l’idée même de Dieu (par Nietzsche par ex). La science a été refondée comme un système de déduction logique suivant la flêche du temps causal (passé vers futur), c’est-à-dire, qu’elle s’évertue à vouloir partir des causes premières pour en déduire des conséquences. Cette tournure d’esprit s’est généralisée dans les populations, à la faveur de l’éducation, qui a formé quasiment exclusivement les intelligences à cette pratique de recherches des causes.

    L’effet pervers, c’est que la réflexion sur la finalité des actes est restée à l’état de friche, alors que savoir réfléchir sur la finalité de nos actes est un élément essentiel de la citoyenneté : donner la mort sans intention de la donner est pénalement répréhensible. De plus, j’ai indiqué plusieurs cas, en biologie, en théorie du chaos, en théorie des systèmes, en mécanique (principe de moindre action), où nous n’avons pas accès aux causes premières avec assez de détail, ce qui oblige à penser en terme de finalité.

    Par conséquent, au XXème siècle, la population, ayant en partie perdu cette faculté, au lieu de se projeter dans l’avenir pour déterminer une finalité viable et soutenable - sans condradiction avec les possibilités offertes par le monde, est allée de drame en drame, et en réponse à ceux-ci, a plutôt penché à rechercher dans des boucs émissaires les causes de ses afflictions.

    Et je pense que c’est ce problème précis que vous voulez pointer dans votre article, ce sur quoi je suis en accord dans l’intention, mais en désaccord sur la résolution. Il me semble en effet éminament important que les gens aient la capacité de s’interroger sur la « finalité de l’histoire », telle qu’elle se déroule sous nos yeux. C’est tout entier l’objet de la politique, et le seul. Comprendre la finalité des mesures qui se prennent peu à peu.

    Ce qu’il faut critiquer, c’est la recherche des boucs émissaires, issue de cette addiction mentale à vouloir voir des causes humaines facilement identifiable en tout. C’est inutile, car, d’une part, il n’y a nul crime sans loi, et, d’autre part, les lois ne sont pas rétroactives...

    Au vu de la situation, il me faut reconnaître que les gouvernements sont ou de mauvaise volonté, ou extrêmement incompétents et l’on peux comprendre que les gens recherchent des responsables. Pour moi-même, le coup de la loi 73-7 a dû mal à passer....

    la loi 73-7 et l’UE auront été faites pour démanteler la République...

    A qui profite ce crime ? A l’empire de la finance essentiellement.

    Mais l’important, c’est de savoir comment en sortir.

    Il y a un besoin d’utopie. Imaginer un futur, le meilleur compromis entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable. Donner du sens à nos vies.
    S’organiser pour le mettre en place.

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