La spéculation intellectuelle ne connait pas ses limites puisque nous l’apprécions avec notre cerveau et que lui seul fait autorité [...] Mon travail avec le psychiatrique me fait toujours considérer le spirituel comme une porte ouverte sur les décompensations maniacodépressives, ou autre psychoses.
Entièrement d’accord : Si l’intellect n’a plus de points d’ancrage dans le réel, lorsque l’imagination est tenue comme moyen valide de prouver l’imagination, c’est la porte ouverte à l’hallucination et à la pensée magique. L’imagination se justifie d’elle-même. Les mots perdent alors leur lien avec le réel. La pensée est alors vraiment libre. Sauf que l’on se cogne...
La science, c’est d’abord sanctionner son imagination par un expérimentation dans le réel.
Cependant, comme vous le dites, puisque la spiritualité peut mettre en grand désordre notre intellect, nous pouvons en déduire que nous pouvons user de spiritualité pour agir sur nos dispositions intérieures. Mais toute spiritualité a son effet à cet endroit. Certaines sont nocives, car elles sèment le plus grand désordre en l’esprit, tandis que d’autres sont bénéfiques car elles l’équilibrent.
Pour les nocives, c’est en particulier le cas de toutes ces spiritualités qui encouragent l’intellect à se détacher de tout ancrage au réel.
Correction : Personnellement, je ne vois rien qui soutiens l’analogie de Rutherford en physique.
Si elle avait été fondée, tout ce serait parfaitement emboité, nous aurions eu accès à la trajectoire et à la position des électrons. Nous en aurions déduit tout un tas de chose qui aurait été retrouvées par l’expérience. Or, l’expérience n’a pas confirmé ce modèle, d’où la MQ.
Notez également, que ce n’est parce que l’on a fait une analogie, comme celle qui concerne la couleur de l’or et du soleil dans votre exemple précédent, que celle-ci a du sens. Une analogie peut être superficielle et peu créative en matière d’intelligence, elle peut mener à des confusions et à des amalgames.
Personnellement, je ne vois qui soutiens l’analogie de Rutherford en physique.
D’autre part, il faudrait s’entendre aussi sur ce qu’est un symbole. Un symbole, c’est d’abord un signe de reconnaissance, conventionnel, pour signifier l’appartenance à un groupe (c’est une sorte de mot de passe).
Les symboles ne concernent donc pas tant l’intelligence rationnelle des choses, que l’intelligence sociale des appartenances.
Une école ésotérique est prolifique en symboles, car il lui faut déjà se rendre distincte de l’extérieur, mais il lui faut encore rendre distinct les divers grades en son sein, ce qui exige à chaque fois un symbole.
Désolé, mais je crois que vous vous trompez... Nietzsche dit bien : « l’Exotérique [...] voit de bas en haut, — tandis que l’Ésotérique [...] voit de haut en bas ».
Pour moi, ce sont les pensées ésotériques qui ont besoin des catégories hiérarchiques et logiques (cf le Timée de Platon). Cette hiérarchie logique se décline également dans l’organisation des groupes ésotériques et les maîtres y sont sans conteste au-dessus des apprentis (il n’y a pas d’égalité devant Dieu, les maîtres se considèrent comme les élus). Du fait de cette supériorité, ils ont droit à un savoir auquel les apprentis n’ont pas droit.
Il me semble que vous croyez que le recours aux symboles est le propre de l’ésotérisme. Mais, sur ce point, vous vous trompez totalement.
L’analogie de l’ordre de l’onirisme ? Pas forcément. Par exemple, toute la théorie de la conduction électrique fut faite par analogie avec celle de la conduction thermique. En science, le recours à l’analogie est fréquent.
L’analogie, c’est ce qui permet de créer des concepts. On prend deux choses qui existent, on regarde leur similarité, on y enlève tout ce qui est accidentel pour aller à l’essentiel. Ainsi, grâce à l’analogie, on a construit une catégorie.
Je prend deux êtres humains concrets, je considère tout ce qui est similaire, et j’approche donc ainsi ce qu’est l’humanité.
Vous pouvez rapprochez ma position sur ce sujet de celle d’Abélard lors de la querelle des universaux (conceptualiste).
La pensée a besoin des deux mouvements : L’analogie pour étendre les connaissances et construire des catégories nouvelles. Les catégories pour déployer la connaissance actuelle par la logique.