@Armelle De plus ... Dans une décision du 2 février, la plus haute juridiction administrative étend aux réfugiés déjà reconnus ailleurs en Europe la possibilité d’accéder aux « titres de séjour pour soins ».
La France, généreuse, était déjà le seul pays d’Europe - à l’exception de la Belgique qui dispose d’une procédure assez proche - à proposer spécifiquement des « titres de séjour pour soins », qui permettent d’accueillir légalement des migrants dès lors qu’ils nécessitent une prise en charge médicale sans laquelle ils courraient un risque critique pour leur état de santé. Néanmoins, pour que le demandeur soit accueilli, il ne doit pas exister d’offre de soin équivalente dans son pays d’origine.
Raison pour laquelle les préfectures jugeaient jusqu’ici irrecevables une demande de titre de séjour pour soins d’un réfugié déjà accueilli dans un autre pays de l’Union européenne, considérant que les systèmes de soins en Europe sont peu ou prou équivalents et que le pays d’accueil est chargé d’accorder au réfugié les soins nécessaires à sa santé. Mais cette argumentation jusque-là appliquée par les autorités françaises a été retoquée par le Conseil d’État, dans une décision du 2 février 2026 que Le Figaro a pu consulter. Elle élargit encore l’accès aux soins gratuits des étrangers. Cette catégorie de titre de séjour est désormais ouverte aux étrangers déjà accueillis dans un autre pays de l’UE que la France. « C’est fou », résume une source proche du dossier qui note que, désormais, un « réfugié qui a obtenu le statut en Grèce pourra obtenir des soins gratuits en France, alors même qu’un citoyen grec, lui, ne le pourrait pas ».
Notre « droit du sol » ne fait pas ( pas du tout ! ) de nous un pays plus démocratique que les 21 pays européens qui appliquent un Droit du sang strict.
Anecdote : mon bailleur, la propriétaire de la maison où j’habite ( au 2e étage, et elle au 1er ) est une comtesse d’origine belge qui a épousé un comte français également agriculteur et éleveur. Il est malheureusement décédé ; j’appréciais beaucoup de tailler une bavette avec lui et de temps en temps de partager une partie d’échecs — il était fort ! ). Après son mariage, elle s’est installée en France et a passé une 60taine d’années ici, en élevant trois enfants et en travaillant. Elle est grand-mère d’une douzaine de petits-enfants tous adultes, dont aucun n’est devenu délinquant ; et tous travaillent en gagnant leur vie ou poursuivent sérieusement des études. Pourtant il lui a fallu attendre plus de deux ans pour acquérir la nationalité française ; à sa demande, le député Gosselin ( Manche ) a fait progresser le dossier.
Pendant ce temps, des milliers d’Aliens clandestins ont reçu des papiers leur octroyant des doits alors qu’ils n’ont jamais contribué à quoi que ce soit, et que bon nombre d’entre eux sont des délinquants.
Le droit du sol, je suis totalement contre ; sauf exceptions réellement exceptionnelles, dues à des circonstances particulières, et laissé à la discrétion du ministre MAIS sans que cela soit tenu secret. Pas de magouilles !
On pourra, au fil des ans, multiplier les nominations les plus prestigieuses, profiter des avantages et des palais de la République, prétendre servir l’intérêt général (on réclamera le titre honorifique de « grand serviteur de l’État ») et, pourquoi pas, faire même quelques allers-retours vers le privé, sans jamais cesser d’être compétent. La compétence est un état. J’en arrive donc à la conclusion suivante : la compétence est la vertu cardinale de la classe technocratique, qui produit les hommes dont elle a besoin pour se maintenir et s’étendre ; elle permet aux hommes de l’appareil de se maintenir dans l’appareil et de progresser dans une technostructure qui, par ailleurs, maîtrise moins la société, qu’elle ne la vampirise pour s’alimenter.
Comprenons-nous bien : cela n’enlève rien aux qualités individuelles évidentes des membres de la caste des compétents. Mais on peut croire que, dans des temps historiques houleux, où les institutions se calcifient, où la tentation du népotisme est plus forte que jamais, le sens de la décision, du courage, la capacité à penser à l’extérieur des catégories convenues, à traduire aussi politiquement les aspirations populaires trop longtemps étouffées, soient des vertus bien plus nécessaires. Ces vertus, hélas, le régime les nommera autoritarisme, démagogie et populisme.