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Tout à fait, la « droite » et la « gauche » ne représentent pas autre chose que le côté de l’assemblée où l’on s’assoit, des idées classées à gauche dans un pays ou à une époque pouvant être classées à droite dans un(e) autre, et vice versa. Et on retrouve d’ailleurs des idées communes à ce qui devrait être de parfaits opposés : l’extrême gauche et l’extrême droite se retrouvaient sur la lutte contre l’immigration sous Georges Marchais, ils se retrouvent sur la haine des « riches » aujourd’hui, et qui sait, peut-être sur la haine des Juifs demain, ça ne serait pas une première dans l’Histoire !
Après, que les élus des deux bords adaptent leur discours en fonction de l’électorat visé, c’est une constante historique : les membres de l’Etat cherchant comme tout le monde à maximiser leur intérêt vont faire du « marketing » pour gagner des « parts de marché » dans leur segment de population cible, afin de gagner les élections et ainsi avoir encore plus de pouvoir, au prix d’une démagogie éhontée (langue de bois, pensée unique) et d’une extension sans limite de leur action coercitive dans la sphère privée des citoyens. Ces phénomènes ont été prévu dès Schumpeter et ensuite très bien été analysés par les travaux de l’école des choix publics durant la deuxième moitié du XXème siècle.
J’ajouterai un extrait d’une analyse de ce « socialisme de gauche et de droite » à la française, par Alain Laurent :
Si on peut trouver des différences énormes entre la gauche et la droite, ça ne veut pas dire qu’ils se battent pas des deux côtés contre les individus !
L’idée de base qui anime donc le socialisme dans son essence même peut se caractériser ainsi : les individus sont par nature incapables de diriger judicieusement et efficacement leur vie par eux-mêmes ainsi que de coopérer volontairement et équitablement entre eux. Ce sont de grands enfants forcément irresponsables et égoïstes (dans l’acception péjorative du terme) ; ils ne sont nullement propriétaires d’eux-mêmes mais appartiennent, au sens possessif, à la « collectivité » ou au grand organisme social dont ils ne sont que des fragments. En conséquence de quoi, l’État (=les membres du Parti, les « gentils » qui ne veulent que notre bien) forcément omniscient et omnipotent doit les prendre en charge et les placer sous sa tutelle économique et sociale, relayée par des « collectifs » locaux, afin de les organiser, les diriger, les solidariser et les contrôler. Ce qui ne peut bien sûr se faire qu’en les dépossédant de leur indépendance et leur responsabilité individuelles. Les socialistes de droite comme de gauche rivalisent ainsi de créativité pour déresponsabiliser l’individu de manière à le soumettre et le rendre le plus dépendant possible de l’autorité centrale que constitue l’Etat et l’oligarchie qui est dans ses petits papier (principalement toutes les très grosses entreprises qui se gavent de subventions). C’est la raison pour laquelle on observe depuis la guerre un phénomène de destruction de la sphère privée, le système s’insinue dans les moindres recoins de la vie et de la propriété privée pour imposer les décisions centrales. La courbe perpétuellement croissante de la dépense publique, du taux de prélèvement obligatoires, le nombres de normes, réglementations, ingérences étatiques dans les affaires privées des gens est une parfaite confirmation de cette évolution. En 2012 comme dans les années 30, on peut entendre des discours qui prônent ouvertement la vassalisation entière et complète des individus à l’Etat (notamment via la fiscalité), l’extension sans aucunes limites des prérogatives de la loi arbitraire d’une poignée d’élus, jusqu’à nier complètement l’existence de droits de l’homme à la liberté et à la propriété privée inaliénables, pourtant gravés dans le marbre depuis la révolution.
Justement, vivez une vie de loisirs si ça vous chante, mais avec votre argent, pas celui des autres.
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