Votre acharnement à défendre l’indéfendable vous fait trop souvent écrire n’importe quoi :
1) Avant que de commenter l’arrêt de la Cour de cassation et d’écrire n’importe quoi vous auriez été bien inspiré de le lire et d’en lire les attendus.
Je vous en donne des extraits ici, sur le deuxième moyen du pourvoi du Crédit Lyonnais la Cour écrit :
"la cour d’appel, qui a statué par des motifs impropres à faire apparaître que l’immixtion du Crédit lyonnais dans l’exécution du mandat délivré à sa filiale avait été de nature à créer pour les mandants une apparence trompeuse"... "n’a pas donné de base légale à sa décision"
Excusez du peu ! On peut certes arguer que le jugement porte sur la procédure en Cour d’appel, comme le mandat de la Cour de cassation le prévoit, mais en l’occurence le jugement de la Cour de cassation est assez violent... Avec un jugement pareil en cassation nul doute qu’un nouveau jugement en appel n’aurait pas pu être arrangé en faveur de M Tapie....
2) Par ailleurs, sur l’attitude de l’état dans cette affaire, je vous rappelle ces informations parues dans le Monde le 19 juillet
"on ne peut qu’être étonné par l’attitude de l’Etat dans ce dossier, tant la puissance publique semble s’évertuer à servir les intérêts de la partie adverse.
Amenée à juger cette affaire, la cour d’appel de Paris avait condamné en 2005 le Consortium de réalisation (CDR), l’organisme public chargé de liquider les actifs douteux de la banque, à verser 135 millions d’euros à M. Tapie.
A l’automne 2006, la Cour de cassation casse cet arrêt et renvoie, comme l’exige la procédure, l’affaire devant une autre cour d’appel. A noter que, dans les deux cas, les procureurs généraux, représentant le ministère public, ont plaidé... en faveur de Bernard Tapie."
Donc le ministère de la justice a donné en appel puis en cassation consigne à ses représentants de plaider en faveur de M. Tapie. Voilà qui est pour le moins peu ordinaire.
C’est déjà un miracle si la Cour de cassation a cassé cette bien étrange procédure !
L’étape suivante a alors été la consigne donnée mar Mme Lagarde d’abandonner la voie judiciaire et de recourir à un tribunal arbitral.... La voie judiciaire étant mal maîtrisée...
Donc nous avons un état qui fait plaider contre lui-même comme s’il voulait absolument perdre en appel puis en cassation, à une époque où le président en exercice du CDR veut gagner ce procès.
La Cour de cassation casse le jugement en appel avec des attendus qui plombent toute perspective de victoire pour M tapie en cas de nouveau jugement en appel.
L’état remplace le président du CDR par un président plus attentif à ses consignes, fait décider en conseil d’administration de l’EPFR que l’on va laisser la voie judiciaire et procéder à un arbitrage, négocie un arbitrage qui conduit à payer 400 millions d’euros, de quoi financer 15 OOO enseignants à l’éducation nationale pendant un an.
et vous trouvez tout ça normal ???? Et vous le défendez envers et contre tout ????
Vous constestez "effet de levier qui est l’essence même de leur intérêt, a des conséquences très dangereuses dès que le marché cesse d’être à la hausse." en énonçant :
"Je ne suis pas d’accord. D’abord parce que cela n’a rien a voir avec hausse ou baisse du marche, tout depend du sens de la position.
Ensuite parce que bien sur que ‘l’effet de levier’ est connu tout comme on peut valoriser ces positions. On ne les valorisent pas comme une position spot. Mais encore faut il les connaitre !"
Sur le premier point je veux bien nuancer men expression en invoquant une inversion de tendance au lieu de dire "cesse d’ête à la hausse", au sens où dans ce cas l’investisseur est pris à rebours, mais vous pinaillez. En effet, si on considère les crises financières survenues depuis les années 80 on voit bien des marchés partir en spirale à la hausse jusqu’à se crasher quand la réalité économique devient intenable, plutôt que des positions à la baisse prises massivement en défaut au point de provoquer des crises.
Dans le contexte de la discussion ici le fait que l’on soit dans une situation haussière qui s’interrompt est bel et bien le sujet.
Par ailleurs, si l’effet de levier est connu il est devenu complètement irréaliste d’écrire que les acteurs peuvent connaître (a fortiori anticiper) les positions d’une manière générale et durable. Compte tenu à la fois des masses colossales échangées chaque jour et de la vitesse des échanges, c’est une vue de l’esprit. Cela tient uniquement et très momentanément quand il y a une tendance bien ancrée et cela s’écroule dès que cette tendance flanche ou a fortiori s’inverse.
lorsque j’écrivais "on veut gommer le risque" notamment par la titrisation, je pointais précisément le fait que vendre un risque revient pour celui qui a emprunté (pour faire une opération puis revend le risque après avoir empoché sa marge) à ne plus porter ce risque.
Le risque existe bien toujours mais c’est un auter qui le porte. Celui qui a vendu le risque l’a bel et bien gommé de son bilan et peut recommencer, avec une crédibilité renforcée.
Ce n’est pas parce que les banques peuvent prêter plus qu’elles ne possèdent que cela induit nécessairement de la création de monnaie à tour de bras.
Dans les conditions créées au début des années 70 la création de monnaie s’apprécie au travers des fameux agrégats monétaires, M1 et surtout M3.
Si la politique d’encadrement, de régulation, fait que ces agrégats sont 1) bien mesurés (...) et 2) ont une croissance maintenue strictement au niveau de la croissance économique, alors il n’y a pas de création montéaire incontrôlée de la part des banques, au contraire de ce qui a malheureusement été le cas trop souvent depuis les années 80.
Dit autrement il est en théorie possible que la politique monétaire ait un vrai contrôle sur la création de monnaie, au lieu que ceci ne relève que de l’activité bancaire.
Dire cela ne signifie pas que l’on supprime les banques.
Je vous accorde bien volontiers que le Commissariat général au plan avait cessé d’exister avant 2005, mais certainement pas dès les années 80.
Pour ce qui est de la décentralisation des années 80 (première vague donc) je ne suis pas d’accord pour dire qu’elle aurait tué la stratégie de l’état, car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Ce qui est vrai en revanche c’est que la contrainte économique s’est renforcée année après année depuis 30 ans (crises économiques diverses, monnaie qui ne dépend plus de l’état, nombreuses contraintes acceptées dans le cadre de l’UE, coupes dans les impôts qui enlèvent encore de la capacité d’action, poids croissant du remboursement de la dette...).
Du coup alors que l’état tout puissant et en période de croissance (que certains croyaient infinie) des années 60 pouvait beaucoup décider et investir, l’état en est arrivé aujourd’hui à organiser son rétrécissement.