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Moristovari

Moristovari

« Traverser un désert, c’est pas grand chose. Ce qui est terrible, c’est naître dedans, c’est grandir dans un désert. » - Deleuze

Tableau de bord

  • Premier article le 03/06/2009
  • Modérateur depuis le 23/09/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique








Derniers commentaires



  • Moristovari Moristovari 18 juillet 2009 09:29

    @ Barbouse & Lucien

    On sait depuis Hegel que le fond, c’est la forme. Le fond, c’est la pensée, l’écriture, c’est la pensée : on écrit comme on pense. Tricher est possible mais je vous crois sincère. Remarquez que je ne critique pas la grammaire ou l’orthographe de vos écrits, juste le sens. Vous ne maîtrisez pas encore le sens car vous il vous manque des connaissances : vous raisonnez au delà des limites de votre savoir.

    Vos articles et commentaires sont hermétiques, abscons, et ne le méritent pas. Cachés sous ces buissons d’épines se trouvent des idées simples, soit fausses, soit évidentes : c’est pourquoi je critique peu le fond. Le développement intellectuel personnel passe par redécouvrir l’eau tiède, aucune faute là-dessous. Permettez-moi de ne pas m’en extasier comme vous et de préférer poursuivre mes intérêts présents, tel capitalisme & schizophrénie, d’où découle paranoïa, théories du complots et marketing de la peur - j’avoue que la prolongation de mon entretien n’avait d’autre raison d’être. Bien à vous et sans rancune.

    PS @ Barbouse

    Pourquoi une vingtaine de lecteurs ont répondus à votre précédent article et seulement trois pour celui-ci ? Peut-être car vous êtes resté sourd aux critiques formelles, de Gül entre autres, critiques adressées non au français mais au sens, à la logique, à la clarté.

    Mes doutes sur vos confidences - car j’en avais, nous sommes sur internet - s’envolent. N’ayant pas votre sincérité, j’en aurais plus dit en privé, ici juste que réfléchir trop ne sert à rien si on ne se détend pas autant. C’est ce que j’ai retenu d’une correspondance par mail avec un petit candidat à la présidence de 2007 qui, bien que scientifique qualifié et petit génie ayant redécouvert la relativité générale à 16 ans, déniait sa schizophrénie certifiée et avait construit un programme scientiste aberrant. Le lièvre avait prit un bon départ mais s’était trompé de route ; en allant plus lentement on risque moins de se perdre. Pour moi vous allez à bonne allure mais croyez prendre des raccourcis qui vous allongent. Demander votre chemin, par exemple à Dostoïevski : ses livres possèdent un sens contagieux.



  • Moristovari Moristovari 17 juillet 2009 18:02

    Permettez... S’il elle flatte l’orgueil de son auteur, cette rhétorique estudiantine consistant à dire d’une manière compliqué des choses simples possède le grand défaut de perdre généralement son sens premier et même souvent tout sens, ne pouvant alors berner que ceux qui ignorent le sens des mots que vous employez. Par ex, cette phrase :

    « L’analyse par instantanés photographiques statiques (même les plus rigoureux) d’une dynamique évolutive ne peut rendre compte de la réalité du phénomène observé. »

    Une dynamique évolutive étant rarement prise en photo, photographiques devrait être retiré ou mit entre guillemet... tout instantané est statique, le mouvement c’est le temps et l’instantané c’est l’absence de temps, vous faites un pléonasme... seule l’analyse peut être rigoureuse, un instantané se passant de ce genre d’adjectif.

    En simplifiant plutôt qu’en compliquant, le lecteur y gagne ainsi que l’auteur, du moins si le but de celui-ci est de se faire comprendre.



  • Moristovari Moristovari 17 juillet 2009 11:38

    Curieux post. Mais je comprend désormais mieux pourquoi ce mot que j’ai plusieurs fois prononcé vous irrite : « parano ».

    Souvenez-vous du premier commentaire de votre précédent article, celui de Gül : l’essentiel était là.



  • Moristovari Moristovari 16 juillet 2009 13:54

    @ barbouse

    Chercher l’homme derrière le pseudo : c’est un peu ça, sans les certitudes ni le fanatisme catégorisateur bureaucratique. Je répète souvent ce mot de Nietzsche : « les convictions sont des prisons ». Que vous soyez banlieusard ne fait pas de vous un sous-cultivé, par contre cela peut expliquer l’importance que vous consacrez au « ghetto » dans vos articles. Importance surréaliste car vos articles parlent du monde occidental dans son ensemble : or, dans ce monde, la plupart des gens ne vivent ni en banlieue ni dans des banlieues « ghetto » difficiles. Mais la banlieue est devenue médiatique contrairement au petit village du terroir qui ne l’est plus.

    Nous arrivons au pouvoir des médias et à la culture ghetto. La culture ghetto, je la caractérise par les rappeurs : les rappeurs ont eu une influence certaine sur la jeunesse et les banlieues. Les rappeurs furent au départ un phénomène local, des artistes-contestataires sincères dans lequel se retrouvaient les jeunes. Mais leur réussite intéressa les managers avides d’argent et cette culture fut détournée au profit de la société de consommation : vendu comme produit de masse, nouvelles idoles des jeunes, les rappeurs devinrent des modèles à suivre. Et ce modèle eut un succès fulgurant, planétaire, notamment dans les banlieues dont ils parlaient. Les jeunes imitèrent leur allure, leur parler, leur mode de vie. Bien des banlieues ne connaissaient aucun gang avant que les rappeurs n’en parlent à la télé.

    Creusons : au delà du mode de vie apparent des rappeurs, quelles sont les valeurs morales qu’ils promulguent comme raisons de vivre et qui eut tant de succès ? Et bien : égoïsme, égocentrisme, absence de morale classique et de spiritualité, paraître avant l’être... Cependant, ces valeurs ne sont pas typique des seuls rappeurs : ces valeurs sont aussi celles des stars, des millionnaires, des bourgeois. Ces valeurs, ce sont celles du nihilisme.

    Si ces valeurs ont essaimé avec succès dans le monde, cela n’est pas dû au hasard : ces valeurs s’accordent merveilleusement avec le système capitaliste. Dans ce système la réussite, le pouvoir, est proportionnel à l’argent possédé. Or le meilleur moyen d’obtenir rapidement un emploi hautement rémunéré est de suivre ces valeurs. Dans le contexte d’une banlieue, celui qui gagne le plus est le dealer, un nihiliste, dans le contexte culturel c’est la star, aussi nihiliste. Social, politique, économie : la majorité de ceux qui réussissent sont nihilistes et l’argent est leur seul dieu.

    Remâchons le bout de gras sur le sérial killer. Concrètement : il y eut tout le temps des sérials killers, a toute époque, et le succès culturel de ce personnage dans les 80’ n’a comme correspondance avec la société de l’époque que la perpétuation d’une tradition horrifique catharsique. L’Homme a besoin de monstres pour se faire peur et chaque génération a ses monstres fétiches. Il y a les monstres imaginaires qui font toujours recettes (Dracula, Frankenstein) et il y a les monstres humains caractéristiques de la culture dominante : aujourd’hui c’est le terroriste, hier ce fut le sérial-killer, avant le communiste, auparavant le nazi, auparavant le juif, auparavant la sorcière...

    Tout homme à son fond de paranoïa, un goût pour la peur : on parle du marketing de la peur comme si cela était un complot gouvernemental récent alors que l’explication est si simple (et c’est généralement le cas : cf le rasoir d’Occam) : avoir peur est un instinct humain et chercher un bouc émissaire comme catharsis l’est aussi. Tout groupe, et c’est surtout visible chez les enfants, finit par trouver sa ou ses victimes qui permet(ent) à la majorité de défouler sa peur et sa violence. Le sacrifice rituel est propre à toutes les communautés humaines car c’est une résultante naturelle de ce contexte. Ce processus victimaire a notamment été étudié par René girard.

    Donc la peur et la violence sont naturels. Donc chercher des boucs émissaires est naturel. Donc la plupart des boucs émissaires n’ont aucune raison de l’être. Mais certains boucs-émissaires le méritent : si la plupart des théories du complot sont l’oeuvre de paranoïaques, l’assassinat de Kennedy et l’attentat du 11 septembre sont effectivement douteux. Trier le bon grain de l’ivraie, c’est le travail de l’esprit critique.

    Je peux répondre, si vous voulez, à vos deux assertions mais ce commentaire est déjà long. En l’état, je peux juste dire que vous m’apprenez que deux et deux font quatre et vous donner la réponse de Sartre : « L’homme est condamné à être libre ».

    @ Lucien Denfer

    Je n’assène pas des vérités : je dis ce que je crois vrai. Et n’utilise pas constamment le conditionnel par simple paresse et élégance littéraire. Personne ne peut connaître la réalité mais on peut juger si l’on en est proche ou loin. Personne dans l’antiquité ne pouvait faire le tour de la terre et pourtant Eratosthène en calcula la circonférence. Donner trop d’importance à la réalité locale que l’on connaît pour expliquer la réalité du monde est une erreur de jeunesse que j’ai aussi commise.

    Les banlieues ne sont pas éloignés des centres de vie : elles entourent la ville. La ville, c’est là où tout les services et divertissement se trouvent, donc le prix de l’immobilier est élevé : tout le monde veut y habiter et ce qui est rare est cher. Donc les plus riches habitent en ville. Où vont les pauvres ? A coté, en banlieue, pas trop loin du travail. Les hlm ont été construits pour eux. C’est moche mais ça contient beaucoup de pauvres.

    Je ne pas de réponse sur la police. Peut-être car la police et les banlieues, c’est chien et chat : ne jamais trop s’approcher sous cause de tension ? Vous dites que pas seulement : peut-être par manque d’effectifs, et que surveiller un quartier bourgeois est plus facile : les bourgeois aiment la police, symbole d’une autorité qui veillent sur leur (nombreux) biens. Le pauvre n’aime pas la police car elle représente un pouvoir sur lequel elle concentre sa haine d’être pauvre.

    La drogue est parfaitement démocratique. Riche, pauvre, elle n’a aucun préjugé. Évidemment, la drogue est moins présente en Auvergne car l’y acheminer est plus difficile et la demande moins élevé, le trafic moins rentable. La ville et la banlieue sont les centres du trafic de drogues pour la simple raison que c’est là que ce concentre la population, la demande. Les jeunes qui y échappent ont juste la chance de ne pas avoir un dealer implanté près de chez eux, ce qui est plus courant en campagne.



  • Moristovari Moristovari 15 juillet 2009 20:48

    Sans être esclave de la psychologie - pseudo-science encore jeune, trop centrée sur l’enfant et la famille au dépend d’autres facteurs formateurs du psychisme -, j’avoue croire, comme Sainte-Beuve et contre Proust, que l’homme fait l’oeuvre. Votre article n’étant pas objectivement scientifique, il est donc pour moi soumis à votre personnalité, facteur d’erreur fondamental.

    En citant une phrase de Lacan, vous croyez que je prend Lacan comme référence ? Pensée simpliste, sans nuance : le besoin de l’étiquette. Un homme, ce n’est pas qu’un sujet, une unité : c’est toute une vie et une évolution de pensée, parfois contradictoire. J’ai cité cette phrase de Lacan parce qu’elle me paraît juste ; mais l’homme a aussi dit des bêtises, telles ses comparaisons entre concepts psychologiques et concepts mathématiques (comparaisons rendus nécessaires à la fin de sa carrière : atteint de troubles cérébraux, Lacan perdait la parole durant ses séminaires. Il dut donc avoir recours au tableau noir et aux schémas).

    Qu’est-ce que la paranoïa ? Un concept vague qu’on utilise par défaut, par raccourci (comme je disais : « Quand une argumentation portant sur des concepts compliqués et au sens indéfini comme libéralisme et capitalisme ne fait que quelques dizaines de lignes, ce ne peut être une vulgarisation, juste une caricature. Mon article n’y échappe pas »). Je dis « Vous êtes un peu parano » car vous en avez certaines caractéristiques, peu développées. Morice, contributeur assez connu, est un exemple plus sûr de trouble de la personnalité paranoïaque. Ses articles ne doivent pas être rejetés pour autant : cet état n’empêche pas la découverte et l’expression de vérités.

    Qu’est ce qui me dérange dans vos articles ? Rien ne me dérange (ne peuvent prendre vos articles au sérieux que les « esprits infantiles »), un trait m’intéresse : leur logique propre incompatible avec celle de la réalité (paranoïa). De loin, vos articles peuvent paraître vrai, de près on remarque ici et là le bricolage de la réalité. Pas d’orgueil superflu : nombreux font comme vous. L’explication de cet état général, de cette difficulté à cerner la réalité, me paraît trouvé par Deleuze : ainsi, selon lui, le capitalisme produit des schizophrènes.

    Vous semblez avoir besoin d’une victime, d’un bouc émissaire pour expliquer le désordre du monde : c’est la « prédation », concept si creux que vous y faites rentrer tout ce qui vous semble « mal » ou « complotiste ». Et il y en a.

    Parlons d’un exemple : pour vous, le sérial-killer au cinéma est un repère de prédation. Je traduis ainsi : la multiplication des films utilisant ce personnage-type est une conséquence culturelle de la multiplication de « prédateurs compulsif » au niveau social. Ce genre de films seraient donc enfants et reflets de leur époque.

    Passons à la critique : les films de sérial-killers se sont démocratisé en même temps que la violence au cinéma. Cette démocratisation eut lieu avec le nouvel Hollywood (qui eut lieu entre la fin des 60’ et la fin des 70’). Avant le nouvel Hollywood, ce type de personnage est marginal : les films d’horreurs existent mais sont peu réalistes (Frankenstein, Dracula). Ceci dû à la censure et aux majors, qui préfèrent les films commerciaux. Les années 60 laissent entrevoir les changements qui bouleversent la société américaine (jeunesse, Viet-Nam) mais c’est la fin de cette décennie qui marque l’arrivée du nouvel Hollywood : Bonnie & Clyde, Le lauréat, Easy rider, La nuit des morts-vivants... La société américaine, rajeunie par le baby-boom, ne se retrouve plus dans le « cinéma de papa », il faut des films qui lui parlent. La réussite commerciale de ces films indépendants à faible budgets bien dans l’air du temps allèchent les majors : ils confient leur rênes et leur argent à de jeunes réalisateurs talentueux (ou pas). La série B, Z, la blaxploitation vont connaître leur âge d’or durant les 70 grâce à ce nouvel hollywood. Le sérial-killer devient un personnage « bancable » (comme on dit aujourd’hui) : L’inspecteur Harry et Massacre à la tronçonneuse représente les sommets de ces séries B violentes. Pourquoi le sérial-killer intéresse-t-il le spectateur : car il représente notamment la contestation ou la folie de la jeunesse (réact’ ou pas réac’), jeunesse alors assez libérée et en colère.

    Arrive les années 80. Le Viet-Nam étant passé, la jeunesse ayant trouvé des emplois de bureau, la société américaine ne se retrouve plus dans la contestation. Elle préfère la tranquilité du bling-bling assurée par l’envolée économique, elle préfère la magie des effets spéciaux naissants. Le sérial-killer aurait pû disparaître mais il réussit à survivre en perdant son statut contestataire au profit du seul statut horrifique, lucratif : le spectateur a prit goût à ce sang dévoilé par le nouvel hollywood. Maniac et vendredi 13 découvrent le filon, Freddy & cie s’y ruent. Si Scream relancera la mode des films d’horreurs dans les 90« , c’est les 80 qui voient se multiplier les jeunes filles en robe de nuit poursuivies par des sadiques ricanant.

    Voilà un petit résumé sur sérial-killer, cinéma et société. Donc je ne crois pas que les films de sérial-killers soient simples fruits de leur époques : la littérature du XIXème utilise souvent ce personnage. En fait, simplement, l’Homme est naturellement attiré par le morbide et la peur. Monstres, extraterrestres, sérials-killers ou robots fous : qu’importe le moyen, seul la peur qu’ils procurent compte.

    Involontairement, vous vous êtes fourvoyé : en essayant de comprendre l’histoire, la réalité, vous avez commencé à construire une réalité de plus en plus divergente de la »vraie". Le sérial-killer eut des sous-entendus sociaux-politiques durant les 70’, durant les 80 il ne fut qu’un pantin pour faire peur. Qu’importe que ayez confondu 70’ et 80’ ou imaginé votre idée : l’erreur est là et cet exemple vaut pour d’autres, plus porteur de conséquences (en économie et politique).

    Vous vivez probablement en banlieue : la banlieue n’est pas le monde. La culture ghetto n’est pas une culture dominante de la fin du XXème, elle n’est qu’une sous-culture digne de la culture gay ou hippie. Les ghettos se sont formés et se sont maintenus tout seul. Là où la police n’exerce plus l’ordre, la mafia et les caïds de quartier les remplacent. Il y a toujours quelqu’un pour prendre le pouvoir, il n’y a aucun plan gouvernemental dans l’histoire et le mode de vie des banlieues. Contre votre concept de prédation, creux, je vous encourage à découvrir celui de dominance chez Laborit (la nouvelle grille, éloge de la fuite), ses idées et sa vision du monde centré sur la biologie - instincts - pouvant vous intéresser.

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