En fait, notre pire ennemi, c’est notre sentiment d’impuissance devant l’ampleur de la tâche. Il faut parfois agir et construire au fil de l’eau, au lieu de se dire qu’à force de froncer les sourcils sur nos fauteuil à vérin hydraulique, la solution toute prête nous sautera à la gueule.
Je crois qu’il n’y a pas de modèle, de solution toute prête, il n’y a qu’un long processus de construction qui se fait de manière empirique, à force de vouloir autre chose et d’expérimenter.
Beaucoup plus se sont rendu compte qu’ils n’auront ni l’un ni l’autre.
De la nécessité, aussi, de déconstruire aussi les mensonges pour ceux qui y croient encore.
J’étais encore un gosse le jour où Raymond Barre avait promis que tous les Français gagneraient plus que le salaire moyen. J’avais beau être un enfant, j’avais trouvé ce mensonge particulièrement con et odieux.
Aujourd’hui, c’est un peu ça aussi : on promet aux gens qu’ils auront tous plus que le voisin. Ce n’est pourtant pas sorcier de comprendre que c’est impossible.
Si on part directement sur la construction d’une nouvelle société, on ne pourra qu’être paralysés d’impuissance devant l’ampleur de la tâche. Et ce sentiment d’impuissance sert la cause des oppresseurs.
Donc, un peu comme l’a fait un copain qui a traversé les Pyrénées d’est en ouest à pied, on commence par marcher, un pied devant l’autre, étape par étape avec un objectif : les choses se construiront au fur et à mesure. Sinon, on reste sur notre cul et on ne va nulle part.
On est bien d’accord sur le principe des gouvernements nationaux qui ne font plus qu’appliquer des décisions prises ailleurs, sans aucun contrôle démocratique.
Cela dit, tout mettre sur le dos de l’Europe est commode, mais insuffisant comme variable explicative : les décisions anti-peuples s’appliquent de la même manière, à peu près partout et sans que l’Europe n’y soit forcément mêlée, ce qui laisse penser qu’elle aussi, n’est qu’un relai d’un autre niveau de décisions.