On est bien d’accord, mais le succès de cette fausse alternance indique bien que le mirage fonctionne encore. D’où la nécessité absolue de rabâcher sur ce jeu d’ombres.
Pour ce qui est des surnuméraires, je pense que beaucoup d’entre nous vivent dans l’illusion de ne pas en faire partie, parce qu’ayant un salaire et un crédit immobilier sur 30 ans. Dans la réalité froide, leur vie peut basculer en quelques mois, le temps d’être mis au chômage et d’être très rapidement acculés à la faillite, de se retrouver à poil sur le trottoir, inutiles, dépossédés de tout. Parce que leurs revenus leur sont juste concédés par le patronat qui a bien envie de revenir à des rapports de force plus « XIXe siècle », parce que ce qu’ils pensent être leur patrimoine n’est en fait que des biens qu’ils louent à leur banque tant qu’on veut bien leur concéder un salaire.
Quand tu vois le niveau de salaire des nouveaux entrants, tu comprends vite que les inclus actuels prolétaires (si, si, ceux dont les revenus ne viennent que du travail) vivent dans l’illusion de leur valeur et de la pérennité de leur statut et que là où le capitalisme a jeté son masque, c’est 80% de la population qui s’est retrouvée dépossédée de tout en quelques mois seulement.
Heureusement, le système, par sa nature accumulatrice, exclut de plus en plus de gens du consumérisme. Si, effectivement, je ne pense pas que nous devions attendre beaucoup des gauchistes auto-proclamés qui ont un crédit immobilier sur 30 ans à rembourser (et qui se sont ainsi liés au système à vie), nous devrions ne pas laisser au FN les « perdants » de la course au pognon, parce que ceux-là n’ont plus du tout intérêt à ce que le système perdure.
Or, si nous faisons un pas de côté, nous comprenons rapidement que les exclus du capitalisme sont les plus nombreux à l’échelle de la planète, que les surnuméraires sont aujourd’hui la vraie classe dominante.
La première étape, pour moi, c’est d’appliquer un principe d’obsolescence programmée au PS, histoire de dégager la pensée politique de cette fausse gauche et de laisser la place à une véritable pensée alternative.