Bien sûr que de devoir faire les poubelles dans les pays les plus riches (comme dans les plus pauvres, d’ailleurs, ce sont les chiens qui doivent bouffer les restes !) est une aberration absolue. Bien sûr que le fait que notre monde est totalement marchandisé rend obligatoire le revenu universel, à moins d’admettre publiquement que l’argent est devenu actuellement le mode d’élimination de ceux qui ne sont pas assez utiles au système.
J’ai déjà écrit un papier sur cette réappropriation nécessaire des espaces publics : Prends-en de la graine ! De la même manière que je suis avec beaucoup d’attention les questions agricoles, la manière dont les semenciers arrosent les législateurs pour privatiser les semences et rendre les pratiques potagères impossibles sans passer par leurs saloperies de mutants.
Je crains que vous ne sous-estimiez grandement la force d’inertie de cette entité nébuleuse que l’on appelle le peuple. Ce que ceux du camp d’en face ont parfaitement compris. Ce système recycle tout y compris et surtout ce qui lui est hostile. Les indignados était un mouvement juste, cohérent, vital, nécessaire et probablement la première étape d’une prise de conscience populaire. Le système en a fait un spectacle de nature à cristalliser nos frustrations sans leur permettre de se radicaliser. Au final, sans support idéologique, sans organisation politique, quand le bateau coule, c’est juste chacun pour sa gueule et tout le monde dans l’os !
C’est vrai que les pauvres rechignent un peu à crever, mais leur empreinte écologique individuelle devient tout de même pratiquement nulle, et ça, je crois que c’est le but.