@Fergus Soyons précis : je ne parle pas ici de talents, de qualités intrinsèques de l’œuvre, du débat même de ce qu’est une œuvre. Je parle de ceux qui ont un statut d’artistes (à tort ou à raison, ce n’est pas mon propos) ou qui y sont assimilés dans le regard de l’acheteur et/ou du quémandeur.
Il y a un long débat à avoir sur la valeur de l’œuvre ou de l’art ou même de l’objet, mais ce n’est pas le propos non plus.
Il s’agit de la rémunération du travail. Quand quelqu’un veut acquérir le fruit du travail d’autrui, c’est déjà qu’il lui donne une valeur subjective suffisante pour vouloir l’utiliser ou se l’approprier. Cela me suffit. Ce que je dénonce, c’est cette volonté de s’approprier le fruit du travail d’autrui sans contrepartie, sous prétexte que produire de l’art, c’est plus cool que de bosse à l’usine et que la reconnaissance et la notoriété, ça serait désirable, se mangerait en salade ou paierait le facture d’EDF.
Donc, je suis bassement terre à terre. Tout travail mérite salaire, y compris celui de l’artiste.
@chantecler Oui, c’est pour cela que j’écris que j’ai découvert la propriété privée de la poubelle. Pour moi, jeter quelque chose aux ordures, c’est renoncer à sa propriété, c’est rendre public, commun, libre… Et bien, non : jeter aux poubelles, ça revient à un transfert de propriété vers l’organisme collecteur. C’est totalement aberrant, mais c’est logique : un monde totalement marchandisé où les gens sont globalement expropriés de leur propre vie.
@doctorix Ma famille est sur Atlanta et ils sont Américains. Mais ils me racontent à peu près la même chose. Pour les vieux qui emballent les courses, ma belle-sœur m’en a parlé il y a bien 5 ou 6 ans… donc, avant Obama. Sur le coup, elle n’a pas réfléchi, elle a trouvé ça « cool ». J’ai été horrifiée à l’idée de me retrouver à 80 balais en train d’emballer les courses de personnes jeunes et en bonne santé…
Le fait est que l’Amérique ne pille pas la terre pour sa prospérité, mais seulement pour la prospérité de ses plus riches… exactement comme chez nous. Être pauvre, c’est le destin de la majorité est c’est vécu par tout le monde comme bien fait pour sa gueule…