le « partisanisme » agoravoxien entre pro-sionistes et pro-islamistes témoigne avant tout de l’incapacité de percevoir les enjeux majeurs au Proche et Moyen-Orient : les seules perspectives raisonnables sont le post-sionisme et le post-islamisme.
Le post-sionisme afin de garantir la « survie morale » d’Israël et la possibilité pour cet état d’appartenir enfin à l’espace oriental, et ne plus être sous le couvert de la formule « la seule démocratie de la région » être un pays occidental en Orient.
le post-islamisme afin de permettre l’évolution du monde arabo-musulman et lui donner la capacité de formuler une alternative civilisationnel dans un rapport égalitaire avec d’autres sphères civilisationnelles.
Ainsi donc, la seule perspective pertinente devrait être celle qui préfère aux préfixes « anti » opu « pro » le préfixe « POST ».
Je viens vous répondre un peu tard, veuillez m’en excuser. Soit…
Vous écrivez :
« Si je comprends bien, c’ une inversion
du flux entre l’entité-sujet (individu ou collectivité) et son environnement
que vous annoncez. »
Je pense effectivement que nous sommes dans
une phase de mutation-transition où les rapports entité-sujet et environnement
sont non seulement modifiés mais clairement orientés selon un schéma voulu et
pensé.
D’un sur la question entité-sujet, que vous
définissez soit comme individu, soit comme collectivité ou communauté : je
pense que d’un des aspects essentiels est la disparition même de la
collectivité ou communauté telles qu’on pouvait les comprendre par le passé ou
telles qu’elles se définissent encore dans d’autres sociétés humaines. Collectivité
et communauté étant des ensembles formés d’individus avec leurs singularités
propres ( c’est-à-dire avec des identités construites par leur expérience
propre du monde), alors que nos sociétés postindustrielles nous présentent des
ensembles coexistants formés d’individus ayant des particularités catégorisables
( c’est-à-dire, formatés par le conditionnement-contrôle opérant actuellement)
et non plus définis par leurs singularités : soit des groupes catégoriels
plus que des communautés construites autour du lien social.
Donc passage des groupes humains liés par une
expérience commune des groupes humains liés par un conditionnement commun.
Je pense donc que la nouvelle donne est liée
au rapport entité-individu et « environnement ».
Mais là aussi, sur la notion d’environnement,
l’évolution actuelle annonce la disparition de l’environnement tel qu’on l’entendait
auparavant selon une perspective « écosystèmique » : la « conscience
collective » dans la société postindustrielle est soumise à une perception
conditionnée/influencée du Monde, et donc les représentations mentales qui en
sont issues sont « faussées », « biaisées », « orientées » :
le Monde soit l’environnement physique et/ou mental disparaît derrière le « décor »
crée par le conditionnement-contrôle de l’espace mental collectif.
Plus clairement, nous sommes arrivés à un moment crucial pour
l’Humanité, dont les conséquences pourront être la fin de l’Humanité telle que
nous la connaissons : le Conditionnement s’est substitué à l’Expérience.
Substitution dans la mécanique de construction de l’Identité, de la
Personnalité mais surtout dans le rapport au Monde, à l’Autre, dans la
perception et la représentation du Monde.
Sur vos deux questions :
a) est-ce l’environnement qui en est responsable, ou n’est
ce pas une saturation du sujet se butant à des limites naturelles, voire
physiologiques, dans le cas le l’individu ?
à vari dire, votre propos s’intègre parfaitement
aux sociétés non-occidentales, encore fondées sur l’Expérience et la Culture,
où mécaniques naturelles (voir physiologiques) sont encore des contraintes
physiques au niveau individuel. La « virtualisation » des échanges et
des « expériences individuelles » dans les sociétés occidentales,
postindustrielles a surmonté la contrainte « saturation », d’une
certaine manière, on pourrait dire que la « saturation » en tant que
contrainte a été canalisée, et « rentabilisée ». L’environnement
devenant avant tout virtuel, il est par essence « infini », l’individu
occidental est par le biais de la technique libéré des « limites et
contraintes » d’un environnement physique : conséquence : la
Culture comme fruit de l’expérience du Monde et de ses limites, expérience de
la Contrainte meurt et est remplacé par une anti-culture de contrôle,
directement en rapport avec la domination de l’Economie, et la nécessité de
faire coïncider capacité presque infinie de production et consommation en modélisant
et imposant des modèles culturels ou comportementaux : et donc en « tuant »
la Culture, l’Expérience qui se voient remplacés par l’anti-culture de contrôle
et le Conditionnement.
Et si il y a inversion, c’est bien dans la
hiérarchie Culture-Politique-Economie où la dépolitisation de l’Economie,
voulue par le libéralisme économique a entraîné la domination de l’Economie sur
l’ensemble des aspects sociétaux, et neutralisé la capacité créative et
historique de la Culture en même temps que l’innovation en Politique.
b)
Sommes-nous bien d’accord que TOUTE entité, dans TOUT environnement atteint
necessairement cet étal dans l’ensemble en forme de vases communicants qu’ils
constituent ? Si je ne suis pas sur la bonne piste, corrigez-moi
je pense que votre
postulat se tiendrait si nous faisions encore face à des écosystèmes « naturels
et historiques » mais ce n’est plus le cas des sociétés postindustrielles
qui en neutralisant Culture et Politique, se sont détachés de l’Histoire et des
contraintes du Réel.
Les causes sont à
rechercher non pas uniquement au niveau du progrès technique et de la société
de l’Information mais aussi et surtout dans l’essence même du libéralisme
économique et de ses conséquences principales : dépolitisation de l’Economie,
neutralisation de la Culture et de la Politique.
Plutôt que d’un système en
forme de vases communicants, nous voyons venir un système fondé sur « l’irrigation »,
à savoir des canaux conçus et élaborés selon un plan donné et répondant à des
schémas modélisables en fonction d’intérêts particuliers : l’Humain n’a
plus sa place dans un tel système, il n’y est plus « actif », il n’y
est plus que « passif ».
Le « choc des civilisations »
se situe à ce niveau là, entre des sociétés où l’Humain est un facteur agissant,
où la Culture subsiste, où la Politique évolue, face à des sociétés
postindustrielles passées à l’anti-culture de contrôle et à la fabrication de modes
d’existence.
Le « multiculturalisme »
de fait est bien plus une menace pour les sociétés non-occidentales que pour
les sociétés occidentales, ce n’est pas l’Occident qui se métisse mais le reste
du Monde : le but non avoué de cette farce multiculturelle est la
disparition de la Culture à l’échelle du globe.
article intéressant qui renseigne sur les nouvelles problèmatiques liés à la société post-industrielle occidentale et son rapport avec les autres sociétés humaines.
D’une perspective plus large, il semble que la problèmatique essentielle sera la façon dont les sociétés occidentales seront à même de gérer cette mutation-transition qui dépasse la simple modification de la donne économique, mais constitue une « révolution négative » historique pour l’Humanité : le passage de la Culture née de l’Expérience du Monde, de Soi, de l’Autre, vers une Anti-Culture de Contrôle issue du Conditionnement via contrôle de l’Information et captation-marchandisation des comportements et modèles culturels.
Le choc des civilisations réside là et nulle part ailleurs : des sociétés occidentales soumises à cette anti-culture de contrôle face à d’autres sociétés toujours en phase « historique » et culturellement « positives ».
L’Iran est un exemple pertinent dans cette perspective.
Sur la balkanisation du Proche et
Moyen-Orient, cet objectif n’a jamais été caché, redessiner les frontières
issues du découpage de l’Empire Ottoman et de la « neutralisation »
du panarabisme, a été et demeure toujours un objectif stratégique, somme toute déjà
atteint dans une large mesure, si ce n’est sur les cartes, dans la « réalité
psychique » de cette région.
« Mais je crois, sans approfondir (car il est tard et je suis crevée)
qu’une intervention militaire ne ferait que renforcer le sentiment religieux
mélé à l’économie. »
Vous avez sans doute raison, mais dans une
logique « ultra », le renforcement du sentiment religieux n’est pas « négatif »
économiquement et stratégiquement parlant, il ne fera qu’accroitre les dépenses
d’armements, l’explosion des diverses entités nationales concernées, donc la « feuille
de route » est respectée.
« De plus, la fenetre de tir avanrt la
fin de la presidence Bush avec l’alibi du dvlpt nucleaire iranien n’a pas été
utilsé par les usa. »
La fenêtre de tir demeure toujours ouverte sur
la question iranienne : il n’y a pas eu de changements majeurs au sein des
structures politiques occidentales : US, Europe, Israël, ou iraniennes,
donc situation similaire : options similaires.
« Donc reste le mvt populaire qui est en train de monter. Ce que je crains
le plus , c’est qu’il soit réprimé dans le sang s’il se généralise a l’ensemble
du pays. Mais je ne suis pas spécialiste de l’iran et connait mal la
constitution politicoreligieuse de ses généraux et membres de l’etat major et a
quel point ils peuvent soutenir ou combattre ce mouvement de contestation.
Un putsch est-il plausible ? »
Je pense qu’il faut demeurer prudent sur les « évènements »
actuels en Iran, les foules qui manifestent ne sont que le pendant visible d’une
partie d’échecs qui se joue entre les diverses forces à la tête de la
République Islamique d’Iran ; donc soit ces « foules » agissent
de façon « spontanée », soit elles ne sont que des « pions »…Bref,
pour l’instant, rien ne permet d’analyser objectivement la nature des
évènements en Iran.
Sur un putsch, à défaut de savoir quelles sont
les tendances majoritaires au sein de l’état-major iranien, mais aussi de
savoir à quelle « école » ou quel ayatollah les généraux suivent,
difficile de prévoir le rôle de l’armée en cas d’évolution « incontrôlée »
du mouvement actuel. Encore une fois, il faut savoir se méfier des apparences,
et ne pas suivre l’engouement tout médiatique et virtuel de ceux qui souhaitent
voir une « révolution » en Iran…rien ne le laisse supposer pour l’instant,
et si cela était le cas, le peuple iranien ne sera rien d’autre qu’un pion…
« alors tu es aussi pour que les
chinois se débarrassent de la dictature du parti unique, les égyptiens de leur
état policier et les marocains de leur roi etc ? ou alors ne
voulez- vs que le bien des iraniens pour des raisons mystérieuses ? ce qui
serait du racisme..... »
Je ne saisis pas le sens de ta question :
ma question était simple : comment une nouvelle « croisade
démocratique » sera-t-elle vendue par les stratèges du Monde libre alors
que les médias nous montrent un peuple iranien « en quête de liberté,
démocratie, etc.. », bref un peuple « démocratisable » …voilà
ma seule question, comment vendre une démocratisation par bombardements
interposés à l’encontre d’un peuple qui est présenté comme voulant se « libérer » :
soit, comment va-t-on vendre l’idée que « le Monde Libre tuera des
Iraniens pour leur bien » ?
Sur la « démocratisation » des
Iraniens, Chinois, Egyptiens, Marocains,etc…je n’ai pas donné mon avis, ils me
semblent que cette question concernent ces peuples avant tout, et est de leur
ressort…
Si tu m’as bien lu, je dis que le « Monde
Libre » ne s’intéresse pas au degré de démocratie de tel ou tel pays, du moment
que celui-ci joue le jeu de la dépolitisation de l’économie, d’où l’exemple de
l’Arabie Saoudite et autres états du Golfe…qui bénéficient et du silence
bienveillant de « l’Occident » et du parapluie militaire US et maintenant
de la force nucléaire française…le schéma reste le même pour le Maroc, l’Egypte
qui acceptent que leurs économies soient « dépolitisées » et répondent
aux critères exigés par leurs « protecteurs »…la situation de la
Chine est particulière, sans que je n’ai besoin de le préciser : mais les
mandarins communistes ont aussi accepté la dépolitisation de leur économie, évènement
qui a eu des conséquences non souhaitées par le Monde Libre au vu de l’importance
du facteur chinois à l’ère globale…
Sur l’Iran, cf mon commentaire précédent :
l’Iran est une exception que le Monde Libre se doit de « traiter »,
sans qu’il y ait besoin de parler de « démocratie » : ce ne fut
et ne sera jamais le cas dans les dépendances du « Monde Libre »…