Je vous remercie de votre commentaire,
cependant j’aimerai rebondir sur vos propos, vous écrivez :
« tout en lui répondant qu’il n’ y a pas danger de loi d’exception si
on respecte rigoureusement les principes de la raison qui sont universels
« la législation humaine ne revêt le caractère de loi qu’autant qu’elle se
conforme à la juste raison d’où il appert qu’elle tient sa vigueur de la loi
éternelle ;mais dans la mesure où elle s’écarte de la raison ,on la
déclare injuste ,elle ne vérifie pas la notion de loi ,elle est plutôt une
forme de la violence » (Pacem in terris---JeanXXIII) »
Il me semble difficile de considérer que les
principes de la Raison que vous supposez universels soient « respectés »
ou aient été jamais respectés : d’un il faudrait s’entendre sur ce que
vous définissez par Raison, et de deux quels en seraient les principes supposément
universels : la tendance à l’universalisation de concepts ethno-centrés se
fait bien souvent sans l’aide du « consensus » qui permettrait de leur
accorder leur supposée universalité « essentielle ». Soit…
Les mots de Jean XXIII que vous reprenez me
semblent pouvoir être contredits par quiconque arguerait qu’en vertu des
principes universels de la Raison, la loi humaine n’est pas issue d’une loi
éternelle : difficile de faire coïncider immanence et transcendance dans
les divers variantes humaines de la Loi et du Droit. Vous supposez donc que l’universalité
des principes de la Raison procèderaient que la pré-existence d’une loi
éternelle : voilà un discours « religieux » plus que « rationnel »,
me semble-t-il, somme toute assez proche de la notion de Coran incréé…ou de la
Mère du Livre…Bref…
Quelque soit la perspective, rationaliste,
spirituelle, l’universalité ne se décrète pas unilatéralement, elle ne peut que
procéder du « consensus » : voilà la tare originelle d’une
pensée ethno-centrée qui se définit d’emblée comme l’absolu, et qu’il y ait ou
non une loi éternelle ou des principes éternels dont elle serait la
manifestation, ne change rien au fait que l’universalité revendiquée depuis un
contexte civilisationnel particulier relève de la même mécanique que celle opèrant
dans les religions à prétention universelle : l’universalité ne se
proclame pas, elle se construit ensemble ; des principes ne deviennent universels
que si ils sont « expérimentés » par tous ; la Raison ne se
définit que lorsque elle a le même sens pour tous…
En conclusion, la possibilité d’une loi d’exception
ne me semble pas improbable, elle arrivera un jour ou l’autre, tout comme d’autres
mesures discriminatoires apparaitront, le schéma que nous avons connu dans les
années 30/40 se reproduira : il est part intégrante de la civilisation
dite Occident : les principes de la Raison universels ou non n’ont rien d’humain.
La défaite de l’Histoire
et du Réel dans l’âge global :
Selon des sources
avérées, le CVAN soit Vigilance Amérindienne contre le Négationnisme a abouti, lors
d’une conférence à Cancun, à la conclusion que les conquistadores étaient
majoritairement des Maures convertis au Catholicisme et que le génocide
amérindien est imputable directement à l’islam.
D’autres sources
le CVAN, soit Vigilance Asiatique contre le Négationnisme a abouti, lors d’une
conférence à Beijing, à la conclusion que les Indonésiens musulmans ne furent
pas victime de la barbarie nippone mais complices, ce qui porte un nouveau
regard sur les cimes perpétrés par l’empire nippon et confirme définitivement l’influence
de l’islam durant l’ère Meiji et ses conséquences sur les peuples asiatiques
durant la seconde guerre mondiale…
Bla bla bla..on
pourrait aussi évoquer les conclusions du CVAN, Vigilance Aborigène contre le
Négationnisme et l’implication de supplétifs musulmans dans le génocide
aborigènes perpétrés en Australie…
Le « débat »
soulevé par la burqa est révèlateur de l’incapacité contemporaine de saisir les
intrications entre global et local et les mutations profondes auxquelles nous
faisons face, et qui ne peuvent être limité à une confrontation entre Occident
et un Islam indéterminé et aux contours flous. De fait, ce débat franco-français,
voir euro-centré, proportionnellement au degré de la laïcité et de
déchristianisation des pays européens, est tout sauf un débat : il sert avant
tout d’excuse à ne pas repenser et notre modèle civilisationnel, et de saisir l’impact
de la globalisation et de la version « ultra » du libéralisme économique.
Bref…
D’un, l’Etat
a-t-il pour vocation désormais d’être limité à une forme de pouvoir/autorité
négatif ? à savoir : ordre, sécurité, salubrité,etc.. ? la Loi
a-t-elle pour seul but désormais de figer la société et non plus le Progrés ou
l’innovation ?
Soit : une
loi « burqa » à destination d’une communauté précise, un groupe
minoritaire, ou quelque ce soit le nom que l’on donnerait à la composante
musulmane de la société française, une loi d’exception donc ne menacerait-elle
bien plus que la dite burqa nos valeurs ou principes ? Si oui, de quelle
façon éviterons-nous que ce type de loi d’exception ne fasse jurisprudence et
ne s’intéresse demain à d’autres groupes religieux, politiques, ou autres ?
Peut-on limiter
la burqa à la seule perspective religieuse ? sachant que ce vêtement est
absent de la majorité des pays musulmans, et semble relever de la tradition
tribale plus que de prescriptions religieuses. De fait, comment ne pas
considérer l’impact de la globalisation quand la burqa qui est une anomalie
autant dans les rues de Paris, que de Casablanca, du Caire ou d’Istanbul, s’extirpe
du pays pachtoune pour devenir un « objet de revendication » dans des
pays sans liens historiques avec cette région du monde ?
Partant de là, on
ne peut limiter la burqa à l’attribut religieux, et nous devons considérer qu’elle
relève avant tout d’une pratique consommatoire : l’objet consommé peut-être
idéologique, à savoir islamisme politique, il n’en demeure pas moins que nous
sommes dans une pratique consommatoire plus que religieuse : la burqa est
un produit de consommation, dont le support est idéologique, politique bien
plus que religieux.
Aussi aberrant
que cela paraîtra, elle devient non plus une anomalie mais s’insère
parfaitement dans la manière dont notre société évolue où les comportements et
modes d’existence relève avant tout de pratiques consommatoires : si la
femme sous burqa perd sa singularité pour se fondre dans la particularité liée
à une idéologie-produit, elle n’acte que de la même manière que la majorité de
nos contemporains : et là est le cœur du problème et la MENACE quant à nos
valeurs et principes démocratiques.
L’islamisme
politique s »’intègre parfaitement dans le monde globalisé voulu par les
tenants de l’ultra-libéralisme économique, dont les aspects principaux sont :
la dépolitisation de l’Economie avec pour conséquence directe la neutralisation
de la Politique et de la Culture ; le multiculturalisme comme « cheval
de Troie » idéologique non pas pour créer un village global métisse mais détruire
cultures et différences et les assujettir aux impératifs économiques : un
marché global où comportements et modes vies seront « marchandisables »
voir « marchandables » en conformité avec les nécessités d’une
économie totalisante.
La burqa n’est qu’un
aspect de cette mécanique sous-tendant la globalisation économique, elle n’est
donc pas uniquement révélatrice d’une radicalisation de l’islam, mais aussi et
surtout révélatrice dont tout un chacun aujourd’hui est « orienté » à nier sa
singularité pour se conformer à une ou des « particularités »
conformes à la loi d’un marché total : où comportements cultures
deviennent pratiques consommatoires : anti-culture de contrôle et
conditionnement.
Bref pour
conclure, une réflexion sur la burqa n’a de sens que si elle inscrit cet « objet »
dans une perspective globale : l’islam tout comme les musulmans n’évoluent
pas dans un monde parallèle, ce qui affecte sociétés et individus répond à une
mécanique totale et globale qui ELLE menace les fondements même de nos
démocraties, cultures, existences.
Facebook n’est qu’un des aspects du contrôle-conditionnement propre à
notre époque, où s’opère la mutation-transition entre société industrielle et
société post-industrielle, où la Culture née de l’Expérience individuelle
(expérience du Monde, de Soi, de l’Autre) se voit remplacée par une
anti-culture de contrôle-conditionnement qui détermine comportements culturels
et modes d’existence, conformément aux impératifs de l’ultra-libéralisme
économique et à la nécessité « vitale » de faire coïncider capacité
de production et consommation par la captation-contrôle de la libido
individuelle, réduisant les singularités individuelles à des particularités
catégorielles.
Un processus de « vampirisation » opèrant de plus en plus efficacement,
et que les phénomènes : sites communautaires, réseaux,etc… illustrent par
la manière dont les comportements sont « modelés » et les individus « orientés »,
tout un chacun adoptant par « pression sociale et économique » des
comportements pré-définis et indépendants de l’Expérience.
Le résultat en est ou en sera bien un contrôle social global. Totalitarisme ?
si global veut dire total, sans doute oui.
Si on s’en tient à un rapide comparatif avec l’URSS par exemple, peut-on
conclure à la naissance ou formation d’un totalitarisme post-industriel ?
Dans le totalitarisme soviétique, nous avons une société où les uns et
les autres s’espionnent et se dénoncent : le regard est celui de l’autre
qui ne reflète que votre propre regard sur lui.
La collecte de l’Information est un « travail citoyen », des
citoyens-délateurs, nous avons donc là une surveillance
« horizontale ».
Qu’en est-il chez « nous » aujourd’hui ?
Il semblerait bien que notre modèle de surveillance soit
« verticale » et « volontaire » : le
« prince » et les « marchands » disposent de tous les
moyens « technologiques » nécessaires pour recueillir « eux-mêmes »
l’Information, d’une manière automatique sans la contrainte de la « faiblesse
humaine » : un réseau technologique d’oreilles, de yeux, de cerbères,
etc…froids, efficaces et redoutables au service du « prince » et des « marchands ».
Un système TOTAL et GLOBAL où la défaillance humaine ne pèse plus sur la
collecte de l’Information.
Nous sommes alors dans une forme de totalitarisme qui se passe des
individus, la délation n’étant plus nécessaire comme dans les systèmes nazi ou
soviétique.
Une superstructure « transcendante » qui domine la société,
et la regarde, la scrute, l’analyse de toutes parts.
Lorsque les totalitarismes fascistes ou communistes usaient de méthodes
humaines archaïques, notre système « démocratie libérale »+libéralisme
économique use d’un procédé nouveau « sans douleur et
invisible » : le contrôle social en temps réel et permanent par
ordinateur interposé sous le couvert de cette anti-culture de contrôle et
conditionnement, pensée et élaborée selon les impératifs de l’ultra-libéralisme
économique.
Sous divers prétextes : sécurité, intérêts professionnels, particuliers,
économiques ou sociaux (mode,
communautés,etc…), ce système permet la surveillance des individus avec leur « accord »,
accord né de l’anti-culture de conditionnement où le fait d’exposer sa vie, de
livrer des informations personnelles, etc.. sur la toile semble devenu non
seulement naturel mais aussi nécessaire : l’auto-délation, le sacrifice
volontaire de la vie privée par l’imposition « subtile » de
comportements culturels et consommatoires.
Bref : la combinaison anti-culture de contrôle/conditionnement et Informatique/réseaux
permet l’instantanéité et l’efficacité du contrôle : un contrôle social
total.
Pour poursuivre mon commentaire,
je dirai que la question essentielle est de savoir pour quelle raison les
courants les plus radicaux sont les plus influents actuellement.
Et comme vous l’avez évoqué, c’est
bel et bien la puissance financière qui est en jeu, et donc l’Economie bien
plus que la Religion. L’islamisme politique ou religieux sait parfaitement
conjuguer avec la globalisation, ayant en commun avec l’ultralibéralisme :
la dépolitisation de l’Economie. L’association ultra-libéraux et wahhabites n’est
point incohérente mais révélatrice de la direction que la globalisation nous
fait prendre.
Bref, l’islam en tant que bloc
civilisationel n’évoluera que dés lors que son rapport à la globalisation et à
ses conséquences, effets, etc… seront pris en compte : le fait religieux n’est
plus déterminant, l’Economie est l’absolu.