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Nemo

Blogueur indépendant, 30 ans

Tableau de bord

  • Premier article le 24/08/2007
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  • Nemo 27 août 2007 13:52

    @ Luciole

    Sur la probabilité de réussir à convaincre les 700 millions d’occidentaux gavés de hamburgers -dont une étude récente montrait qu’un même hamburger était jugé avoir meilleur goût lorsqu’il arbore le sigle Mac Donalds-, j’ai de sérieux doutes.

    Quant à espérer convaincre ceux parmi le milliard et demi de chinois et ceux parmi le milliard d’indiens qui peuvent enfin se permettre d’en manger de trouver une solution alternative, j’y crois encore moins.

    Ce serait infiniment plus difficile de demander aux gens de restreindre ou de modifier leurs envies en terme de nourriture que de réduire leur production de CO2.

    Pour être honnête, je ne sais pas si il y a une solution. Sans vouloir être pessimiste, lorsque l’on regarde dans l’histoire, l’être humain attend généralement de bonnes grosses catastrophes avant de vraiment se bouger.

    Il a fallu la boucherie de la 1ère Guerre Mondiale pour que l’on comprenne que cela ne servait a rien d’envoyer des milliers de soldats au carnage pour gagner 30m de terrain sur l’ennemi.

    Il a fallu un certain nombre de génocides pour qu’une véritable justice internationale commence à peine a voir le jour.

    Je ne sais pas ce qu’il faudra pour qu’on se rende enfin compte au niveau international de l’importance capitale que représente une utilisation raisonnée des sols agricoles.

    La promotion de l’agriculture raisonnée en Europe doit beaucoup plus à l’augmentation très importante du prix des engrais et des produits phytosanitaires qu’à une véritable prise de conscience, même si celle-ci se développe peu à peu.

    Et ce qui m’inquiète le plus, c’est paradoxalement la rapidité avec les gouvernements du monde entier se sont emparés de la question du réchauffement climatique, après des années et des années de sourde oreille.

    A mon sens cela veut dire deux choses : d’une part, il n’y a plus aucun doute possible sur la réalité du phénomène, et les quelques voix discordantes ne sont que des tentatives de contre-feux médiatiques. Et d’autre part, le problème est certainement beaucoup plus grave que ce que l’on veut bien laisser filtrer dans les médias.

    Mais il ne s’agit là que d’un point de vue, qui s’appuie sur une intuition personnelle plus que sur des faits. Et la seule chose que j’espère, c’est de ne pas avoir raison...



  • Nemo 27 août 2007 13:27

    Sur l’érosion des sols et la désertification, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous.

    L’érosion des sols ne touche pas de manière significative les principaux pays producteurs de céréales. Elle touche principalement des pays en voie de développement, disposant de grandes surfaces, et qui partiquent le défrichage des forêts (je pense en particulier au Brésil).

    Or, il ne s’agit justement pas d’une agriculture intensive, mais extensive. Des pans entiers de forêts sont abattus, exploités pendant quelques années, et abandonnés dès que les rendements baissent. Et le processus recommence avec de nouvelles surfaces défrichées.

    Pour condamnable qu’elle soit, et malgré les répercussions quant à la capacité d’absorption de CO2 de notre planète, cette méthode n’a pour autant pas d’incidence significative sur la quantité globale de production de matières premières agricoles.

    En ce qui concerne la désertification, si vous faites allusion au Sahel et au désert qui avance chaque année, alors il s’agit là aussi d’un épiphénomène pour ce qui concerne les prix mondiaux des matières premières agricoles.

    En revanche, en ce qui concerne les populations de ces régions, il s’agit d’une véritable catastrophe en ce sens qu’elle les prive de leurs principales ressources vivrières, et les rend complètement dépendantes de l’aide internationale.

    Pour la problématique locale à la France du niveau des nappes phréatiques, s’il est exact que les cultures de maïs sont particulièrement gourmandes en eau, le principal problème réside dans la faiblesse généralisée des chutes de neige en hiver ces dernières années.

    En effet, des pluies, même importantes, ne remplissent que faiblement les nappes phréatiques car l’essentiel des apports en eaux partent en ruissellement. Tandis que les précipitations neigeuses profitent du rythme lent de la fonte de la neige pour s’infiltrer dans les sols et remplir les nappes phréatiques.

    Mais ce qui est vrai, c’est que ces deux phénomènes conjugés, défrichage et surconsommation des nappes phréatiques, ont un effet d’accentuation certain quant aux changements climatiques. Et en aggravant ceux-ci, ils renforcent les aléas (sécheresses, pluies diluviennes,...) qui augmentent la prime de risque que j’évoquais dans mon exposé.

    De ce point de vue là, l’enregistrement ces derniers jours d’un plus haut du prix du boisseau à Chicago, directement corrélé aux risques de mauvaises récoltes en Australie et en Argentine (je dis bien risque), semble valider l’hypothèse du facteur « prime de risque » dans la le maintien de la tendance à la hausse des prix des matières premières agricoles.



  • Nemo 24 août 2007 12:22

    Bonjour,

    Si je partage l’analyse des commentateurs sur le manque d’empressement (le mot est faible) du Royaume-Uni à faire avancer l’Union Européenne, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de les pousser vers la sortie.

    A mon sens, il est au contraire capital de les garder au sein de l’Union, pour une raison stratégique. Si l’Union envisage, un jour, loin, d’avoir une politique de puissance qui sache correctement défendre ses intérêts face aux américains, aux russes, aux indiens et aux chinois, elle ne peut pas se passer des anglais.

    Outre les restes de leur Empire colonial, qui leur assurent une présence aux points stratégiques du commerce maritime mondial, une Europe de la Défense n’aurait aucun sens sans eux. De ce point de vue là, la construction d’un porte-avions en coopération avec eux est un enjeu capital.

    De cette manière, en prenant l’argument du porte-monnaie (ca coûte moins cher), on leur met le doigt dans l’engrenage d’une coopération militaire étroite. Car un porte-avions, ca ne se balade pas tout seul. On parle d’ailleurs de groupe aéronaval. Il faut des frégates de lutte anti-sousmarine, des démineurs, des remorqueurs, des ravitailleurs et autres bâtiments de surface.

    Ce porte-avions aura donc des conséquences beaucoup plus importantes que les simples économies générées par la construction commune.

    La question est effectivement dans quel sens jouera l’engrenage. Cela va-t-il les entraîner vers l’Europe, ou cela arrimera-t-il l’Europe encore un peu plus aux Etats-Unis ?

    Le moment me semble bien choisi. Avec le désastre de la guerre en Irak, c’est LE bon moment pour pousser ce genre de projet. La « vision » stratégique américaine, à laquelle les britanniques se sont toujours ralliés, en a pris un sacré coup dans l’aile.

    Mais il ne faut pas se voiler la face, les anglais ne sont pas des imbéciles. Ils sont parfaitement conscients des implications très importantes que représenteraient une telle décision. Les américains non plus ne sont pas en reste, et doivent être en train de faire un lobbying d’enfer pour faire capoter le projet.

    C’est pour cela qu’il faut tout faire pour qu’il se réalise, et ne surtout pas pousser les anglais vers la sortie.

    En revanche, avec les polonais, je serai tenté d’être moins catégorique......



  • Nemo 24 août 2007 11:58

    Bonjour,

    Vous allez probablement pouvoir m’éclairer sur la question des déficits jumeaux, et de leur financement par l’excédent de la balance des paiements américaine. J’ai l’impression - mais il me manque peut-être un certain nombre d’éléments factuels sur le sujet - que nous sommes en quelque sorte pieds et poings liés.

    Quelques éléments sur lesquels mon impression se fonde :

    - La croissance mondiale est « tirée » par une consommation américaine forte et durable, soutenue par un déficit budgétaire important, et qui se traduit par une balance commerciale très déficitaire.

    - Cette consommation américaine est financée par un crédit abordable, alimenté par une balance des paiements très excédentaire, en raison de l’attractivité des marchés financiers américains, et du fait que le dollar est la principale monnaie des échanges internationaux.

    Mon impression est la suivante : cette situation n’est pas tenable ad vitam aeternam. Mais si une correction a lieu, elle aura forcément un impact très négatif sur la consommation américaine. Et si l’on touche à la consommation américaine, on touche à la croissance mondiale.

    De là, plusieurs questions :
    - Ces hypothèses tiennent-elles la route, ou il y a-t-il des erreurs factuelles dans ce que je viens d’énoncer ?
    - Si ces hypothèses tiennent la route, il y a-t-il selon vous une alternative à ce scénario pessimiste ?
    - Et s’il n’y a pas d’échappatoire, quels pourraient être les facteurs qui atténueraient les impacts négatifs d’une telle correction ?

    En vous remerciant,



  • Nemo 24 août 2007 11:31

    Bonjour,

    Vous avez tout à fait raison quant à la question des déstockages. Maintenant, les choses peuvent varier de manière cycliques en fonction des années, des productions, et des régions.

    Il y a quelques années par exemple, suite à une forte surproduction de maïs en Hongrie concommitante à une sous-capacité de stockage, et une sécheresse en Espagne, on a transporté à grands frais du maïs hongrois jusqu’en Espagne. Les prix en Espagne étaient bien évidemment très différents des prix en Hongrie.

    Le coût du transport est un élément très important du prix des céréales, et plus le client est proche du lieu de production, plus les prix sont significativement bas.

    En revanche, les structures de prix de la viande sont très différentes.

    En ce qui concerne les changements climatiques, le titre de mon paragraphe est « les aléas du changement climatique : une incertitude complète ». Et dans le corps du texte, je dis bien que personne ne peut savoir dans quels sens cela va jouer. Et devant l’incertitude, la prime de risque augmente, ce qui a un effet haussier sur les prix, même si c’est parfois de manière marginale.

    Quant à votre remarque sur l’emploi accru d’OGM, elle est à mon sens très juste. Le besoin croissant de matières premières agricoles, et la hausse générale de leurs prix, va pousser à la recherche sur les OGM aussi sûrement que la hausse du prix de l’or noir pousse les compagnies d’explorations pétrolières à faire des trous partout où elles reniflent un peu de chaînes carbonnées.

    A ce sujet, je souhaiterai quand même souligner que les OGM ne sont que l’industrialisation du procédé « naturel » du croisement, que l’on cherche à mieux maitriser par notre connaissance du génome. Ce que l’on faisait « par hasard » après de multiples et de multiples croisements, on tente de le faire « du premier coup » en modifiant le génome des plantes.

    Ceci dit, je partage votre réserve quant à notre connaissance sur les conséquences potentielles de l’utilisation massive des OGM. Je ne pense pas qu’on puisse dire d’emblée « c’est de la manipulation du génome, ca va détraquer la nature ». Mais on ne peut pas affirmer péremptoirement que les OGM sont inoffensifs.

    Certaines catastrophes sanitaires dûes à des médicaments trop vite mis sur le marché l’ont suffisamment montré, il faut toujours un certain temps avant de pouvoir mesurer les effets imprévus, lorsque l’on touche au vivant. Et je ne suis pas sûr que le délai que l’on se donne aujourd’hui soit suffisant de ce point de vue là.

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