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Nemo

Blogueur indépendant, 30 ans

Tableau de bord

  • Premier article le 24/08/2007
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  • Nemo 14 mai 2007 16:16

    Et voila encore un article bien-pensant, pur produit de notre capacité bien française à montrer du doigt les grands et les puissants. En faisant mine d’oublier que nous-mêmes, chacun à notre niveau, nous faisons chaque année la même chose.

    Utiliser le jet privé d’un ami, abus de bien sociaux ? Et qui n’a jamais utilisé la voiture de l’entreprise pour accompagner ses enfants à l’école ? Qui en paye l’essence et l’usure ? Qui n’a jamais ramené du bureau des stylos, qui n’utilise jamais l’ordinateur portable donné par l’entreprise pour surfer sur internet de chez soi ?

    La liste est courte, et on pourrait la rallonger à loisir. J’entends d’ici les protestations offusquées : « Mais ce n’est pas du tout la même chose, ce n’est pas le même niveau de décision, cela ne porte pas sur la même échelle de montants ! »

    Et alors ?

    Nos bien-pensants, sautant sur l’occasion pour faire preuve d’un courage exemplaire, fondent leur analyse sur la base de principes moraux supérieurs, d’une rigueur sans faille, et qui ne sauraient accepter la moindre interprétation.

    Qu’à cela ne tienne ! Qu’ils trouvent donc le courage de s’offusquer contre tout le monde de tous les petits arrangements entre amis, que nous faisons tous les jours et auxquels eux aussi, très probablement un jour ou un autre, ont eu recours.

    C’est dur d’avoir tort, n’est-ce pas. Eh bien si - et ils ont raison - les français dans leur immense majorité s’en foutent. Et ca c’est bien plus dur à accepter que la petite escapade maltaise de notre futur Président...



  • Nemo 9 mai 2007 18:30

    Quel dommage...

    Avec un parcours tel que le vôtre, s’en tenir à une analyse aussi restreinte et aussi empreinte d’a priori contestables.

    Sur le premier risque, il y a bien longtemps que la question du lieu de production a été comprise comme secondaire. Pour mesurer l’effet induit, il faut tenir compte :
    - En premier lieu de la ventilation des revenus supplémentaires entre consommation et épargne

    - Ensuite, en ce qui concerne l’épargne, de la ventilation de celle-ci entre investissements productifs et profits financiers, et de la ventilation de ces profits financiers entre l’accumulation du capital et l’utilisation dans le cadre de la consommation.

    - En ce qui concerne la consommation, de la ventilation entre les types de produits et de services consommés, et pour chacun de ces types de produits et services consommés, de la répartition, des montants et de la localisation des valeurs ajoutées qui composent ces produits et ces services.

    - Enfin, dans l’analyse des parties de valeurs ajoutées de ces produits et services localisées à l’étranger, il convient de mesurer la part d’achat de produits et de services réalisés chez nous pour permettre cette production.

    Un exemple ? Une chaîne hi-fi coréenne. Pour être produite et acheminée au consommateur francais final, elle a besoin de machines-outils, de systèmes d’information, d’une chaine de transporteurs, d’une centrale d’achat, et d’un réseau de distribution, de conseil en organisation,et de tout un tas de choses encore. Rien que sur cet exemple, je vous laisse imaginer toutes les différentes possibilités pour qu’à de multiples endroits, il y ait intervention d’entreprises françaises. Et donc de participation aux bénéfices résultant de la production et de la vente de ce matériel. Cet exemple est encore beaucoup trop simpliste par rapport à la réalité.

    Le fait d’affirmer péremptoirement qu’augmenter le pouvoir d’achat des français, c’est transférer de l’argent directement dans les économies émergentes est donc une absurdité, fondé sur des a priori politiques, et destinée à aveugler des personnes qui ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez.

    Quant au deuxième risque, il est fondé sur un non-sens. Depuis près de 15 ans maintenant, l’essentiel des efforts des entreprises est dirigé vers le « on-demand business ». Les dernières industries qui continuent à faire ce que l’on appelle de la production « sur stock » sont celles pour lesquelles cela coute plus cher d’arreter ou de ralentir le process de production que de stocker des produits en attendant que vienne le client. En gros, pour être concret, la sidérurgie, la pétrochimie, et la chimie industrielle. Il y a évidemment quelques autres secteurs, mais au moins voilà des exemples parlants.

    Eh bien même ces entreprises se sont dotées d’outils de prévision, dits « business intelligence », afin de mieux prévoir les fluctuations futures de leur demande et par conséquent de réguler leurs flux de production.

    On appelle cela le Supply Chain Management. Je vous invite à consulter quelques ouvrages utiles disponibles aux presses d’HEC.

    Pour résumer, PLUS PERSONNE ne produit comme vous le dites !!! Donc votre raisonnement est complètement caduc. La part des industries produisant « sur stock » dans l’emploi en France - et Dieu sait qu’on en fait des tonnes sur les délocalisations - c’est devenu peanuts.

    Ce que personne ici n’a visiblement compris ici, c’est que cette mesure sur les heures supplémentaires n’est qu’un élément de l’objectif « travailler plus pour gagner plus ». Il va y avoir les retraités qui souhaitent encore bosser pour améliorer leur retraite, peut-être même que certains fonctionnaires voudront réaliser des heures supplémentaires pour augmenter leur salaire de misère.

    Mais cette mesure sur les heures supplémentaires est essentiellement dirigée vers le secteur du bâtiment, et a pour objectif d’abaisser l’intérêt marginal du travail au noir, en réduisant relativement les gains de la non-déclaration. C’est donc une mesure, sous des dehors de comm’, qui n’a, pour seul but, que celui de faire baisser le travail au noir. Et ca, ca rapporte de l’argent à l’Etat...

    Soyez gentil, rangez vos prêt-à-penser, vos idéologies à la noix, et regardez ce monde qui a bien changé depuis que vous êtes né...



  • Nemo 4 mai 2007 11:43

    Nous y voilà. Un article aussi long sur un fait finalement bien simple : la gauche avait peur de Sarkozy, non pas à cause de son programme, mais à cause de son talent politique, d’orateur et de débateur. Demandez autour de vous, tous les soutiens de Ségo craignaient ce débat « elle va se faire hacher menu », « il ne va en faire qu’une bouchée » etc.

    La même peur animait la candidate, ce qui la rendue - osons le mot - agressive. D’où cette impression de domination, dont l’auteur lui-même se demande si ce n’était pas un coup d’épée dans l’eau.

    Alors on se rassure, autant que l’on peut, par un texte long comme une tirade de Ségo, en s’auto-persuadant qu’assomer les gens par des incantations de meeting suffira à masquer l’absence de programme.

    Elle se bat ! Formidable ! Mais comment pouvez-vous être aussi aveugles ?

    Toute la réputation de brutalité de Sarko s’est appuyée sur les longues années où il estimait que démonter en petits morceaux ses adversaires sur les plateaux télé - ce qu’il faisait fort bien - lui permettait de prouver sa compétence aux téléspectateurs.

    La réalité est toute différente.

    Il en a mis du temps, avant de comprendre que cela le faisait plutôt passer pour un exité, un personnage brutal et sans scrupules, qui n’a que faire des autres. Cela fait déjà quelques temps qu’il travaille contre sa nature, pour ne pas s’emporter, rester calme, même sous les attaques les plus violentes. Et il en a fait la démonstration durant ce débat télévisé.

    Ségo est tombée royalement dans le panneau.

    Posez-vous juste cette question : pour l’électeur du centre, qui a voté Bayrou au premier tour, parce qu’il avait un peu peur de Sarko, et qu’il ne faisait pas trop confiance à Ségo, vers qui va pencher son choix, au soir de ce débat ?

    Vers celui qui aura montré le plus de calme et de sérénité, autrement dit Sarkozy.

    C’est donc lui, contrairement aux apparences, qui a gagné sur toute la ligne. Il a fait le plein dans son camp au premier tour, et il va ramasser le centre au second.

    Ca tombe bien, on a justement besoin de faire vraiment quelque chose contre la dette publique.

    A dimanche soir, 20h...

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