Magnifique lapsus dans l’introduction de ce texte, et même la question de savoir s’il est involontaire ou non ne m’intéresse pas.
[Nicolas Sarkozy] « a besoin des VOIES du centre pour accéder à la présidence »
Ah, ça, c’est sûr . . . surtout que sa VOIE à lui, respectueuse comme d’habitude du code de la route, a plutôt donné « priorité à droite », si j’ose dire . . .
Puisqu’on en est là, il serait alors temps que ledit candidat aille à son tour faire son ascension de la Muraille de Chine, au pays de Lao-Tseu, pour trouver sa VOIE du Milieu . . .
Ccomme je le disais à un amis bruxellois hier : certes, c’était un poisson d’avril de décembre, mais le contexte s’y prêtait. Et je ne suis pas sûr que l’idée soit hors de propos. Au moins les journalistes de la RTBF savent allumer un contre-feu.
Je ne suis pas sûr que celui-ci sera suffisant pour désamorcer un véritable mouvement sécessioniste, mais, au moins, pour quelques années, l’émission de mercredi rendrait ridicule toute véritable tentative dans ce sens. Lui donnerait un goût de réchauffé et de caricature de la caricature. Ce qui est un comble.
Pour ça, je dois avouer que c’est bien joué. Et je crois que nous n’avons malheureusement pas en France de media télévisuel capable d’une telle analyse politique, et d’une telle analyse de la psychologie du téléspectateur-électeur. Tout juste les gros sabots de Canal+ le 21 avril au soir.
La comparaison Liban-Pologne est intéressante et non dénuée de finesse. Mais elle oublie cependant quelques éléments :
- les partages de la Pologne ont été conclus sans que personne ne puisse intervenir en Occident. En tout cas dans les partages de 1772-1795 .
Aujourd’hui, il serait gravement illusoire de croire qu’aucun pays ne peut s’interposer entre la Syrie et le Liban. A commencer tout simplement par l’ONU. Mais celle-ci est-elle vraiment libre de ses moyens ?
- La Pologne avait, au XVIII° siècle, suscité des siècles de rancoeurs chez les peuples qu’elle opressait (notamment Ruthènes, Lituaniens, Juifs et même Russes). Les Libanais n’ont jamais eu la moindre prétention hégémonique.
- La Pologne de 1939 était dirigée de manière assez autoritaire depuis la disparition de Pilsudski, seul élément capable de modérer un régime en risque de basculer vers le populisme. Le Liban, a contrario, a représenté depuis des décennies le régime le plus démocratique du Proche-Orient.
- La Pologne n’a jamais, du moins jusqu’en 1945, été un symbole d’une cohabitation paisible entre communautés. Sans même parler des Juifs, la relation avec les uniates à l’Est ou les Allemands protestants à l’Ouest n’était pas évidente. Alors que le Liban a été longtemps un symbole de bon voisinage entre sunnites, druzes, maronites, catholiques et autres.
Tout cela, avant que Syriens et Israëliens (mais soutenus par qui ? D’un côté comme de l’autre ?) mettent à feu et à sang cette cohabitation, et se mêlent de la politique intérieure de leur petit voisin. Chez qui ils feraient bien de prendre des leçons de pacifisme . Voire de démocratie.
Alors mourir pour Dantzig ? Mourir pour Beyrouth ?
De toute façon, je préfère Gdansk à Dantzig ; et je préfère vivre et choisir la paix à la guerre larvée qu’on veut imposer au Liban.
Que le Pape soit dans la droite ligne de son discours de Regensburg (j’en ai assez des francisations de noms de villes allemandes), ça, sans aucun doute, d’accord. Il n’a fait que réaffirmer son respect de l’islam dans l’acceptation de la différence.
Mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de ’diplomatie’. Benoît XVI a incontestablement gagné en diplomatie en deux mois. A Regensburg, il a sans doute sous-estimé l’impact et la manière dont son discours, au demeurant d’une immense qualité, serait reçu.
Et il a sous-estimé la stupidité des médias et leur usage permanent de la citation tronquée et non-attribuée.
Ces jours-ci, à Istanbul en particulier, il a montré qu’il avait compris ce que les musulmans, les Turcs, et les chrétiens attendent de lui. Le message ne change pas, mais la communication de ce message est compréhensible par tous, et non pas uniquement par des universitaires bardés de diplômes de théologie.
Je pense que Jean-Paul II, au contraire de Benoît XVI, avait instinctivement cette méfiance envers les médias, qui déforment (ou inventent) les propos tenus. N’oublions pas que le défunt Pape venait d’un pays où, à l’époque, la répression et la manipulation de la pensée n’étaient pas vains mots.
Benoît XVI l’a appris à ses dépens : les foules sont toujours prêtes à croire un message déformé. Mais ç’aura été un bien pour un mal, finalement : puisque cette malheureuse incompréhension a conduit finalement, deux mois plus tard, à un rapprochement et une fraternité un peu plus grande. Pas un grand pas, non. Mais un pas tout de même.
Je n’ai pas vu le film, ni choisi pour qui je voterai. Il mes reste 6 mois de matraquage et de lecture de programmes...
Mais il faut avouer que le ton de l’article, ses subtiles allusions et son chassé-croisé permanent sont à ravir. Je ne dis pas être d’accord avec tout, mais j’apprécie l’ironie.