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Oudeis

Estimant que les idées exprimées priment sur la personalité de celui qui les soutient, je m'en tiendrais à ceci en guise de CV ;-)

Tableau de bord

  • Premier article le 02/06/2008
  • Modérateur depuis le 15/02/2014
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Ses articles classés par : ordre chronologique








Derniers commentaires



  • Oudeis 26 décembre 2008 14:57

    @caramico

    "je rêve d’une société française ou j’ignore la religion de mon voisin, qui lui même ignore la mienne, pour ne garder que l’essentiel avec lui, de bons rapports."

    Vous semblez donc être un partisan de la laïcité "de refus" - pour ne pas dire d’un athéisme d’état - dont je parlais dans mon précédent commentaire.

    "
    Ce qui me fait plaisir, c’est que la grande majorité des êtres humains de ce pays pensent comme moi, que la culture dominante qui l’emportera, c’est la laïcité à la française"

    Sans vouloir vous chagriner, la "laïcité à la française" n’est qu’un amalgame incohérent et empirique (résultat d’une histoire française complexe) entre votre vision de la laïcité (avec quasi interdiction des cultes) et celle pour laquelle chacun a droit de pratiquer le culte de son choix (ou de ne pratiquer aucun culte). Et si la grande majorité de nos concitoyens sont attachés à cette "laïcité à la française", c’est qu’ils se répartissent entre les deux visions.



  • Oudeis 26 décembre 2008 14:07

    "fêtes de Noël (qui n’est pas une fête chrétienne, contrairement à ce que l’on dit)

    Ben voyons. Je suppose que Noël est une fête pastafarienne célébrant la date de la cuisson du Grand Spaghetti.

    Vous devriez en informer d’urgence Wikipedia qui indique que "
    Noël est une fête chrétienne célébrant chaque année la naissance de Jésus de Nazareth, appelée Nativité." ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Noel ).




  • Oudeis 24 décembre 2008 15:48

    Merci pour cette réponse.

    En ce qui concerne le terme "tolérance", si le terme ne vous agrée pas, il peut être remplacé par "acceptation", "respect", "autorisation" ou tout autre terme à votre convenance qui correspondrait au fait que l’Etat autoriserait toute pratique religieuse du moement qu’elle serait respectueuse des lois républicaines (et à l’ordre publique).

    La laîcité à la française est certes le résultat de d’une Histoire mouvementé et complexe entre l’Etat et les religions.

    Les paradoxes sont bien nombreux - et pour reprendre les termes de la comission Stasi, il s’agit d’un "principe appliqué avec empirisme".

    Mais pour les lever, il faudrait arriver à un accord sur le type de laïcité cohérente concrètement qui serait à appliquer. Or si le principe théorique de laïcité est consensuel, la manière de lever les paradoxes divise profondément la société française. Quel pourcentage de la population serait prêt par exemple à renoncer à voir Noël (c’est d’actualité smiley )ou la Toussaint laïquement travaillés et non plus fériés ? Ou inversement, quel pourcentage de la population serait prêt à voir des fêtes non chrétiennes ajoutées aux jours fériées ?

    Ne vous en déplaise, je n’ai malheureusement pas trouvé dans votre précédent article une définition de la laïcité cohérente en pratique : comment conciler liberté de conscience et interdiction faite à certains de se conformer à leur conscience ? Comment se revendiquer de l’égalité et exclure en même temps des services publiques ceux dont la pratique religieuse n’est pas celle instituée en norme ?






  • Oudeis 24 décembre 2008 14:48

    Article très intéressant. C’est un rappel salutaire des évènements touchant à la laïcité en France ayant eu lieu en 2008.

    Un paragraphe attire en particulier mon attention et mériterait - je pense - plus ample développement : celui concernant les deux camps laïques : "Deux camps qui se disent laïques se sont affrontés toute l’année autour de la laïcité et de l’islam. Pour schématiser, le premier (...) épingle toute tentative d’immixtion de l’islam dans la sphère publique ; quant au second (...) il voit dans les attaques contre l’islam au nom de la laïcité des propos racistes."

    Cet affrontement vient - à mon sens - de l’ambiguïté du terme laïcité.

    Quelle est donc la définition de la laïcité ? "Caractère de ce qui est indépendant de la religion" selon le dictionnaire. Ce terme et cette définition sont certes très consensuels - rare sont ceux qui ne se réclament pas de cette laïcité.
    Cette vision de séparation de l’Eglise et de l’Etat reste cependant bien théorique car, dans la mise en pratique, deux acceptions différentes - pour ne pas dire opposées - existent.

    La première acception de la laïcité affirme que l’Etat, étant séparé de la religion et devant assurer la liberté de croyance, se doit d’accepter toutes les religions et toutes les pratiques ne contrevenant pas à la loi (qui ne saurait traiter de sujets religieux). Cela signifie l’acceptation de toutes les religions dans une neutralité étrangère mais tolérante du fait religieux.
    Cet aspect de la laïcité – particulièrement en vogue dans les pays anglo-saxons – est garantie par <a href= http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm#18 > la déclaration universelle des droits de l’homme - article 18 </a> : "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique (…) la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites". Cet article faisait d’ailleurs partie du projet de Constitution européenne - article II-70. 
    Dans cette vision de la laïcité, seules les institutions publiques se doivent de ne pas afficher de préférence religieuse (i.e. pas de symbole religieux dans les bâtiments publiques, pas de référence religieuse dans les textes officiels …). Mais rien n’interdit en principe même aux fonctionnaires (employés de l’état mais ne personnifiant pas cet état) d’afficher (à titre individuel) leurs appartenances religieuses. A fortiori les citoyens peuvent afficher publiquement et ostensiblement leur appartenance religieuse, même en public et y compris dans les bâtiments publics (mairies, écoles …) – justement au nom du principe de laïcité.
    De fait, le principe de laïcité selon cette vision peut aboutir à ce qu’on nomme le communautarisme.


    La deuxième aception - opposée à la première - définit la laïcité comme une interdiction de toute expression religieuse en dehors de l’intimité privée la plus stricte. La laïcité est alors considérée comme un refus de religieux, une absence de religion - et s’approche un peu d’un athéisme voire un anticléricalisme d’Etat.
    Cette vision du principe de laïcité a parfois été celle retenue par la République (cf. par exemple le calendrier révolutionnaire ...). C’était également la vision de la laïcité par le communisme soviétique.


    Il est patent que ces deux définitions de la laïcité diffèrent totalement - et seraient même incompatibles.
    Si donc la laïcité théorique fait l’unanimité (ou presque), dans la pratique les positions s’opposent ... au nom même de la laïcité ! L’affrontement des deux camps mentionnés dans l’article relèveraient donc de cette ambiguïté qu’on ne cherche pas à lever afin de préserver le sacro-saint consensus national sur la laïcité.


    Et la laïcité "à la française", me direz-vous ? Elle constituerait selon certains le juste milieu entre les deux visions précédante de la laïcité.
    Il s’agirait plustôt - à mon avis - d’une laïcité à géométrie variable adoptant l’une ou l’autre des définitions en fonction de ce qui arrange.

    Quelques exemples de telles incohérences de la "laïcité à la française".

    Au nom de la laïcité "de refus", sont interdits à l’école les symboles religieux ostensibles (concrètement le voile islamique e la kippa juive - la pratique chrétienne ne comprenant pas le port de symbole spécifique). Cette interdiction est édictée dans l’article L141-5-1 du <a href=http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006071191&dateTexte=20081224 > Code de l’éducation </a> : "Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.".
    Mais le même texte, quelques lignes plus haut, à l’article L141-2 choisit la laïcité "de tolérance" et affirme "L’Etat prend toutes dispositions utiles pour assurer aux élèves de l’enseignement public la liberté des cultes et de l’instruction religieuse". Ces deux articles illustrent le manque de cohérance du choix du type de laïcité définie dans la loi.

    Autre exemple. La proposition de la <a href=http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/034000725/0000.pdf&nbsp ; >commission Stasi </a> (qui préconisait d’ailleurs cette interdiction des symboles religieux) de faire des êtes religieuses de Kippour et de l’Aïd-El-Kebir des jours fériés dans toutes les écoles de la République a été rejetée au nom cette fois de la laïcité « de refus ». Pourtant, au nom de la laïcité "de tolérance" la plupart des jours chômés en France correspondent aux fêtes religieuses catholiques (Noël, Toussaint, Pâque, Petecôte, Ascension, Assomption) comme le relevait cette même commission : "le calendrier conçu principalement autour des fêtes catholiques". Le caractère catholique du calendrier scolaire est d’ailleurs reconnu dans un <a href=http://www.education.gouv.fr/bo/2008/16/MENH0800336C.htm > bulletin officiel de l’Education Nationale </a> : "Les principales fêtes [catholiques et protestantes] sont prises en compte au titre du calendrier des fêtes légales".


    En pratique, il s’agit donc souvent de considérer la laïcité comme tolérance envers les religions lorsqu’il s’agit du christianisme - et de prendre l’acception anticléricale envers les autres religions. Ce manque de cohérance dans la définition de la laïcité à la française risque aors de génèrer des frustrations - tout en fournissant des arguments aux partisans du communautarisme qui défendent leurs positions ... au nom de la laïcité !

    Les affrontements entre les camps "laïques" risquent donc de se poursuivre en 2009 ... tant que le débat sur la définition de la laïcité n’aura pas permis de trancher pour une application cohérente.





  • Oudeis 24 décembre 2008 01:41

    "La finance islamique n’est pas limitée exclusivement aux musulmans, elle défend une certaine éthique dans le monde des affaires, qui écarte l’usure, le gain aveugle, qui évite les industries du porno, tabac, casino."

    Hors l’Islam, point de moral ? Y aurait-il une valeur éthique « laïque » interdisant l’élevage de porc ou la production de vin ?

    Si certaines industries étaient jugées impropres par la République, elle les auraient interdites. Or, pour information, ce n’est le cas ni de l’industrie porcine, ni de la viticulture, de l’industrie pornographique, des casinos ...

    Il ne s’agit donc pas d’une "alter-finance" mais bien d’une finance communautaire - et plus précisemment religieuse - qui serait favorisée par l’Etat.

    Mais ce type de commentaire illustre parfaitement ce que j’indiquais dans l’article. Sous couvert de lutte contre des dérives financières spéculatives, la finance islamique cherche à islamiser la société en essayant d’exclure les activités islamiquement incorrectes mais jusqu’à présent acceptées par la République (vin, porc, tabac, casino, pornographie ...). On essaie ainsi de faire passer les préceptes islamiques pour "LA Morale" universelle.


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