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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 août 2006 11:11

    @ L’auteur

    Pourquoi tenez vous tant, dans votre article, à faire passer les Occidentaux pour des ignares ? Je vous cite : « ces gens là [sous entendu l’Occident] ne connaisse[nt] pas l’histoire et la civilisation plusieurs millénaires de ce coin du monde ». Surtout en vous appuyant sur le concept de « nation ». Parlez d’empire tant que vous voudrez, mais pas de nation, tel que ce mot est utilisé aujourd’hui. Le propre d’un empire est de fédérer les peuples et les divers royaumes qui le composent. Les Hittites l’ont fait, les Egyptiens aussi (double couronne), sans parler des Grecs et des Romains, pour ne parler que de l’Antiquité. Il n’y a pas eu de nation perse, pas plus que de nation romaine. Simplement un concept difficile à mettre au point : celui de citoyenneté déterminant les droits et les devoirs de chaque individu.

    Pour ce qui est de « l’histoire et la civilisation plusieurs millénaires de ce coin du monde » laissez à des propagandistes reconnus le soin d’utiliser de tels arguments. L’histoire de la Perse est étudiée chez nous (ou elle était - car les programmes ont peut-être changé depuis en raison des lamentables réformes qui ont sinistré l’enseignement de l’histoire). Je ne sais s’il en va de même pour les petits Iraniens et s’ils apprennent l’histoire de Charlemagne. Sans parler des salles consacrées à la Mésopotamie qui font partie des plus visitées au Louvre.

    De plus, le danger que peut représenter l’Iran aujourd’hui pour certains de nos dirigeants n’a aucune corrélation avec l’histoire de ce pays même si, sous certains aspects, on pourrait dire que les tentatives des Parthes pour s’établir sur les rives orientales de la Méditerranée (actuel Liban) ne datent pas d’hier.

    Quant à l’idée que l’on se fait de plus en plus de la démocratie un peu partout dans le monde, elle ne laisse pas de m’étonner. Ainsi un assassin bénéficiant d’un non-lieu par la justice pour X raison (dont le jugement populaire peut faire partie) pourrait s’estimer, A SES PROPRES YEUX, non coupable ? Ce n’est pas très moral.

    Il faudra quand même finir un jour par comprendre que LES URNES NE SONT PAS LA DEMOCRATIE, même si elles participent à sa mise en place et à sa maintenance. Un parti crapuleux, mafieux, ne se blanchit pas s’il remporte des élections. Un parti fasciste reste un parti fasciste, même après avoir reçu l’onction d’un vote populaire. L’Europe a connu ça récemment.

    Les partis au pouvoir en Iran, en Palestine et dans bien des pays de la région ne sont pas démocratiques, même si certains sont arrivés par les urnes aux leviers de commande.

    Libre à vous de vous faire le chantre de la politique iranienne et de justifier ses « égarements » par l’éternelle responsabilité de l’Occident coupable de tout et partout. C’est votre droit. Mais évitez quand même de trop parler de démocratie en la matière. Pas mal d’Iraniens en subissent les « effets » quotidiens et notamment des Iraniennes qui ne se priveraient pas de vous dire que de tels propos sont loin de les servir.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 août 2006 07:18

    @ François

    Dieu me garde de vouloir contacter¨un jour la hyène de Tanger comme vous me le suggérez. Il y en a assez par ici de ces animaux au rire insupportable même par les âmes les plus endurcies, ainsi que des vipères à cornes et des scorpions peu sympathiques pour que j’aille en chercher dans une ville qui est devenue le fief du BHL et de sa douce et allumée compagne.

    Je n’ai pas eu la chance de connaître le Tanger d’autrefois et je le regrette. A vrai dire, celui d’aujourdhui ne m’engage pas beaucoup à la découverte intime, mais j’imagine que comme partout il faudrait connaître un habitant de cette ville pour être initié à ses charmes.

    Alors quand il m’arrive de débarquer à son port, je fais comme la plupart de MRE (Marocains Résidents à l’Etranger) et je traverse la ville en trombe, sans m’y arrêter, de peur de m’y faire arnaquer (voire agresser) par une frange non négligeable de sa population qui vit de ça et je file aussitôt les rejoindre à environ 30 kilomètres de là pour pouvoir déguster en toute quiétude mes premières keftas soupoudrées de cumin, dans des gargottes bien enfumées comme je les aime.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 août 2006 07:04

    @ citadelle

    Sous quel air faut-il vous le chanter ? L’arabe est une langue très difficile et je ne suis pas doué pour ça. Croyez que je le regrette. Je vous remercie de vos conseils mais je ne les appliquerai pas car je possède déjà une méthode dite d’ « arabe facile » avec des CD et ça n’a pas marché dans mon cas.

    Peut-être devriez-vous penser que nous ne sommes pas tous fabriqués sur le même modèle. Certains ont doués pour les langues étrangères et en parle une demi douzaine sans effort apparent. D’autres non. Je vis avec cette tare et il est toujours dans mes projets d’y pallier, mais comme je vous l’ai dit, à mon âge et tenant compte de mes difficultés à apprendre, ce n’est pas dans la rue que je pourrais y arriver.

    Tout ça, entre parenthèses, n’a rien à voir avec vos fautes d’orthographe. Si j’avais un programme informatique pour traduire en arabe ma pensée, croyez que j’apprendrais en une heure ou deux à l’utiliser. C’est la seule chose que je vous ai reproché car on pouvait y déceler une once de je-m’en-foutisme ou de « je te traite par dessus la jambe » envers vos interlocuteurs.

    Pour ce qui est d’apprendre l’arabe pour lire (et non pas « faire » comme vous le dites) l’histoire des pays arabes, cela n’a pas beaucoup de sens. Pour deux raisons.

    L’une reflète toujours la même dialectique : on ne pourrait parler que de ce qu’on vit. Faux. Archi faux. On parle de ce qu’on connaît et la connaissance peut prendre diverses formes. En ce moment, on parle beaucoup des sans-abri qui vivent dans des tentes à Paris. Je pense que ceux qui en parlent et tentent de les aider ne sont pas tenus à s’installer pas sous la toile en bord de Seine. Et bien sûr on pourrait donner des milliers d’exemples de ce genre de situation.

    L’autre raison tient au fait que si je veux m’intéresser à la culture du Maghreb et de la civilisation arabe en général, j’ai nettement plus de chance de trouver de la bonne information dans l’énorme documentation accumulée par les « étrangers » qui au temps de la colonisation se sont sincèrement intéressés à l’histoire de ces pays. Pour ne citer que l’un d’entre eux, je rappellerai ici le souvenir de Gabriel Camps, disparu récemment. On lui doit les plus intéressantes études sur les Berbères et la mise en œuvre de la remarquable « Encyclopédie berbère » toujours en cours de rédaction. Je vous signale aussi, l’excellente revue « Hespéris » (devenue « Hespéris-Tamuda dans les années 80). Tous les chercheurs que je connais au Maroc, regrette de ne pouvoir y avoir accès. Il existe en France cinq ou six établissements universitaires qui possèdent la collection complète dont le premier exemplaire remonte à 1928 ou 1930, mais les étudiants ou chercheurs marocains doivent s’en passer. Ceux que je connais me demandent toujours des photocopies de documents que je me suis procurés en France. Vous-même vous devriez en lire certazns. L’histoire du Maroc ne se résume pas aux deux ou trous ouvrages d’Abdallah Laroui.

    D’autre part, il m’est arrivé de lire de nombreuse thèses ou maîtrises produites par l’université marocaine. On y sent malheureusement trode recherche avec la version officielle avec laquelle on traite de l’histoire dabs ce pays. Le politiquement correct n’a jamais fait de bons chercheurs, dans aucun pays.

    Dernier point. J’ai beaucoup lu Ibn Khaldûn. Son « Histoire des Berbères » est un monument de la littérature mondiale. Il est à regretter que son oeuvre qui remonte à la fin du XIVè siècle et qui développe des concepts historiques révolutionnaires pour l’époque n’ait pas été poursuivie par des historiens maghrébins, au cours des âges.

    L’œuvre de Léon l’Africain reprise par Marmol est aussi des plus intéressantes quoique nettement plus succincte. A noter que c’est à Rome qu’il a rédigé sa fameuse « Description de l’Afrique ».

    Votre remarque au sujet de « l’orgueil à se sentir ridicule » me convient parfaitement. J’assume. C’est effectivement un sentiment qui détermine nombre de mes comportements. A noter qu’il en va bien autrement sur ce forum où la peur du ridicule ne semble rebuter personne.

    C’était du reste, ainsi que vous avez l’avez peut-être remarqué, le sens général de cet article.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 3 août 2006 23:19

    @ Françoise

    Difficile en quelques mots de parler de l’œuvre de Lyautey au Maroc. Un livre n’y suffirait pas. Pas même un rayonnage de bibliothèque Le personnage était complexe, son œuvre aussi. Je retiens qu’en peu de temps il a fait rattraper un retard abyssal à un pays qui semblait définitivement hors de la modernité, si ce n’est pour les gadgets fort onéreux que le sultan Moulay Abdelaziz importait à grands frais dans ses palais.

    Il suffit de voir les vestiges de la voie de chemin de fer que Lyautey fit construire dans la vallée de Moulouya. Ça fait rêver... Et sans parler de nnsotalgie, simplement de contempler l’œuvre d’une volonté humaine qui s’est battue contre les Anglais, les Espagnols, les Allemands et la plupart des puissances européennes pour faire vivre « son » Maroc.

    Il est sans doute, après Alexandre, l’homme qui bâtit le plus de villes en si peu de temps. Je crois qu’on en compte une quinzaine à travers le pays... Par contre, il maintint ce pays dans des traditions séculaires qui sont aujourd’hui encore la cause de sa lenteur à se développer.

    Homme à la vie houleuse, souvent malade, il avait une capacité de travail et de jugement prodigieuse. J’ai beaucoup apprécié un ouvrage paru récemment et distribué au Maroc concernant le Secrétaire Général de la Résidence qui travailla longtemps à ses côtés. Ce texte bien documenté, paru à L’Harmattan avec une préface de Jean Louis MIège est de Bertrand Desmazières, auteur de nombreux ouvrages de référence sur le Maroc. Le livre s’intitule « Pierre de Sorbier de Pougnadoresse - le Colbert de Lyautey ». On y apprend beaucoup de choses, notamment comment à été mis en place l’Office Chérifien des Phosphates (qui existe toujours bien que sous une autre forme) et cet exemple montre comment le vieux militaire malade a lutté contre les financiers qui voulaient s’approprier cette richesse, quand lui la réservait au gouvernement du sultan pour enrichir une caisse destinée au développement du pays.

    Dernier point, il est à noter que les autorités actuelles comptent aménager à rabat un grand musée englobant l’ensemble de la culture marocaine. Aux dernières nouvelles, se musée ouvrirait dans l’ancienne Résidence, voulue par Lyautey. Clin d’œil à l’histoire qui n’est pas pour me déplaire.

    Merci de vos interventions souvent aussi virulentes que les miennes. Et, étant d’une sentibilité politique sans doute différente de la votre, si je ne partage pas toutes vos idées, nous nous rejoignons sur bien des points.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 3 août 2006 22:07

    @ Citadelle

    Et revoilà Citadelle toujours aussi fin et toujours aussi subtil... J’ai eu l’occasion de le dire : le folklore, désolé ça ne m’a jamais beaucoup intéressé. Même pas chez moi, alors tu penses chez les autres. Tu passes ton temps à regarder le passé. Moi, le Maroc que je connais et qui m’intéresse, c’est le Maroc d’aujourd’hui et de demain. Le passé c’est fait pour comprendre le présent, pas pour y patauger dedans ad vitam aeternam comme tu sembles aimer le faire ainsi que pas mal de tes compatriotes. Les quatre premières années que j’ai passées au Maroc, je n’ai pas mis les pieds à Marrakech, car les images que je voyais de Djemaa el Fna ne m’attiraient pas. Mais alors pas du tout. Maintenant, il m’arrive parfois d’aller dans cette ville, mais je préfère y rencontrer quelques amis professeurs ou étudiants. Je laisse le folklore à ceux qui ont envie de ramener des « souvenirs » qui font couleur locale...

    Alors, figure-toi je n’ai aucune honte à ne pas connaître les légendes du Maroc, surtout les histoires de djinns ou de sorcières. Je connais par contre un peu plus son histoire réelle, ce qui a l’air de déranger pas mal de tes collègues. Il me semble que pour beaucoup de Marocains (dont ta copine de Tanger fait partie) c’est plutôt le contraire. Ils vivent dans des légendes, car ils ont peur de regarder dans quel état est maintenu ce beau pays par des gens qui n’ont que la tradition à la bouche (parce que ça les arrange).

    Je me souviens d’un de mes premiers contacts avec le folklore maghrébin. C’était en Algérie, à Tébessa, près de la frontière tunisienne. Je connaissais alors un jeune professeur algérien qui me parlait tout le temps des j’nouns en m’assurant qu’avec leur aide, il pouvait découvrir des trésors dans la montagne. Un jour nous sommes partis dans les Némencha avec une amie française et un coopérant. Nous avons attendu le coucher de soleil sur un paysage somptueux. Le professeur a demandé à mon amie de fermer les yeux et de marcher dans la garrigue, les bras tendus en avant. Heureusement, il n’y avait pas de ravin, ni de ronces... Sinon je ne sais pas dans quel état nous l’aurions ramenée. Mais il n’y avait pas plus ..de trésor. Mais ce petit détail, d’après l’officiant, ce loupé était dû « au fait que la fille n’était pas vierge ».

    Alors, ton Aïcha, je m’en fous. Et tu ne peux pas savoir à quel point. Si quelqu’un veut bien m’en raconter l’histoire, je suis preneur, juste pour passer le temps, mais je ne vais pas courir derrière.

    J’en connais une d’Aïcha et ça me suffit amplement. Elle se croit toujours au Boujloud, mais au lieu de revêtir une peau de bélier, elle s’est couverte d’une peau de hyène qui, vu qu’elle ne s’aère pas beaucoup, commence à sentir rudement fort. Par contre, comme le font encore certaines tibus de l’Atlas, avec sa peau de bête elle aime bien ouspiller quelques Juifs ou ceux qu’elle prend pour tels. Tout ça dans la plus pure des traditions locales.

    Pour ce qui de parler la langue arabe, j’ai essayé plusieurs fois. D’abord en Algérie, où j’ai commencé à apprendre à écrire en arabe (mais j’ai oublié depuis), puis à Smara. Les premiers temps, le problème auquel je me suis heurté a été un manque de temps. Ensuite, quand j’en ai eu davantage, il m’a été difficile de trouver un professeur qui m’enseigne avec une méthode adaptée aux adultes et non aux enfants. J’ai compris depuis longtemps qu’à mon âge, ce n’est pas en apprenant des mots dans la rue que je parviendrais à posséder une langue aussi complexe. Des gens sont doués pour ça, moi non. Les langues étrangères me demandent un effort presque surhumain. Je ne parle pas l’anglais. Un peu d’espagnol et de catalan ou d’italien et c’est tout.

    Mais combien je regrette ce défaut de « double culture ». De plus, à Smara on parle l’arabe marocain, le berbère et le hassani. Et dans les discours ou les réunions officielles, les lettrés mettent un point d’honneur à s’exprimer dans l’arabe le plus pur et le plus classique. Je les soupçonne même d’avoir une attitude compétitive à cet égard. Donc, ça fait quand même beaucoup de subtilités à gérer et je n’en ai pas le courage. Je m’avoue vaincu d’avance. Je ne me réfugie pas dans cette excuse, mais tu peux bien me croire que tous les jours je regrette de ne pas pouvoir comprendre les autres ni participer directement aux conversations, sachant que ma présence oblige mes interlocuteurs à faire des efforts de traduction qui cassent le fil du propos.

    Mais bon, ça n’a pas l’air d’embêter beaucoup de monde par ici. Depuis huit ans que je fréquente Smara, j’ai quand même l’impression que les gens m’ont accepté comme je suis. (ce qui n’a pas l’air d’être le cas de tous les intervenants de ce forum). Je te raconterai peut-être un de ces jours les rapports que j’entretiens avec un des petits-fils de Ma el Aïnin, fin lettré et homme de dialogue. Il ne parle pas un mot de français. Pourtant, quand je vais lui rendre visite dans la zaouïa de son grand-père, nous nous comprenons parfaitement.

    Dernier point, je connais en fait davantage de mots du vocabulaire ouvrier comme « mizane di el ma » ou « matraca », que ceux tirés de la littérature arabe qu’il m’arrive cependant de lire à travers des traductions. Mais là aussi, je ne suis pas trop porté sur la poésie arabe. Désolé, mais ce n’est pas ma tasse de thé. Car bien sûr il faudrait pouvoir la lire dans sa langue originale.

    Patrick Adam

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