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Patrick Gaudray

Patrick Gaudray

Depuis longtemps directeur de recherche au CNRS, mes centres d’intérêt scientifique sont la génétique et la génomique, en particulier dans le domaine des cancers. Une expérience 20 ans de direction de laboratoire public de recherche et de six ans passés à la direction des sciences de la vie du CNRS en tant que directeur scientifique adjoint m’a montré l’importance qu’il y a de donner aux chercheurs les moyens de leur liberté et de leur créativité.
Membre du Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), j’essaie de contribuer à la réflexion éthique indispensable pour rendre l’homme plus humain et moins dépendant des idées toutes faites, fussent-elles dominantes ou politiquement correctes.
Je m’intéresse aussi à toute ce qui est inutile, et pourtant indispensable, comme la peinture, la musique, … ou la recherche fondamentale.

Tableau de bord

  • Premier article le 18/10/2008
  • Modérateur depuis le 11/11/2008
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Derniers commentaires



  • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 7 novembre 2008 16:11

    Cela fait un moment que Valérie Pécresse a passé une étape décisive dans son entreprise de démolition de la recherche scientifique en France. Le discours ne mentionne plus les chercheurs plein-temps.
    Comment les dizaines de milliers de chercheurs du CNRS, de l’Inserm ou de l’INRA peuvent-ils (elles) supporter d’être ainsi évincé de fait du dispositif de recherche ?
    Personnellement, je ne l’accepte pas.
    Bien que j’aime enseigner (à petite dose) et que je l’ai fait tout au long de ma carrière, si on me contraint à enseigner pour avoir droit à une prime dite de recherche ou d’excellence, je me passerai de prime. Après tout, ce n’est pas pour cela que je suis entré au CNRS, il y a bien longtemps déjà, en un temps où la recherche fondamentale n’avait pas besoin de se défendre pour exister, où les chercheurs ressentaient une certaine fierté de ce qu’ils étaient, un temps où ils pouvaient apparaître comme des modèles enviables aux jeunes qui souhaitaient les imiter, puis prendre leur suite.
    C’est le moment où mon plus jeune fils me dit : "papa, arrête de jouer les vieux cons, je préfère quand tu reste un jeune con".
    Oui, mais il y a des instants où on peut se laisser aller à la nostalgie d’un temps où la quête de la connaissance avait plus de valeur que le fric.
    Et puis, le changement, je suis pour, j’y aspire, même, mais seulement s’il conduit à un progrès.
    Où est le progrès dans la réforme Pécresse, la réforme Sarkozy, devrais-je dire puisque la ministre se contente de décliner au mieux (au moins pour son évaluation par l’Elysée) les incantations qui étaient, je le rappelle, présentes dans le programme de campagne du candidat UMP ?
    J’espère avoir un jour des réponses à cette lancinante question.
    Pour l’instant, j’ai entendu (Pécresse, toujours) que le progrès était de mettre la recherche au service de l’économie. Et cela n’est pas une réponse acceptable. S’il est légitime que la recherche participe au progrès, notamment économique du pays, elle n’est pas à son service, surtout pas à son service exclusif.
    La recherche a une valeur sans qu’il soit besoin de la valoriser économiquement, et les chercheurs ont une fonction sociale importante sans qu’il leur soit besoin d’enseigner ou devenir chefs d’entreprise pour le montrer. Or, le mépris affiché des chercheurs dont témoignent les mesures et annonces récentes n’est certainement pas "compensé" par les primes prévues pour leurs collègues enseignants-chercheurs (au moins un petit nombre d’entre eux). Les chercheurs, on leur pro(im)pose d’être recrutés plus tard, après les dix ans de CDD qui suivront leur BAC +8. Il faudra vraiment qu’ils aiment la "french way of life" et leur campagne pour envisager de revenir tenter de se faire recruter par un CNRS moribond. Ce qui est important, c’est que l’on pourra continuer de mesurer la qualité des université françaises à la côte que leurs étudiants continueront d’avoir dans les centres de recherche et les universités de tous les pays du globe (les USA en particulier), … sauf la France 



  • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 27 octobre 2008 18:53

    Voici une adresse de lien vers la fameuse lettre de mission :

    http://essentielles.files.wordpress.com/2008/10/151110_professeur_grunfeld. pdf

    Sinon, le site de l’INCa contient certainement des informations sur le sujet.
    Bonne lecture ...



  • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 27 octobre 2008 14:01

    Rassurez-vous, je suis naïf,mais pas à ce point !
    Si, personnellement, je ne "découvre" rien, je constate que mes amis et collègues ne réagissent pas beaucoup à ce qui se passe en Sarkozie, pour ce qui me concerne sur le plan de la recherche. Alors, une description factuelle et un peu de fausse-naïveté m’aident à ne pas manifester trop fort la colère que je ressens devant l’immense gâchis que notre pouvoir est en train de réaliser.
    Merci de m’avoir permis de préciser ces points



  • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 19 octobre 2008 11:02

    Je pourrais éventuellement êtr d’accord avec vous, mais à deux conditions. La première serait que l’on puisse un jour se mettre d’accord sur ce qu’est la productivité d’un chercheur. Lorsqu’on me parle de productivité, j’entends une évaluation quantitative, et là je ne suis plus du tout d’accord. Le mot possède en lui-même quelque chose de sulfureux lorsqu’on l’applique à la créativité et à l’avancée des connaissances. La seconde condition serait que vous ne parliez pas d’âge, car ce n’est pas là le problème. J’ai un ami américain qui, à 78 ans, est plus créatif que bien des jeunes chercheurs. L’intérêt d’un organisme de recherche comme le CNRS, s’il avait les moyens de bien faire son travail, est de pouvoir assurer un suivi personnalisé de ses chercheurs, et de leur proposer de s’orienter vers un des nombreux métiers de la recherche. Là encore, une évaluation de qualité permet de valoriser les femmes et les hommes qui sont la réelle richesse de la recherche publique, en leur permettant de contribuer au mieux à ce qui est, après tout, un effort commun : la Science.



  • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 19 octobre 2008 10:48

    Merci de ces mises au point. En effet, signaler que vous êtes dans le domaine de l’informatique est important, car l’évaluation des recherches, en particulier, est très dépendante du domaine concerné. Et heureusement !
    Je peux vous dire qu’en biologie, les conférences avec actes ne sont pas prises en compte comme le sont les publication sdan sdes revues internationales avec comité de lecture.
    Mais, quelle que soit la discipline, ceux qui nous dispense des moyens pour travailler ne sont sensibles qu’à une petite lettre : A, B, ou C. Si l’évaluation peut être riche au niveau des comités scientifiques, ce qu’on en fait à partir de là est pitoyable et très réducteur.
    Maintenant, si je comprends votre message au suje de la comparaison entre USA et France, et si j’admets bien volontiers qu’il faut accepter des contraintes de nature différentes suivant le système dans lequel on se situe, je me refuse à imaginer que nous n’avons le choix qu’entre ces deux modèles : Liberté ou moyens matériels.

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