Terminons par le
voisin C, l’ersatz de racaille, musicologue, qui plus est.
La démocratisation de la culture a ses limites.
Si la finalité est de subir les obsessions de dépucelage véhiculé par le R’nb
et les vérités politiquement ambidextres du rap, merci, mais non merci.
Que la jeunesse veuille s’abrutir, c’est tout à son honneur,
mais qu’elle le fasse en privé.
Pour être honnête, je ne peux pas imputer l’entière
responsabilité des nuisances sonores à ces quart-mondistes équipés de la dernière
technologie 3 G au moment des soldes et criant à la misère sociale dès la
première manifestation venue.
Les fous pragmatiques du marketing qui ont incorporé des
haut-parleurs sur les téléphones portables ont redéfini notre écosystème du
métro.
Le besoin d’affirmation de ses goûts proposés sans l’avis
d’autrui relève de l’ennui existentiel chez l’occidental, intégré ou pas.
Pourquoi ne pas choisir un ou deux de ces jeunes, en guise
d’exemple, et les pendre haut et court à la sortie du métro sur l’une de ces
potences haussmanniennes ?
Tout est une affaire de cycle
électoral, d’amnésie collective et de timing économique.
Les antagonismes d’hier
produisent les addictions de demain car elles ne sont que les parties visibles
de l’interdépendance structurelle et géographique des peuples sédentarisés.
Depuis que les idées incarnent
les hommes, et plus l’inverse, les symboles monopolisent le temps des
négociations, tout en rendant mimétiques les extrêmes supposés.
Le monde est une construction
sociale à géométrie variable et à durée déterminée où le moyen terme articule
l’appareil idéologique des expansionnistes autarciques.
Les bavures à répétition des faiseurs de frontière
remettent en question la véracité de la théorie du chef du village national.
Depuis sa commercialisation, la planète navigue du
sauveur universel – mais souvent despote en puissance – au partage du pouvoir
entre manchots où les gens sont en désaccord, tous ensemble.
La crèche mondiale et les niches personnalisées
subissent la même crise, celle de l’extinction de la croyance de masse au
profit de l’égocentrisme revendicatif.
Du côté macro, on peut constater que l’imbrication
compulsive de structures technocratiques, au nom du pire, produit plus d’inertie
que de démocratie.
Du côté micro, l’avènement de la
tribu comme modèle de gestion sociale revient à rentabiliser les phobies
spirituelles et territoriales mais également à se construire par dépit contre
le marché.
Je ne sais plus si ce sont les grandes manœuvres qui font les évènements majeurs ou l’inverse ?
Le spectacle qui va être donné dans les jours à venir est à mi-chemin entre la frape préventive communautairement individuelle et la désertion responsable votée à l’unanimité des participants.
Le paradoxe du consensus réside dans le fait d’offrir un visage universel à une infinité de particularismes territoriaux, tout en prêchant pour sa chapelle tout en stipulant que l’on connaît encore les rudiments de la guerre sainte.
Quand les mêmes personnes multifonction prétendent et claironnent régler toutes les crises, on peut se dire qu’il n’y a pas un problème de maladie, mais de diagnostic.
L’avenir de la guerre froide va s’appeler la paix palliative. La maladie humaine se condamne elle-même à la mise en bière depuis qu’elle a découvert que la boulimie était plus jouissive que l’obésité.`
L’opération de communication élaborée pour corroborer un diagnostic commun face à la crise et, plus encore, les effets d’annonce coincés entre le miracle de la guerre et le mensonges tacite précédés laborieusement par un appel d’offre à la bonne volonté des peuples et le cœur de chacun, me rappellent le processus de récolte de fond de ces soirées de lutte contre les maladies immunodéficientes.
Mais ce que je trouve le plus malhonnête dans la contestation de ceux qui en ont les moyens, c’est peut-être leur perpétuel étonnement de cocu et leurs revendications de mijaurées qui réclament un orgasme à un eunuque.
Il y a une prétention bien malhonnête à avoir la rébellion systématique quand nous sommes à l’abri du besoin matériel garantissant la diffusion la propagande de canapé et que, dans le même temps, nous pouvons nous plaindre tranquillement et judiciairement de cette oppression machiavélique tuant les dissidents apolitiques à coup de cancer de la prostate ou du sein.
Aux vues des résultats des actions collectives d’envergure, chacun peut participer. Mais dès que la morale, l’honneur, la dignité et la justice servent à faire pression ou à discréditer ceux qui ne sont pas actionnaires du marathon militant, alors nous avons un dilemme de pouvoir sans contrôle.