Que va-t-on faire de ces MC’s trentenaires, pas encore
aigris, ayant refusé l’illettrisme et l’analphabétisme du genre ?
Les cellules grises sont déjà pleines dans les maisons
d’arrêt, les caisses des maisons de disques sont vides et les victoires de la
musique font dans le paternalisme.
Contrairement autres genres commerciaux qui sont des
phénomènes culturels, le Hip Hop, comme le Blues, est un fait social.
L’exception culturelle réprime plus qu’elle n’existe
et cette génération en est la preuve.
entre le patrimoine mondial
numérique de l’Unesco pour les tiers-mondistes qui ont internet, le syndrome du
complot de Dominique de Villepin, le kidnapping à domicile des futurs
ex-employés de Molex, le Haut Conseil à l’Intégration, un programme de remise à
niveau intitulé “Etre Français pour les Nuls”, l’insécurité fait son come back
à la veille des élections européennes et cela arrange tout le monde : faites
votre choix…
1- D’un côté, nous avons une industrie culturelle
déclinante n’assumant pas le proxénétisme économique et la pandémie
infantilisante qu’elle exerce sous le regard de son débiteur. Celui-ci est à la
fois une fondation philanthrope de gestion nationale et une entreprise
d’import/export.
2- De l’autre côté, nous avons une infinité de niches
de population n’ayant rien à voir les unes avec les autres, mais faisant front
par principe de précaution. Nous prouvant par la même occasion à quel niveau de
léthargie se trouvent nos sociétés occidentales pour qu’un luxe devienne une
lutte nécessaire.
3- Au centre, se trouve le gros du troupeau qui n’a
pas d’avis et fait preuve d’intelligence situationniste ou d’indifférence
banale sur ce combat qui est à la fois d’avant-garde et d’arrière-cour.
4- Dans toutes les batailles, il y a des pertes
acceptables. Mais comme nous ne prenons plus plaisir à nous salir les mains
avec une de ces barbaries ancestrales, les invectives servent de nos jours de
courroux médiatique ou de Hit Combo virtuel pour le bonheur des voyeurs
générationnels et des lâches éternels.
5- Quand on pratique l’affrontement constant ou la
paix commémorative pour occuper son temps, c’est que l’on est plus en
mouvement. Alors la guerre civile des flux a-t-elle un sens ?
Le racisme n’est plus ce qu’il était, perdu entre
l’accomplissement aussi obsessionnel que personnel que recherchent ses nouveaux
adhérents et la dérégulation dogmatique engendrée par le peu de morale des
marchands d’armes.
Heureusement, il nous reste la religion, seul et
unique rempart garantissant fanatisme territorial et justice œcuménique à ceux
prononçant son nom.
Avec la disparition du racisme
banal, les associations parasitaires pour l’entrée en boîte de nuit pour tous
peuvent s’inquiéter…
ce qui est pire qu’un fanatique, c’est un ayatollah des idées...
Quelle est la frontière entre la naïveté individuelle
et la croyance collective ?
On peut admettre qu’il y a une certaine fascination de
la part des citoyens du monde à, dans un premier temps, complètement intégrer
et promouvoir un mensonge institutionnel puis part là à le fustiger et à
l’emmener sans procès vers la potence.
Les réjouissances de la crise nous offrent un théâtre
des plus pittoresque où des mythomanes négocieraient l’avenir du monde avec des
hypocondriaques.
La misère humaine semble être un drame commun, une
fois l’alarmisme obligatoire du compassionnel passé, réfléchissons sur les
ressorts psychologiques de notre besoin de mensonge.