Et pourquoi ne pas instaurer une retraite par capitalisation
comme dans d’autres pays ?
La pension de retraite est une partie différée du salaire.
Cependant, nous cotisons en fonction de notre salaire,
c’est-à-dire en fonction de notre investissement dans la société et la partie
différée est soumise à d’autres paramètres tels que le nombre d’actifs dans
notre pays et aux privilèges des grandes entreprises qui bénéficient de
l’optimisation fiscale.
Une retraite par capitalisation serait plus juste dans le
sens où elle découlerait des efforts individuels au sein de la société.
D’autres pays ont opté pour ce mode de financement avec une
gestion par fonds de pension privés par exemple aux USA ou publics par exemple
Singapour.
Un des prétextes de la réforme des retraites est l’équilibre
budgétaire entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités.
Le ratio était de 4,29 actifs en 1960 pour 1 retraité. Au 2
juillet 2018, il est de 1,7 actif pour 1 retraité et on le prévoit de 1,5 actif
en 2040.
Régulièrement on considère qu’il n’y a que trois paramètres
pour trouver un équilibre budgétaire :
- La durée de cotisation,
- Le montant des cotisations,
- Le montant des pensions.
Or on occulte régulièrement de toucher aux causes de la
diminution de ce ratio.
Les retraites sont financées par les charges sociales payées
par les entreprises en fonction de leurs employés et par les employés eux-mêmes
de notre pays. Les prélèvements sur les salaires au titre des cotisations pour
la retraite sont un salaire différé.
Or, alors que notre pays est la 7ème puissance économique
mondiale, tout est fait pour augmenter la productivité par :
- la délocalisation de la production de nos entreprises dans
des pays à moindre coût de salaire et de charges,
- l’emploi chez nous de travailleurs détachés au tarif des
charges sociales du pays d’origine,
- le remplacement de travailleurs par des robots qui allège
les charges pour les entreprises et augmente le nombre de chômeurs,
- l’optimisation fiscale qui autorise bon nombre de nos
entreprises à domicilier leur siège social dans des paradis fiscaux au sein
même de l’UE (voir les entreprises françaises situées aux Pays-Bas). CAC40,
OPENLUX.
Depuis 40 ans la France perd 150 emplois industriels par
jour.
De ce fait, il y a moins de cotisants par rapport au nombre
de pensionnés et on envisage de repousser l’âge de départ en retraite,
d’augmenter les cotisations et de diminuer les pensions. De plus, il est
question d’accroître les charges pour financer la dépendance.
Pourtant, les richesses produites sont considérables mais
elles ne profitent pas à ceux qui la produisent. Le 09/01/2020 on annonce un
montant de 60,2 milliards d’euros distribués en dividendes à leurs actionnaires
par les entreprises du CAC40 en 2019.
Il faut également considérer le montant des dépenses
publiques et surtout les priorités qui sont données en faveur d’installations
de loisirs.
Alors, on favorise des lobbies mais on oublie l’humain.
Peut-être faudrait-il ne pas voir que l’équilibre des
charges sociales mais bien l’économie dans son ensemble et surtout la
répartition des richesses.
Les entreprises devraient donc payer des charges en
fonction de l’équivalent temps plein du travail délocalisé, ou effectué par les
robots. Elles devraient payer des charges en fonction du lieu où sont effectués
les bénéfices et pas en fonction du lieu du siège social.
Sous l’ancien régime, la répartition des richesses était
différente de maintenant.
Il y avait ceux qui produisaient la richesse, le Peuple, et
ceux qui la récupéraient pour en jouir.
La différence est la couleur du sang : rouge pour les uns,
bleu pour les autres.
Pour le bleu, on rappelle régulièrement que la famille
remonte assez loin dans le temps. Ce qui justifie le régime et son côté
immuable avec les privilèges. L’autre couleur est issue de la génération
spontanée.
Mais à quel moment y a-t-il eu cette distinction ?
Est-ce qu’à l’époque de Cro-Magnon on parlait déjà de sang
bleu ?
Qu’est-ce qui est à l’origine de cette mutation génétique ?
Il paraît, selon certains, car on n’en a pas trouvé mention
à Lascaux, que le premier sang bleu était celui qui courrait le plus vite et
qui frappait le plus fort. Ce qui paraissait tout à fait noble. Le gourdin
étant entre de bonnes mains, le régime héréditaire a été établi.
Après, pourquoi en changer ?
En fonction de la taille du gourdin, on a défini une
hiérarchie du baron au protosébaste (pas facile à placer).
Mais ce temps là est bien fini.
La démocratie est passée par là et les richesses sont
réparties entre tous les acteurs qui la produisent et en proportion de leurs
efforts.
Actuellement notre démocratie peut être résumée en quatre
classes :
(1) La classe (très) aisée qui peut se protéger par les
conseils d’avocats fiscalistes, qui place ses avoirs à l’étranger ainsi que les
sièges sociaux de ses entreprises et qui entretient les lobbies.
(2) Les classes populaires dites défavorisées qui
constituent le parc électoral le plus important et qu’il faut donc flatter,
amuser ou maintenir dans la dépendance ou l’assistanat.
(3) Les élus qui bénéficient d’avantages certains,
confortables et durables. Ils sont aidés dans leurs campagnes électorales et
dans leurs réalisations par les lobbies. Ils assistent les classes populaires
(et n’ont pas vraiment d’intérêt à faire évoluer la situation de cette classe)
pour assurer leurs réélections en augmentant les dettes (principe de la planche
à billets) et en prélevant des taxes toujours plus importantes sur :
(4) la quatrième catégorie de classes : les classes
moyennes.
La formule consiste à maintenir un nombre plus important
d’électeurs dans la dépendance ou le clientélisme, que d’électeurs faisant
partie des classes moyennes qui paient la dépendance et le clientélisme des
autres.
Peut-être est-il nécessaire de le réformer car qui s’en sort
ou faut-il continuer avec les lobbies qui rédigent les lois votées par nos
représentants ?