A revoir le magazine « Envoyé spécial » du
20/09/2018 montrant comment on prend soin de nos vieux dans des EHPAD privés
avec 4,22 € par jour (Coût Repas Journalier) pour les denrées des 4 repas
quotidiens (mais avec une facture de 100 € / jour) alors que certaines chaînes
de maisons de retraite privées font 11,8% de dividendes au profit des fonds de
pension canadiens.
Coût mensuel : 3000 à 3500 € par mois selon
l’établissement privé.
Financement des maisons de retraite privées : 3
sources :
- ARS : essentiel du salaire des personnels soignants,
- départements : contribuent au financement des
fournitures,
- et familles : frais de séjour : hébergement +
nourriture + personnels non médicaux + animations. Ce n’est pas parce que les
familles paient plus cher que les établissements auront droit à plus de
personnels soignants.
Etablissements commerciaux (un des deux organismes
montrés : 3500 € / mois) avec un objectif de 30% de marge par rapport au
chiffre d’affaires.
Raison du manque de personnel :
Rapport parlementaire de mars 2018 : 49,3 % ETP dans
les établissements commerciaux, 59,6% EHPAD à but non lucratif, 64,1 dans les
EHPAD publics hospitaliers et 65,1% dans les établissements publics
territoriaux.
Sous-médicalisation chronique. Ces établissements privés
préfèrent appeler le SAMU plutôt que d’embaucher des médecins et des
infirmières.
En 2017, un des deux organismes privés a gagné 163 millions
d’euros, l’autre 89 millions d’euros. Tous deux sont filiales de fonds de
pension étrangers. Sur les 5 dernières années rendement de 11,8% pour les
actionnaires.
Lors de l’assemblée générale d’un de ces organismes le
28/06/2018 : +61% de chiffre d’affaires en 3 ans. Chiffre d’affaires
2018 : 3,4 milliards.
Par comparaison, la facture d’une maison de retraite gérée
par une association d’entraide sociale (EHPAD privé associatif) : 2300 €
par mois.
Mais qui perçoit déjà une pension de retraite au moins égale
à ce tarif quand en activité il ne percevait pas ce montant en salaire ?
Un reportage de début mai 2019 montre par
comparaison qu’une place en EHPAD en Suède coûte entre 800 € et 1300 € à la
personne âgée en fonction de ses revenus.
Lorsqu’on est gestionnaire de contrats dans une grande entreprise, on peut le constater dans de nombreux domaines : électricité, gaz, assurances, maintenance, BTP...
Tous les ans, les prix augmentent mais après quelques années, on remet à plat en faisant des appels d’offres en faisant jouer la concurrence.
La différence avec le particulier, c’est qu’on joue sur des volumes et on ne discute pas avec la caissière mais avec le cadre commercial.
Lorsqu’on a obtenu une offre intéressante, on fait levier sur les autres jusqu’à atteindre le bon prix, c’est-à-dire celui en-dessous duquel on ne pourra plus descendre.
Il y a aussi les négociations sur les promotions. Ce qui s’appelait autrefois « marges arrières » (rétrocommissions). Les flyers sur lesquels apparaissent des promotions négociées...
Il y a encore des domaines dans lesquels le particulier peut négocier.
Dans une démocratie dite « représentative », les
élus doivent représenter le Peuple pour défendre ses attentes.
Si tous ces élus n’avaient pas quelques ambitions
carriéristes et opportunistes mais cherchaient bien défendre l’intérêt du
Peuple, ils n’auraient même pas à faire campagne pour conserver leurs places.
Y en a-t-il qui proposent des « professions de foi »
explicites, détaillées, chiffrées, commentées sur les financements, un peu
comme des devis ?
Aucun !
Il y a une surenchère de promesses farfelues, creuses,
démagogiques ou hors des attentes du Peuple.
Après, comment peut-on s’étonner de la situation de notre
pays et du taux d’abstention ?
Lequel est crédible ?
Des élus issus du Peuple, par le Peuple, POUR le Peuple ?
Actuellement notre démocratie peut être résumée en quatre
classes :
(1) La classe (très) aisée qui peut se protéger par les
conseils d’avocats fiscalistes, qui place ses avoirs à l’étranger ainsi que les
sièges sociaux de ses entreprises et qui entretient les lobbies.
(2) Les classes populaires dites défavorisées qui
constituent le parc électoral le plus important et qu’il faut donc flatter,
amuser ou maintenir dans la dépendance ou l’assistanat.
(3) Les élus qui bénéficient d’avantages certains,
confortables et durables. Ils sont aidés dans leurs campagnes électorales et
dans leurs réalisations par les lobbies. Ils assistent les classes populaires
(et n’ont pas vraiment d’intérêt à faire évoluer la situation de cette classe)
pour assurer leurs réélections en augmentant les dettes (principe de la planche
à billets) et en prélevant des taxes toujours plus importantes sur :
(4) la quatrième catégorie de classes : les classes
moyennes.
La formule consiste à maintenir un nombre plus important
d’électeurs dans la dépendance ou le clientélisme, que d’électeurs faisant
partie des classes moyennes qui paient la dépendance et le clientélisme des
autres.