vous me semblez être un logicien implacable et la conclusion, à vous suivre, est un délice.
quand à votre question de départ, je choisis de la situer en fonction de la notion d’idéal.
en résumé : cela existe chez l’enfant déjà, ne serait-ce que l’idéal de ce qu’il se représente par exemple en futur adulte ; hélas, en cours de route, cet idéal, idéellement bien incarné, souvent inégalable, peut devenir tyranique ; il suffit donc de ne pas savoir s’en débarrasser, c’est-à-dire vraiment le tuer, en détails... pour alors chercher à le projeter sur un leader quelconque, qui nous en délestera, de s’en charger... et le tour est joué ! mauvais tour bien sûr...
aaah il serait bien beau de pouvoir suivre tout ça au niveau des idéaux, nous serions purs esprits que nous n’y arriverions à peine, à grande peine.
hélas ? des âmes et des corps sont engagés, et ils sont non seulement avides, très avides, mais surtout sommeillants ; voilà pourquoi il faut avoir ici le réalisme de foufouille.
en tout un chacun il y a le plaisir de dominer, et aussi le plaisir d’être dominé.
ne pas le reconnaître, comme une évidence, est une belle naïveté irréaliste.
bien sûr il faut plaider pour une société de maîtres sans esclaves, comme dit nietzsche, mais combien en sont capables ? combien d’esclaves quasi-définitifs faudra-t-il libérer sur cette route ?
or en quoi consiste leur libération ? leur faire prendre conscience d’abord que toute idée de « re-présentation » évoque déjà un défaut de présence ? que l’idée d’être maître c’est aussi savoir et affronter que le sol manque, et à quel point et jusqu’où ? mais combien sont capables ? le crâne de dieu explose là, et personne n’entend ?
plutôt dormir, plutôt les glandes... voir un beau mâle hurlant, aussi bien pour les mâles que pour les femelles... plutôt lui portant notre meurtre à tous, d’être parlants, que l’angoisse de tous ces miroirs entre nous, auxquels nous tenons, nous si peu assurés d’être ailleurs que dans les regards alentour ? alors, comment existerais-je si ce n’est dans le regard de l’autre ? mais si les regards sont additionnables, collectionnables, je gonfle avec ? mais jusqu’où ? il suffira que j’agite un drapeau, une idée ?
putain mais ça marche ce truc vieux comme le monde, ce truc immonde ça marchera toujours ! il suffira d’un ou deux naïfs, d’une contagion, d’un adjectif élogieux, et le tour est joué, le coup du héros du jour, le libérateur ! voilà, il faut un centre pour faire cercle, on commence par partager une idée, un malin s’en habille, et défilés de mode obligent, il faut un gagnant, un podium, un trophée, une coupe, c’est si beau quand ils s’affrontent, qu’ils écument, on baise tellement mieux le soir après ces corridas, non ?
et vous voudriez nous sortir de ça, cet ultime cache-misère, on ferait quoi après ? se regarder en chiens de faïence ?
non, le rite !
le vieux rite de tout jour, ça nous permettra d’oublier toutes nos mains pleines de sang, de tous les malheurs du monde, tous les trains déraillés par nous rêvés, tous les re-open par nous encore fomentés... mais heureusement y’a benlad, et cette baraque au bas mât trouvera toujours un idiot pour annoncer les gaulois à l’avance, au sommet, le singe.
c’est très chrétien finalement cet idéal d’ici, pardon, non, très coranique en fait :
la carcatéristique du paradis coranique c’est qu’ils sont tranquilles, assis, et surtout qu’ils se font face, en maîtres, nul ne perd la face, oui le paradis est l’ignorance de la moindre possibilité de chef, c’est exactement ça.
pour que ce paradis soit possible, oui, la condition paulinienne d’être toujours dans la joie, c’est-à-dire le point de départ de compter tout cet univers et ses constituants pour un rien, géantissime et accompli...ok.
seuls les saints et les renonçants en sont capables, pour les autres, la règle veut que l’enfer soit maintenu, entretenu, quotidien, détaillé, il s’appellera politique, argent, scoop, nouveauté... qu’importe le flacon, on le trouvera toujours.
bref, tant que je ne suis pas maître de mon corps, pas d’espoir que je me passe de chef, et même dans ce cas déjà très difficile, il me reste à devenir maître de mon âme pour y arriver, mais pour cela il faut le détachement d’un sourire... inhumain, c’est-à-dire qui sache ne pas aimer s’enterrer sous quoi ou qui que ce soit, autrement dit, quelques milliers d’individus par génération, au grand max, sur des milliards...
donc votre lancée touche bien à quelque chose de réel, mais c’est si infime au regard des millions de milliards de réflexes de tant de dormeurs sur le globe que... comment dire ? nous archiverons, comme ils nous archivent...
celui qui ne se soucie pas de chef doit aussi être très, très ! égoïste, car une fois qu’il émerge de ces miasmes, la première tentation serait de revenir pour réveiller les autres sur la question, sauf qu’ils ne veulent pas ! mordicus ! il en va de leur corps... de leur vie, de leur oeuvre accomplie d’inexistence, donc il faut se taire, et ne plus s’en soucier, là finit la politique, qui se révèle alors comme une immense bouse centrale, avec bôôôôcoup beaucoup de mouches...
le migrant prend alors son sourire, et se casse, il le cache comme le plus précieux, c’est très inter-dit ces choses-là, un qui n’a pas de chef ? et ne croit à aucun ? pas bien ça ! et qui en plus sait résister à la tentation d’en devenir un lui-même ?
salut Olivier, c’est vrai que là le poids de certains préjugés est énorme, c’est qu’il y a l’atrocité de cet « être suprême », bien pire que toutes les bondieuseries imaginables, qui plane alentours...
bref, sur le parallèle proposé, je placerais la ligne de partage autrement, je sais pas... je me souviens dernièrement, en rematant un film de debord (in girum), images des années 30, de paris, quelle énergie ! je parle pas des images accélérées, non... vraiment d’autres jeux de jambes les mecs, les meufs, tout, fous ! et le commentaire de debord : « c’était un peuple qui ne se payait pas d’images... » - il a encore tout dit...
or là, à quoi nous avons affaire ?
robespierre est un post-révolutionnaire,
à mélenchon il ne manque que la révolution, et il est pathétique qu’il doive les bouger, comme si le peuple, plus ou moins aussi miséreux au fond, comme vos chiffres le frisent, comme si ce peuple... non pas avait la flemme non, mais n’avait plus conscience de ... la facilité du pouvoir ! à portée de main peut-être.
quant à l’hypothèse JLM version corée du nord, c’est grotesque, loufoque quoi.
l’ennui avec lui, et quels que soient les scintillements passagers de médiapart Olivier, c’est qu’il est pas clair :
tout tend à prouver que le centre french part en couille pour longtemps, l’UMP c’est un souvenir sans sarco, et son retour est très problématique, le PS va se noyer de lui-même, il suffit pour ça de laisser François aux commandes, on obtient un match 2017 aux extrêmes, car rien n’est plus difficile et lent à construire qu’un centre (souvenons-nous radicaux, UDF etc.) contrairement aux extrêmes où, en gros, en dix ans c’est joué ;
bref 2017, je mets 10.000 euros que c’est le match marine-JLM avec résultat certain = JLM...
donc à quoi il joue avec ses histoires de premier ministre là ? et pourquoi nous faire marcher en attendant ? à moins que ce soit pas « en attendant » ? pas clair tout ça, pas clair...
bref, quelque soient les vertus du cowboy, on ne parle pas de corde dans la maison d’une pendue, mais l’égérie de service et de passage pourra ptet nous prêter sa lanterne, car ces questions valent leur pesant d’or élyséen, et peu sont encore dupes de cette géographie qui, jour après jour, se dessine en plus clair que la veille...