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  • volt volt 20 avril 2013 14:07

    petites précisions supplémentaires : 


    -le nom même de Caïn est construit par Eve dans un jeu de mot sur l’acte d’achat, de sorte que Caïn signifie l’acquis ou l’acheté. 
    dans le texte : Caïn se dit qa’în, et acheter/acquérir est écrit qanîti.

    -autour du travail d’Adam qui va devenir « fatiguant », il y a des enchaînements importants : 
    si le travail devient peine et angoisse, c’est selon la tradition à cause de la colère qui infuse - ainsi tout commence avec le serpent, dont la caractéristique dans le texte c’est qu’il est entouré de mots à double sens ; par exemple « le plus rusé » signifie aussi « le plus nu » et « le plus transparent », mais surtout : lorsque le serpent commence par ironiser en disant « ah vraiment Dieu vous a dit » de pas manger ? « réellement » ? etc. ce mot de mise en doute est l’homonyme exact du mot « colère » ; le serpent est donc tenu pour introduire la colère dans Eve, avant que par la suite elle passe en angoisse chez Adam, de même qu’il porte déjà cette nudité dont ils vont devoir se couvrir quand ils verront qu’ils sont nus.

    quand au mystérieux fruit de l’arbre, il n’en est rien dit, sinon que cet arbre est « au centre du jardin », autrement dit c’est cette centralité, comme orgueil peut-être, qui va détourner le travail paisible de culture première, vers l’asservissement à venir.


  • volt volt 20 avril 2013 13:39

    très beau texte, grande subtilité, et l’on voit bien le tournant que rome constitue, même si vous choisissez(?) de ne pas trop y insister ; derrida par contre décide alentour de forger le mot « mondialatinisation »...

    mais bref, ce que je peux vous apporter en notes autour du passage adamique : 
    les expressions employées en genèse 3 en réfèrent aux nerfs, « tu travailleras dans l’angoisse », ou « ton travail porteras sur tes nerfs »... 
    mais le tout se joue dans un contexte où le verbe désignant le travail est le même que celui du culte, et lorsqu’il est dit qu’Adam est mis dans le jardin « pour le cultiver », comme décident trop vite les traducteurs, il faut avoir la pudeur d’entendre tout bonnement « pour la culture » ; les rabbins eux lisent « pour le culte » - ça change tout, puisque tout travail terrestre devient célébration du ciel.

    sauf que tout commence au chapitre suivant, avec Eve, et ceux que Baudelaire désigne du nom de « race de Caïn »... Car à la naissance de Caïn, c’est là que l’enfer s’initie, de la bouche de sa mère ; elle dit textuellement « j’ai acquis (acheté) un homme de Dieu » - début de la marchandisation, de l’esclavage, Adam est un détail, l’absence, et le fils est devenu acquisition, possession, Mammon commence dans et avec Caïn, ce dernier va bâtir des villes, là où son frère promène des chèvres.

    Votre photo finale de neptune est très juste...
    lui aussi, avec Apollon réduit en esclavage dans une punition de Zeus, va accomplir l’oeuvre immense de construire les remparts de Troie ; quand ces deux dieux se rencontrent, c’est presqu’avec honte qu’ils se chuchotent cet épisode indicible où ils furent esclaves des humains ; pourtant ailleurs, ils y tiennent à cette muraille, prêts à se battre gratuitement pour qu’elle tienne les assauts.


  • volt volt 20 avril 2013 12:28

    je refuse de mordre à cet hameçon, mais l’appât est intéressant, on peut jouer...


    donc dans la peau du pro, se demander : 
    mais pourquoi soutenir cela sinon selon la sacro-sainte « égalité » en passe de devenir terreur ? en mourraient-ils de pas se marier ? 
    j’ai pas tous les éléments... 
    c’est pour des histoires de fric, ou les gosses ? 
    si c’est le fric, on trouverait des aménagements, 
    si c’est les gosses, il faut pas oublier que l’affaire « filiation » c’est pas n’importe quoi pour un homo, il s’y positionne pas en banal, il joue avec justement, le « coming out » qu’ils disent, oui, mais out de quoi au juste ?..

    bon, en face, si on est contre c’est pour pas détruire l’institution qu’on raconte, puis les gosses, mais très vite fusent les étiquettes... et c’est énervant ces amalgames, fachos, très vite, FN en veux-tu, fanatique catho ! ma laïcité touche pas... fatiguant tout ça.

    au total ce qu’ils oublient tous, d’un côté comme de l’autre, dans les discours qu’ils emploient, c’est qu’on pose ici les choses en termes de « droit au mariage », oui n’est-ce pas... le mariage est un droit ! dans le si vil code, il a dit papa léon...
    seulement attends... 

    si le mariage est devenu et a été posé en partie comme « droit » quand on a voulu codifier ça moderne, le mariage, avant d’être un droit, c’était quand même bien plus vaste ?
    l’aspect « droit » du mariage, c’est même pas 10% ?
    qui s’en serait foutu du « droit » au mariage, sur les siècles et les millénaires... avant papa léon ?
    change de contexte un peu et dis « droit au mariage » tu les verrais pliés en huit...
    donc à quoi d’autre veut-on accéder via ce soi-disant droit ?

    bref oui c’est sûr le mariage c’est un droit, oui.
    et ! : 
    le mariage, un droit ? tu veux rire ? c’est quoi cette embrouille ?



  • volt volt 19 avril 2013 17:22

    (simple conseil : quand vous partez du principe « moi je fais partie des dominées », vous pouvez être assurée de n’aboutir nulle part)



  • volt volt 19 avril 2013 17:20

    je vais vous déployer une géographie que je connais bien et qui pourra vous sembler étrange mais qui pour moi est claire : 

    il y a le dehors déployé du dedans par consensus, c’est le faux dehors ; 
    il y a l’autre dehors qui passe par dedans à condition de ne rien laisser, rien ; 
    une fois ce dehors par dedans atteint, le dehors ancien devient un dedans 
    et on peut le tenir comme un petit pois pas encore mûr... 
    l’exercice est amusant. 
    à vaincre sur cette route donc : d’abord la fiction du dehors, ensuite la fiction du dedans comme ce que ce premier dehors y a déposé, 
    pour retrouver enfin le dehors dedans sans fiction, 
    et le dedans neuf de ce nouveau dehors défictionnalisé au possible. 
    bref... bonne route quoi.

    en attendant, vous devriez vous souvenir que vous êtes plutôt prophétesse, vous, dont je sers de mémoire dure en mes heures perdues : 
    il n’y a pas si longtemps, vers novembre, dans un moment agité, vous aviez prédit dans une quasi-transe :
    « que la société française allait bouger, que la gauche allait se réveiller, que c’était pour le mois de mai... » ; 
    à l’époque j’avais intuitivement nuancé le fait en disant que ça commencerait peut-être un peu avant... 
    sans me donner complètement tort, l’actualité vous donne déjà raison Alinea.

    Le tout, c’est que d’ici le mois de mai, des événements malvenus n’obstruent pas la route... 
    or hélas cela semble assez possible ; mais tout est contournable, et tout ce qui est repérable est réparable.
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