intéressant de retrouver à partir du yetsirah quelque chose que j’avais déduit bien seul...
mais puisque vous versez dans le lettrage, je vais vous rajouter ce brin de levain du dimanche matin (vous pétrirez à loisir) :
la lettre noun que vous évoquez est associée au scorpion zodiacal, le léger paradoxe est qu’il s’agit d’une lettre royale ainsi inscrite dans un signe aux polarités très collectives ; le noun est associé au poisson dont il porte aussi la pourriture, surtout le noun orthographié en milieu d’un mot ; les zoharistes disent que cette lettre porte quelque chose à méditer longuement :
alors qu’appremment la graphie de la lettre est ouverte en milieu de mot, et plutôt graphiquement fermée en écriture de lettre finale, c’est contrairement à l’évidence qu’on appelle noun fermé le noun apparemment ouvert au milieu du mot, et noun ouvert le noun de forme plutôt fermée qui s’écrit à la fin...
enfin noun est aussi le nom de la sourate du calame qui s’ouvre sur cette lettre, et où après que le prophète essaie tant bien que mal d’expliquer qu’il n’est pas fou, vient encore l’historiette d’un jardin.
une couche plus en profondeur, on trouve que du fait que dans la succession alphabétique, la lettre samek succède immédiatement au noun, elle le conditionne en quelque sorte, samek signifiant « appui, soutien », comme dans le verset du cantique « soutenez avec des gâteaux car je suis malade d’amour », le verbe de départ étant « sammekouni », de même qu’un des noms divins dans les psaumes est « ha-sômek » ou dieu-comme-appui.
bref, cette conversion-circoncision royale du noun qui, lors même que formellement elle ferme, correspond à une ouverture, dépend du samek qui se comporte selon un grand mystère :
puisque vous dites selon le yetsira que la création s’effectue selon les 22 lettres, eh bien non en fait... il s’agit de 21 lettres et non 22, car le samek étant justement « appui » de tout cela au sens propre du terme, je vous défie de trouver la moindre occurence de la lettre « samek » avant le 42ème verset biblique... c’est très simple, elle est totalement absente, et le texte s’écrit bien avec 21 lettres et non 22...
c’est seulement lorsqu’est évoqué le fleuve faisant le tour du jardin (nous sommes alors dans le domaine de l’appui en extériorité) qu’enfin le samek fait son apparition.
quant au secret du fait qu’il intervient dans la dialectique d’ouverture et de fermeture du noun, c’est parce que la deuxième apparition du « samek » dans le texte de la genèse ne viendra que dans le verbe « wayeSjor » (« et il referme) la chair à sa place », après avoir retiré la côte adamique qui formera Eve.
en somme, cette fermeture royale est en même temps ouverture parce qu’elle ouvre sur la femme, après qu’Adam ait nommé en vain jusqu’à tomber sur Eve comme :
soit l’innommable,
soit l’infini de la nomination (vous trancherez ce sujet délicat ..).
c’est ainsi qu’après avoir été créés en quelque sorte côte-à-côte au verset 1.26, cette « erreur » est rectifiée au chapitre deux, de sorte qu’Adam rencontre enfin une Eve qui, dit le texte, sera le paradoxe d’« une aide contre lui », bien en face.
que vous avez raison... nuit blanche de pur travail physique... je soulève des camions...
donc oui raison : le sémite, au regard du grec, est un cauchemar accompli, bien que les deux soient une reprise de l’égypte - l’un en mode théorisation rituelle ; l’autre selon la théâtralisation ironique.
ici, dans l’enlèvement de Perséphone, c’est plutôt la descente, aux enfers ; la remontée c’est une hautre histoire, il faut surtout savoir ne pas manger les sept dernières graines de grenade proposées à la sortie... Adonis n’est pas loin, Jung et Kereny je crois ont écrit un très bel ouvrage autour de « la jeune fille » sur la question.