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Sortir en douceur du nucléaire

En 2007, près de 60% des français se prononçaient en faveur d’une diminution du nucléaire en France, ils sont aujourd’hui encore plus nombreux à vouloir en sortir

En effet, en 1994 les personnes hostiles au nucléaire avoisinaient les 30%, puis atteignaient 35% en 1999, et enfin 44% en 2002. lien

Dans un sondage BVA de juillet 2006, on apprend qu’ils sont 81% à considérer que le nucléaire est une énergie à risque,

54% ne trouvent pas normal d’investir 3 milliards d’euros dans la construction d’une nouvelle centrale nucléaire (le nouveau EPR va couter 6 milliards) 80% sont favorable à l’organisation d’un référendum sur ce sujet, et enfin 84% sont prêts à se tourner vers les énergies renouvelables. lien

Tchernobyl en est surement l’une des raisons, mais l’accumulation des accidents dans les centrales françaises n’y est pas pour rien. lien

Et puis les Français voyant ce qui se passe dans le reste de l’Europe n’acceptent pas que nous ayons le bonnet d’âne en la matière. lien

Freiburg en Brisgau, par exemple, ville allemande de 200 000 habitants est en tête des villes les plus écolo d’Europe.

Question énergie photovoltaïque, ils ont un taux record avec 31,3 watts par habitant.

Ce qui est un exploit si l’on tient compte de leur ensoleillement limité (1740 heures par an : notre Provence en récolte 1000 heures de plus). lien

On imagine sans peine le développement que pourrait prendre cette filière en France, puisque notre potentiel solaire est de 60 GTEP (700 000 TWh) lien.

Les rendements de conversion de l’énergie solaire en énergie électrique sont aujourd’hui d’environ 15% mais avec les dernières découvertes (Graetzel) que j’évoquais dans un article récent, le rendement fait un bond en avant, d’autant que les prix vont chuter considérablement. lien

Et puis ces nouvelles cellules photovoltaïques sont transparentes, et peuvent remplacer les vitres de nos fenêtres, ou alors souples, et s’intégrer un peu partout. lien

Prenons l’énergie éolienne, alors que notre pays dispose du 2ème gisement éolien d’Europe, nous arrivons loin, derrière l’Allemagne, l’Espagne, le Danemark.

L’Allemagne en est à 20 200 Mégawats, l’Espagne 11 600, et en France nous venons à peine de passer le chiffre de 1 000. lien

En développant mieux cette énergie propre et renouvelable, cela pourrait représenter 31% de la consommation électrique du pays. lien

La biomasse, avec production de méthane est aussi une partie de la réponse.

Nous avons un potentiel de 90 MTEP (millions de tonnes équivalent pétrole), ce qui comparé à la demande nationale (276,5 mtep) lien n’est pas négligeable.

la Suède est dans l’innovation, et les installations de biogaz se multiplient. lien

Elle disposait déjà en 2005 de 779 bus, de plus de 7000 voitures (en 2009) et même d’un train roulant au biogaz. lien

En 2009, elle compte 120 stations services délivrant du biogaz, et veut en produire d’ici 2015 assez pour alimenter 75 000 véhicules. lien

Pour produire ce méthane, ils utilisent les résidus des usines d’épuration d’eau.

Mais le méthane peut être aussi produit en traitant les lisiers et fumiers des étables, en le récupérant lorsqu’il s’échappe des zones de stockage de déchets, des fosses septiques, des déchets de broussailles broyées, après le passage des bucherons dans nos forêts.

En Chine depuis longtemps, des centaines de milliers de digesteurs familiaux permettent aux familles de cuisiner sur des réchauds au biogaz. lien

En France, Lille Métropole vient de s’équiper d’un site unique en Europe par sa taille : il approvisionne une centaine de bus en biogaz, et traite 108 600 tonnes de déchets ménagers. lien

Mais ce n’est qu’une installation, alors que notre pays pourrait en avoir des milliers d’autres, la France comptant 260 villes de plus de 30 000 habitants.

Lors d’un article récent (du pétrole sous les sabots) j’évoquais les 500 000 chevaux qui galopent dans notre pays, produisant plus de 4 millions de tonnes de fumier, ce qui représenterait 400 millions de mètre cubes de biogaz. lien

Si on y ajoute les bovins, les caprins, on découvre que nos paysans pourraient trouver là un moyen original de sortir de la crise dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui plongés.

Quelques-uns commencent à le faire, mais ce sont des efforts très modestes. lien

On le voit, sortir en douceur du nucléaire ne relève pas de l’utopie, et se trouve seulement en butte à un président autocrate qui veut imposer le nucléaire aux français, contre vents et marées (noires).

Le mensonge nucléaire tente de passer encore pour une vérité, mais la mayonnaise ne prend plus. lien

Car comme disait mon vieil ami africain :

« La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche ».

par olivier cabanel (son site) mardi 9 février 2010 - 234 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Evrard (xxx.xxx.xxx.242) 9 février 2010 11:28
    Evrard

    Mr Cabanel : si on "sort du nucléaire", quelle solution proposez vous pous alimenter en électricité les villes de plusieurs millions d’habitants ?
    Avec des éoliennes ? Des panneaux solaires ?

    Ne croyez vous pas que des dizaines de milliers de scientifiques ont réfléchi à cette question depuis des dizaines d’années et que s’ils ont choisi l’énergie nucléaire, c’est parce que c’était le meilleur moyen.
    Mais vous en quelques lignes et en quelques chiffres vous donnez LA solution : les éoliennes, les panneaux solaires, le crotin de cheval ! On croit rêver.
    Je ne critique pas ces énergies, elles sont idéales pour des villages, des habitations isolées, mais pas pour de grandes villes.

    Croyez vous que l’énergie nucléaire était si dangereuse que ça, les autorités auraient installé des centrales proches de Paris ? S’ils l’ont fait c’est justement parce qu’ils savaient que cette énergie dangereuse est maintenant parfaitement maitrisée.

    Vous savez à quoi vous me faites penser ? Dans les années 1890 lorsque l’électricité se développait un peu partout, des gens comme vous disaient que c’était dangereux, que ça nous rendrait aveugles ou fous, qu’il fallait arrêter d’utiliser l’électricité.
    Je me demande où on en serait maintenant si on les avait écoutés. Et où en sera dans 100 ans si on continue d’écouter des gens comme vous.

    Excusez la rudesse de mon commentaire, mais on ne peut plus laisser dire de telles bêtises.

  • Par MarcDS (xxx.xxx.xxx.146) 9 février 2010 12:29
    MarcDS

    @ l’auteur :
    En ne parlant pas de l’absolue nécessité de REDUIRE LA DEMANDE énergétique, vous ouvrez un boulevard à ceux qui prétendent que sans le nucléaire on ne pourra pas s’en sortir (et dont vous avez deux échantillons "énervés" ci-dessus). Et ils ont bien raison : en restant dans une logique de croissance toutes les sources énergétiques seront nécessaires pour remplacer la disparition programmée du pétrole. Ca signifie évidemment une augmentation monstrueuse du parc nucléaire, et le résultat ne sera qu’un répit de courte durée avant que le caractère insoutenable de notre mode de consommation effrénée n’apparaisse inéluctable.

    Le nucléaire n’est qu’une solution provisoire pour un système insoutenable et ne vaut donc pas les milliards qu’on y injecte, mais cette condamnation ne peut se passer de celle du productivisme. Les vrais pignoufs sont ceux qui s’illusionnent sur la pérennité de notre économie de croissance.

  • Par Le Sudiste (xxx.xxx.xxx.163) 9 février 2010 12:34
    Le Sudiste

    Bon, en rajoutant un « si » en quatrième position on comprend mieux. Donc je cite :

    "Croyez vous que l’énergie nucléaire était si dangereuse que ça, les autorités auraient installé des centrales proches de Paris ? S’ils l’ont fait c’est justement parce qu’ils savaient que cette énergie dangereuse est maintenant parfaitement maitrisée. "

    Il y a un premier truc qui m’amuse beaucoup. C’est le côté Paris. C’est tout ce qu’on adore du coté de chez moi…
    Donc, si c’est dangereux on laisse ça chez les bouseux ? Mais tu te prends pour qui ? T’es plus malin que les autres ? Tu es certain, métroman ?
    On te fera pas prendre de risque parce que tu es parisien ? Tu es très drôle ! Surtout quand tu parles de choses dont tu ne comprends absolument rien. Dis moi, petit bonhomme, Tchernobyl, c’était à côté de Paris ?

    Alors l’EPR c’est à 15 bornes de chez moi. Sismiquement parlant, c’est l’endroit de France qui craint le plus… Mais t’inquiète. Si ça merde, tu auras ta part, tu mangeras aussi. Même si tu es parisien.
    T’es un âne. Il en faut. Ca nous distrait.

    L’Europe a failli être inhabitable à cause de Tchernobyl ? C’est pas en France que les journalistes te le diront et encore moins leurs amis les politiques. Faut vendre des centrales.
    Par contre si tu vas en Suisse, il y a encore des mecs qui font leur travail sur ce sujet.
    C’est là.

    Pour finir un copié collé :
    "Excusez la rudesse de mon commentaire, mais on ne peut plus laisser dire de telles bêtises. "
    Bon, l’idée est là mais ce ne sont pas mes propos, quand je parle aux enfants je dis « tu ».

    Le Sudiste.

  • Par mmarvin (xxx.xxx.xxx.65) 9 février 2010 13:25
    Mmarvinbear

    "En effet, en 1994 les personnes hostiles au nucléaire avoisinaient les 30%, puis atteignaient 35% en 1999, et enfin 44% en 2002." : Pourquoi ne pas préciser qu’ensuite ce nombre a reflué ? En 2004, il n’étaient plus que 25 % à être opposés au nucléaire.
    www.nea.fr/html/pub/.../2009...

    "
    54% ne trouvent pas normal d’investir 3 milliards d’euros dans la construction d’une nouvelle centrale nucléaire" : de quand date ce sondage ? En novembre 2008, 62 % étaient favorables à des investissements dans les centrales.
    http://www.actu-environnement.com/a...

    "Tchernobyl en est surement l’une des raisons, mais l’accumulation des accidents dans les centrales françaises n’y est pas pour rien." : les accidents nucléaires de toute sortes (hormis Hiroshima et Nagazaki, qui n’étaient pas des accidents...) ont fait à peu près 4 300 morts. Dont 4 000 imputables directement à Tchernobyl.

    En comparaison, les accidents de mine ont fait 25 000 morts entre 1969 et 2000. Je te laisse imaginer sur un siècle d’exploitation mondiale...
    http://www.techniques-ingenieur.fr/...

    Pourtant, il ne me semble pas t’avoir entendu pester contre les dangers du charbon... Et encore, je t’épargne ceux qui meurent rongés par la silicose...

    "
    Et puis les Français voyant ce qui se passe dans le reste de l’Europe n’acceptent pas que nous ayons le bonnet d’âne en la matière." : parlons en... En Europe, seule l’Autriche n’est plus nucléarisée. Tous les autres pays qui ont eu une velléité de renoncer au nucléaire sot revenus plus ou moins discrètement sur leurs projets.

    La Belgique a repoussé de 10 ans la fermeture de ses centrales. Raison : pas de remplacement possible en raison des accord de Kyoto. Et l’importation d’électricité coute très cher.

    L’ Allemagne a une sortie prévue pour 2020 mais le rythme de fermeture a déja ralenti. De plus, la chancelière actuelle critique vertement cette décision, rappellant que le pays a failli perdre ses forets à cause des pluies acides. Rouvrir des centrales à charbon serait inepte.

    L’ Espagne ne fermera ses centrales que si une solution de remplacement est trouvée. Ce qui n’est toujours pas le cas, à deux ans de l’échéance.

    L’Italie, la Suède et la Suisse ont commencé à construire de nouvelles centrales.

    "
    Question énergie photovoltaïque, ils ont un taux record avec 31,3 watts par habitant.

    Ce qui est un exploit si l’on tient compte de leur ensoleillement limité (1740 heures par an : notre Provence en récolte 1000 heures de plus)." : La consommation annuelle moyenne en France tourne autour de 2 800 kWh par an.

    Quand à l’éolien, les plans d’installer des parcs en mer sont bien jolis, mais quid des tempêtes ? Une événement météo comme celui de 1999 aurait détruit les deux tiers du parc, et donc de la production pour les années suivantes...

    Le solaire, comme l’éolien ne peuvent être vues que comme des solutions d’appoint. Et puis le solaire en hiver...

    Pour l’instant, le nucléaire est la seule forme viable d’énergie sur le long terme. On peut bien sur aider en réduisant la consommation :

    isolation thermique

    contraindre les entreprises à éteindre leurs bureaux une fois les employés partis

    réduire les néons des enseignes lumineuses et les couper quand le magasin est fermé

    réduire (ou couper selon les lieux) l’éclairage public entre 1 h et 5 h du matin. Avec une variable pour le vendredi et le samedi soir.

    Rien qu’avec cela, on économise 20 % de consommation ! Pour pas un rond !

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