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  • xa 13 novembre 2008 15:14

    Tout argent est crédit, mais crédit dans le sens confiance, pas dans le sens prêt.

    Vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a que de l’argent virtuel dans les banques. Que faites vous de l’argent que crée un cueilleur lorsqu’il produit ? 

    La monnaie est, avant tout, un vecteur de troc universel. Ensuite, on greffe dessus le mécanisme des prêts qui, eux, créent de la monnaie virtuelle, puisqu’en réalité, il s’agit d’une anticipation de monnaie, validée a posteriori.



    Le in fine aux banques me gêne. Lorsque l’Etat achète quelque chose, in fine cet argent arrive sur les dépôts des banques, donc permettra de faire du prêt. Considérez vous cela comme un prêt des banques ? C’est un raccourci un peu trop réducteur à mon goût.



    Est-il plus intéressant que l’emprunt de l’Etat soit auprès des prêteurs privés qu’à une banque centrale ? 

    C’est un peu compliqué. Mais, dans le mécanisme actuel, l’Etat ne peut pas accéder à l’emprunt bancaire. Vous êtes le premier à expliquer que l’emprunt bancaire crée de la monnaie qui n’existe pas, n’est-ce pas ?

    Dans le mécanisme actuel, l’emprunt de l’Etat porte sur l’épargne, l’argent que les investisseurs peuvent placer. Cet argent peut être issu de prêts, mais l’investisseur ne peut pas emprunter indéfiniment, il n’a pas la garantie nécessaire. Il y a donc de fait une limite.

    Dans un mécanisme où l’Etat accède à l’emprunt auprès de sa propre banque, il n’y a pas de limite autre que celle que l’Etat se choisit. Il est juge et partie. N’est-ce pas en gros ce que vous (les tenants de ’l’argent dette c’est le diable") reprochez aux banques ? De pouvoir définir elles mêmes les règles permettant de prêter 2 fois, puis en fait 10 fois, et pourquoi pas 20 fois ce qu’elles possèdent, au risque d’entrainer des drames économiques ? Et vous croyez que l’Etat serait plus sérieux ? C’est vrai qu’il ne gaspille rien, lui.


    Conséquence, il peut emprunter ce qu’il veut, en fonction de ses envies, avec le risque de créer lui même la perte de valeur de sa monnaie, la perte de confiance en cette monnaie pour être précis.


    C’est un peu facile de dire "si les intérêts étaient allé à la banque de france, alors non seulement ils nous seraient revenus sous forme de dividendes, mais ca n’aurait même pas modifié la croissance et l’inflation". Parce que c’est ce que vous nous expliquez. C’est aussi l’argument de Chouard que vous connaissez bien il me semble (, c’est l’argument de logan et de quelques autres sur ce site, tableaux comparatifs àl’appui, mais n’essayant jamais d’imaginer que du coup tous les autres paramètres économiques sont eux aussi modifiés.

    Parce que c’est exactement ce que vous nous dites.


    Moi, j’offre une bouteille de champagne à qui me démontre qu’il n’est pas possible d’utiliser le mécanisme actuel et d’avoir un Etat en situation d’équilibre. Je suis méchant, puisqu’il y a des pays qui y arrivent.



  • xa 13 novembre 2008 12:36

    Si si, elles prêtent.

    Mais à des personnes pour lesquelles le prêt n’est qu’une facilité, pas un besoin (ie : celles qui peuvent payer cash ou quasiment).



  • xa 13 novembre 2008 12:34

    Forest

    Hans-Rudolf Merz, qui dirige de déparment fédéral des finances, a précise le 5 novembre que la BNS étudiait la création en suisse de la société qui rachètera les actifs illiquides d’UBS. C’est d’ailleurs le projet tel que présenté au parlement début novembre (suite à la polémique du mois d’octobre, avant que le projet de loi ne soit écrit).

    Vous avez une source plus récente à nous signaler ? 

    Merci d’avance.



  • xa 13 novembre 2008 11:40

    C’est un peu réducteur de dire que l’Etat est endetté auprès des banques. 

    L’Etat s’endette via l’émission de titres, qui sont achetés par des investisseurs attirés par un risque minime pour un rendement correct. L’AFT vous renseignera sur le sujet.

    Parmi ces investisseurs, on trouve des banques, qui placent une partie de leur liquidités en titre d’Etat (fiable, sécurisé, et qui rapportent tout de même), des fonds de placements (bcp) qui placent les économies de particuliers francais ou étranger, et quelques particuliers en direct, qui achètent ces titres d’Etat.

    Ce ne sont pas des emprunts au sens classique du terme, mais ca reste une dette (puisqu’il faudra bien rembourser un jour cette dette), et les mécanismes de prêt classique ne s’appliquent pas.C’est à dire que le facteur décuplant la masse monétaire ne fonctionne pas. 

    Plus clairement, la banque, en direct, ne peut investir que de l’argent dont elle dispose en propre (elle ne peut pas investir les dépôts de ses clients). Elle peut emprunter pour accroitre ses fonds, mais elle ne peut pas "créer" cet argent comme elle le fait lorsqu’elle prête via les mécanismes classiques. (vous vous rappelez, pour un prêt, elle peut créer 12 fois ce dont elle dispose en dépôts et garantie). Idem pour les fonds, et pour les particuliers : ils ne peuvent "créer" d’argent pour acheter ces titres.

    Les fonds, lorsqu’ils sont de droit français, ont une caractéristique particulières. Ils ne peuvent emprunter qu’en faisant appel à l’épargne des particuliers. Donc ils ne peuvent faire appel à un prêt bancaire pour augmenter le capital investissable. Attention, ce n’est pas vrai pour les fonds américains. De plus, ils doivent préciser les frais de fonctionnement et reverser les gains moins les frais aux souscripteurs du fonds.

    Posez vous la question. Avez vous une assurance vie disposant d’une composante obligataire ? Si oui, alors vous êtes détenteur d’une partie de dette d’Etat, pas nécessairement la dette française, d’ailleurs, cela peut aussi êter la dette anglaise, ou américaine, selon la stratégie du gérant de votre AV. Mais les fonds garantis ont toujours une composante obligation d’Etat, puisque ce sont des titres fiables et garantis par une nation.

    Au niveau de l’AFT, les fonds obtenus via les fonds de placements, assurances-vie, fonds de banques ne sont pas considérés comme des placements "particuliers", ce qui ne permet pas d’avoir la part de la dette appartenant réellement à des particuliers. On a que la parite achetés en direct par des particuliers.



  • xa 4 novembre 2008 12:18

    Effectivement.

    En fait, c’est un peu sioux. L’art 2CC exprime de fait la position du législateur initial (l’article 2 est presque antique) : "La loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a point d’effet rétroactif." Donc une loi rétroactive est en infraction avec l’article 2. Normalement, seules les loi interprétatives ou de validation peuvent être rétroactives, puisqu’elles explicitent le droit, plutôt qu’elles ne le créent.

    Mais comme l’article 2 n’est pas de force supérieure ... rien n’empeche techniquement le législateur de s’asseoir dessus.

    En fait, une loi civile ne pourra en aucun cas être rétroactive si elle modifie des jugements ou des procédures en cours (cf CEDH). Ce n’est manifestement pas le cas de cet amendement, dont je n’ai toujours pas lu le texte, donc dont je ne sais pas du tout si effectivement il est censé être rétroactif ou non.

    La rétroactivité de la loi TEPA a en effet été retoqué, non pas sur la base rétroactive uniquement, mais sur la base rétroactive ET inégalitaire (justifier par le besoin de donner du pouvoir d’achat, ce qui concerne tout le monde, mais en se limitant à ceux qui ont acheté). Logiquement, la même remarque peut êter faite sur l’amendement en question.

    Reste un cas. L’amendement n’est pas rétroactif, mais porte sur les investissements en cours, et pas uniquement les nouveaux investissements. Dans ce cas, il n’est pas rétroactif, puisqu’il ne permet pas de rembourser les dépenses des années précédentes, mais il englobe tout de même des investissements fait antérieurement à la loi.

    Cette voie favorise Bolloré puiqu’il a de nombreux investissements qui entreraient dans le dispositif, sans êter rétroactive du tout (donc sans avoir le défaut reproché à TEPA).




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