logan
on peut jouer à cela indéfiniment, si vous le voulez. Les années que je rajoutais sont uniquement celle dépassant l’année 58, année de la plus forte inflation post 55.
Prenons le plus petit taux d’inflation des années (8%) que vous citez ... Et on obtient, pour les années pré 73 : 58 (vous l’avez citée, en vous trompant de 3 ans, mais je vous l’accorde), 52, 51, 50, 49 ,48, 47, 46, 45, 44, 43, 42, 41, 40, 38, 37, 26, 24, 23, ... on peut remonter comme cela jusqu’en 1880, avec plus d’une année sur deux au dessus de 8%, ce que vous considérez comme très inflationniste.
Vous qui semblez être plutôt à gauche. Vous oubliez que l’inflation avantage les propriétaires (les biens matériels suivent l’inflation), les emprunteurs (l’érosion monétaire fait qu’ils remboursent comparativement moins qu’ils n’ont emprunté) et les prêteurs qui se garantissent de l’érosion monétaire en faisant suivre leur taux, au détriment des capitaux (ce qui pour vous est un bien) et des salariés (ca c’est peut être moins bien). La seule chose qui pose problème au prêteur (banque), c’est l’augmentation de l’inflation qui provoque une perte sur les encours. Mais cela est compensé par les baisses d’inflation (qui ont le résultat inverse), et par le côté capitaux (l’érosion monétaire favorise la banque, qui fait travailler les dépôts pour elle même, au détriment de celui qui dépose qui ne reçoit que ce qui est prévu).
Le corollaire, c’est que l’emprunt est plus difficile en période de forte augmentation de l’inflation. Lorsqu’une inflation élevée est installé, les taux ont suivis, donc l’emprunt redevient plus facile, mais à des taux très élevés. En outre, ce n’est avantageux pour l’emprunteur que si ses revenus suivent, grosso modo, le rythme de l’inflation (auquel cas l’érosion monétaire rend sa dette plus faible comparativement à ses revenus). Mais si ses revenus ne suivent pas, alors c’est la cata : il ne gagne rien sur la dette, les intérêts sont donc très lourd, et en plus en tant que consommateur, il se prend l’inflation sur le reste de ses dépenses. C’est donc lui qui subit l’érosion, et plus sa dette uniquement. Un niveau d’inflation soutenu n’est tenable que si les salaires suivent l’inflation ... la renforcant du même coup.
Au final, les seuls vrais gagnant d’une inflation élevé, ce sont les propriétaires, et les prêteurs.
Les premiers voient leur capital suivre l’inflation (donc compenser l’érosion monétaire). Les seconds se protègent en appliquant des taux en conséquence, et en limitant leur risque (diminution des crédits) lors des périodes de variation.
Contrairement à ce que vous pensez, l’inflation n’est pas l’ennemie du banquier. Ce n’est qu’une contrainte différente des autres. Elle l’oblige à revoir ses positions, en misant plus sur la banque de détail que sur la banque d’investissement, mais les banques ne gagnent pas énormément moins d’argent dans ces périodes. Elles le gagnent sur d’autres sujets. Faites une recherche sur l’historique des résultats des banques, calculez l’équivalence en monnaie constante, vous verrez que les résultats des années 70 et 80 des banques, années qui devraient être noires selon votre point de vue, sont loin d’être minable par rapport aux résultats des années 90 ou 2000.
probablement parce que l’impot sur les bénéfices n’existe pas. Il n’y a que l’impot sur les sociétés, qui est défini comme grevant le résultat net annuel de l’entreprise (voir le code général des impots).
"Il y a quand même un abattement de 25kE sur la plus value si je ne me trompe."
Vous vous trompez ... enfin presque (encore une histoire de sémantique).
Les plus values sont taxées dès lors que le total des cessions dépassent 25k€. Comme vous le savez, la plus value c’est prix de vente - prix d’achat, or là c’est bien le prix de vente qui est retenu. Si vous avez achetez pour 24500 euros d’actions, et que vous les vendez 25000 euros, vous êtes fiscalisés sur la totalité de la plus value (500 euros). Si vous ne vendez pas tout pour rester sous le seuil, vous n’êtes pas fiscalisés.
Par contre, la CSG/CRDS est due quoiqu’il arrive !
Maintenant les dividendes ne sont pas des plus values. Ils ne bénéficient pas de l’abbattement. La CSG est donc percue au moment du versement (depuis cette année), et l’imposition se fait soit via le plf, soit sur l’IR (avec un abbattement de 40% dans ce cas).
"Ce qui veut dire que si une entreprise accorde des augmentations aux regards de ses résultats, elle ne pourra pas réduire les salaires en cas de retournement de conjoncture. "
Je suis bien d’accord. Mais un chef d’entreprise doit aussi gérer le climat de sa société. Et lorsqu’une société fait des progrès grâce au travail de ses salariés, il est normal qu’ils en bénéficient en partie. C’est un rapport de bons procédés que l’opposition classique salariés/patrons tend à négliger.
"Petite expérience : essayez de vous faire admettre aux urgences d’un CHU en précisant que vous n’avez pas de carte de sécu que vous l’avez oubliée..."
Déjà fait. Dans 3 CHU différents. Jamais eu de problème. Je disposai d’un numéro de sécu, obtenu à ma naissance. Une déclaration à la CPAM (signifiant le statut non salarié) règle le problème.
" les 3 plus grosses crises d’inflation à 2 chiffres comme il dit ont eu lieu respectivement en 1955, en 1974 et en 1979 "
J’aurai dit 58(15%), au lieu de 55 (7%). Vous ne citez en fait que les 3 plus fortes années d’inlfation depuis 55. Si on ajoute les 10 années prédentes (45-55), on trouve ... 45/46/47/48/48 et 52 dont les niveaux d’inflation sont supérieurs aux trois années que vous citez.
Ca donnerait donc 7 années très inflationnistes avant 73 contre 2 après.
"Il n’y a pas de bénéfice après impot sans bénéfice avant impot."
Avant impot, on parle de résultat net (à ne pas confondre avec le résultat d’exploitation). Le terme bénéfice s’applique à l’argent gagné par l’entreprise après imposition.
Donc Avant c’est résultat (cf les publications mensuelles et trimestrielles des entreprises cotées), après c’est bénéfice.
"C’est le chiffre que tout le monde à en tête. C’est surtout le chiffre annoncé lorsque l’on annonce des résultats intermédiaires."
Non. On annonce le résultat net (donc avant impot) et en général hors éléments exceptionnels. Rare sont les entreprises qui annoncent aussi le bénéfice. En général, ce sont les analystes qui tentent d’estimer le bénéfice, donc le BPA, pour évaluer la valeur de la société, mais ce n’est pas une publication officielle.
Que tout le monde ait en tête bénéfices lorsque l’on parle de résultat montre qu’il faut justement utiliser les bons termes, et rappeler leur définition pour que la confusion cesse.
Dans le même ordre, lorsque l’on parle de masse salariale, la plupart des gens comprennent total des salaires. Ils oublient que dans la masse salariale, il y a les charges patronales. Ensuite, ils font le calcul "masse salariale - total de leurs salaires nets = qu’est-ce qu’il se goinfre le patron". Ils oublient alors que 45% de la masse salariale ce sont des cotisations patronales (même s’il peut y avoir des allègements de charge qui impacte la comptabilité dans une autre catégorie)
" résultats semestriels des entreprises du CAC"
Oui. Il s’agit de résultats, donc avant impots.
Sur ce résultat, si ce résultat est réalisé en France, et donc taxé en France, 33% ira à l’Etat sous forme d’impôts. les 67% restant deviennent du bénéfice, dont l’entreprise distribuera une partie sous forme de dividendes. Ces dividendes versés à des contribuables seront taxé à 11% pour la CSG/CRDS, et à l’IR ou au prélèvement libératoire. Ce qui n’est pas versé en dividendes devient du cash pour l’entreprise.
D’où l’intérêt de faire la différence entre les deux termes résultat et bénéfices. Le premier est soumis à l’impot, le deuxième est ce qu’il reste à disposition de l’entreprise, et dont elle peut faire ce qu’elle veut.
"Les marges c’est du résultat avant impot."
Je dirais même plus, c’est du résultat brut.
"Et donc il est important de bien repréciser le macanisme de distribution des dividendes...
Les "suceurs de sang" ne sont pas les seuls à sucer le sang. Il y a toujours un invité à la table. Et c’est celui qui a la plus grosse part... "
Oui, c’est bien de rappeler que l’Etat a pris sa part avant les actionnaires, et qu’il reprendra une nouvelle part sur les actionnaires. Cela dit, cela n’empêche pas une entreprise de réfléchir, lorsque ses bénéfices sont conséquents, au climat de l’entreprise et à l’échelle des salaires.
"Il est aussi important de rappeler, lorsque l’on entend certains responsables politique affirmer que les revenus du capital ne participent pas au financements sociaux, qu’ils y participent à 11% et n’ouvrent aucun droits à ceux qui les paient..."
On devrait même préciser.
Les investisseurs francais reversent 11% de toutes leurs rentrées que ce soit sur les plus-values ou les dividendes au titre de la CSG/CDRS. Cette cotisation n’est pas déductible, ce qui signifie que l’impot payé par la suite le sera sur la totalité des rentrées, sans tenir compte du prélèvement CSG/CRDS. Il faut donc comparer ce prélèvement non pas à la CSG dans son ensemble, mais uniquement à la part non déductible.
Mais ils ouvrent des droits, contrairement à ce que vous dites. La CSG finance la sécu. Et jusqu’à preuve du contraire, même un rentier malade est pris en charge par la sécu en cas de maladie. Il est donc normal de la financer.
Marc
"c’est contournable par le paiement des salariés via une filiale de droit étranger"
Si vous prônez l’illégalité, maintenant.... Un salarié travaillant sur le sol francais doit être payé selon le droit français. Les salons de coiffure qui avaient trouvé très intelligent de domicilier leur société en Irlande l’ont appris douloureusement.
Reste qu’un tel système pousserait, comme tous les systèmes tentant d’imposer des choses, à le contourner.
Et il y a toujours moyen de contourner (au pire, passer par une holding de droit étranger pour que les dividendes ne soient pas inclus dans les revenus français).